Najat Vallaud-Belkacem : Icône de « l’intégration heureuse »

by La Rédaction

Ne pas se fier à la juvénilité de sa silhouette et à la fraîcheur de son sourire : Najat Vallaud-Belkacem a dix ans d’expérience politique et de la pugnacité et de l’aplomb à revendre. Sa nomination, le 16 mai dernier, comme ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement français couronne un parcours sans faute de la part de celle qui se définit elle-même comme un « pur produit de la République » et un exemple d’« intégration heureuse ». Elle est née le 4 octobre 1977 à Beni Chicker, dans le Rif, dans une famille de sept enfants. Elle a quatre ans quand la famille rejoint le père, immigré économique devenu ouvrier dans le bâtiment en France. Naturalisée à l’âge de 18 ans, elle a la double nationalité franco-marocaine. Licenciée de droit, elle entre à Sciences-Po, où son professeur de droit la recommande à son épouse, la députée socialiste de l’Oise, Béatrice Marre. Najat Belkacem, encore étudiante, devient en 2000 son assistante parlementaire. « Elle était intéressée et très travailleuse », se remémore l’élue. Poussée par « un vrai sentiment de culpabilité » après la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle en 2002, Najat adhère au Parti socialiste, en ligne avec sa « volonté de justice sociale ». En 2003, elle rencontre le maire de Lyon, Gérard Collomb, et devient sa conseillère sur les politiques de proximité et de démocratie participative. En 2004, elle est élue pour la première fois conseillère régionale, déléguée en charge de la culture. A 27 ans, elle est alors la benjamine du conseil régional de Rhône-Alpes. En 2006, Gérard Collomb, qui juge qu’elle « fait face aux épreuves avec intelligence et sang-froid », la présente à Ségolène Royal, dont elle devient la porte-parole pour la campagne présidentielle de 2007, aux côtés d’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. Avec ses cheveux à la garçonne, son style simple, son charme et son air assuré, elle crève l’écran, même s’il est encore un peu tendre. En 2011, elle reste fidèle à Ségolène Royal lors des primaires socialistes puis, « disciplinée et légitimiste », rejoint l’équipe de porte-parole du vainqueur, avec Delphine Batho, Bruno Le Roux et Bernard Cazeneuve. C’est elle qu’on verra le plus, et de loin, en chauffeuse de salle dans les meetings du candidat socialiste et sur les plateaux télé, faisant cette fois preuve d’une grande pugnacité, au point même de se faire gentiment recadrer par François Hollande après avoir accusé Nicolas Sarkozy d’être « un mélange de Berlusconi et Poutine ». Son apport n’a pas été que médiatique puisqu’elle a aussi contribué à la réflexion du candidat sur la démocratie participative ou l’égalité des droits pour les couples homosexuels. Le désormais président de la République ne tarit pas d’éloges à son sujet, confiant au magazine Elle que, « outre sa connaissance du terrain et des dossiers », il la juge ambitieuse, dans le bon sens du terme : « Elle aime réussir, sans arrogance, sans écraser personne ». Mariée à un haut fonctionnaire, et mère de jumeaux, membre du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, elle refuse d’être réduite à une « caution de la diversité », comme Rachida Dati en 2007, concédant cependant : « que je le veuille ou non, j’ai une responsabilité particulière, avec trois caractéristiques trop rares en politique, à la fois jeune, issue de l’immigration et femme ».

   

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