Un  Maroc épatant, dans un mondial éclatant

by La Rédaction

Le Onze national a perdu face à la France en demi-finale et s’est incliné face à la Croatie au match de classement. Mais quoi que l’on dise, avec les Lions de l’Atlas, leurs supporteurs et leur fantastique coach Regragui dans ce Mondial qatari, le Maroc est sorti grandi. Et ce, grâce à ce que beaucoup d’observateurs nationaux et étrangers attribuent à ce qu’il est désormais appelé … la Vision Royale pour le football marocain.    PAR Najib Salmi

À vos marques … prêts et partez-vous installer dans l’Histoire. L’Histoire avec un grand «H» vous ouvre les bras. Vous pouvez y entrer en toute légalité, car sachez que vous, Marocaines et Marocains, auront réalisé le défi inespéré resté longtemps inaccessible jusqu’à ce jour, où, nos Lions de l’Atlas ont brisé le plafond de verre de la phase finale d’un Mondial de football. Désormais on est entré dans le carré magique, le carré magnifique, le carré inexploré, le fameux «carré d’or», comme l’appellent les gens avertis.

Expression que tout le monde, y compris la presse d’information généraliste, a reprise et utilisée sans en comprendre le sens profond.

Dans le carré d’or d’une phase finale de mondial de foot, tout ce qui brille est effectivement de l’or en barres. Contrairement à l’expression courante qui vous convainc que «tout ce qui brille n’est pas or», là, dans ce carré d’or, tout ce que vous toucherez se transformera en or.

DOHA, QATAR – DECEMBER 10: Youssef En-Nesyri of Morocco head to score the team’s first goal during the FIFA World Cup Qatar 2022 quarter final match between Morocco and Portugal at Al Thumama Stadium on December 10, 2022 in Doha, Qatar. (Photo by Justin Setterfield/Getty Images)

N’y voyez aucun prodige mystérieux né d’une pierre philosophale tout autant mythique, mais c’est la réalité. Dès que vous avez la chance, ou le talent, de vous retrouver en demi-finale d’une compétition mondiale, vous devenez celui qui va être retenu par les livres officiels de la grande Histoire. 

D’abord sur un total de 32 nations au départ, vous faites partie des 4 qui ont achevé leur parcours dans le dernier carré. Que vous soyez vainqueur ou battu, vous aurez droit au match ultime, soit la finale, soit le match de classement, celui que l’on a coutume d’appeler le match des vaincus, avec une moue significative et péjorative.

Pourtant, aussi, ce match, qui est loin des lumières de la finale – il se joue la veille du grand jour – oui, ce match vaut son pesant d’or. Non seulement il détermine la troisième place du podium, ce qui n’est pas rien, mais aussi il rapporte de l’argent puisque, tout comme la finale, c’est le 7ème match de la phase finale. Et la FIFA qui redistribue les gains, en gardant la plus grosse partie, comme de juste, lui réserve un montant particulier. Vous le savez peut-être, mais chaque match de la phase finale, c’est du pognon en plus.

Même ceux qui sont éliminés au premier tour retournent chez eux avec de l’argent sonnant et trébuchant et qui se compte en millions d’euros de dollars ou de francs suisses, selon votre choix et votre humeur du jour.

Tenez, en 2018, en revenant éliminé du Mondial de Poutine, la F.R.M.F avait engrangé près de 20 millions d’euros pour ses matchs contre l’Iran, le Portugal et l’Espagne. Alors, vous pensez bien ce qu’a rapporté à la F.R.M.F cette campagne du Qatar où les Lions de l’Atlas ont bouclé la boucle, et donc joué la totalité des matchs au programme.

C’est peu dire que ce Mondial qatari a fait couler bien des larmes. Il y a eu, d’abord, celles de Lino Bacco, notre ami de toujours, qui en a versé beaucoup, sincère et émotif qu’il est, lorsque le Maroc est passé au 2ème tour. Depuis, soit il a pris l’habitude des exploits marocains, soit la source de larmes s’est tarie.

Et puis il y a eu ces larmes spectaculaires de Neymar qui, comme d’habitude, a pris soin de bien poser devant les caméras. Raté ! Au Brésil on lui en a voulu pour ses excès de démonstration, lui qui n’a pas voulu tirer de penalties décisifs face à la Croatie.

Et puis il y a eu les larmes de Ronaldo, dont on ne sait s’il pleurait de dépit d’être éliminé ou de se voir dépassé par le Onze de En-Nesyri.

Et voici Regragui et ses « boys » comparés aux leaders politiques et gouvernementaux. C’est à qui, dans la presse marocaine, ira le plus loin dans la louange ou … la flatterie. On a lu, Regragui plus fort qu’Akhannouch, et aussi une photo montage glorifiant les Lions en leur donnant la tête de nos malheureux ministres et parlementaires.

«Sirrr… Sirrr… Sirrr…» C’est devenu un cri de guerre tout comme «Dir Nya» (fais confiance), est en train de devenir la phrase passe-partout.

Quant à la presse d’ailleurs (France et au-delà), elle parle de miracle, de chance, de tout et n’importe quoi pour en fin de compte, reconnaître que les succès des Lions de l’Atlas, obéissent à des valeurs « oubliées » en Europe. Mention spéciale pour la presse allemande qui salue la présence des parents des joueurs en lui attribuant tout le secret de la réussite.

Ayez de la patience, car tout vient à point à qui sait attendre.

En-Nesyri, l’attaquant des Lions de l’Atlas a fini par convaincre tous ses opposants. Et Dieu sait qu’ils étaient nombreux.

Après la victoire face au Portugal, plus personne au Maroc et sur la planète n’osera plus critiquer ce joueur et athlète exceptionnel. Comme il y a eu les «Panenka» et les «Majer» en football pour immortaliser des gestes ou des buts exceptionnels, bientôt il y aura, la «Nesyria» pour que le but record du monde de saut en hauteur (2,78m) homologué par la FIFA, dans le carré adverse soit désormais floqué sur les maillots.

Youssef est déjà devant Bassir, Hajji, Timoumi ou Krimau, voire l’inoubliable Khaïri, comme meilleur buteur marocain dans un mondial.

Il est 7 heures du matin, mercredi 14 décembre 2022, jour de la demi-finale où tout le monde retient son souffle.

La veille, l’Argentine n’a laissé aucune chance à la Croatie. Le multiple Ballon d’or Messi, peut-être le meilleur footballeur du monde, a fait de cette Coupe du monde 2022, son but ultime pour égaler l’idole Maradona.

Le « pibe del oro, Diego Maradona», décédé en 2020, mais que le monde n’a pas oublié, est toujours une légende vivante, Messi a beau avoir driblé et marqué partout où le football se joue, n’a pas encore gagné le trophée mondial, La Coupe du Monde. Cette année, peut-être, c’est l’année idoine. Messi est au Qatar, en mission pour la conquête du Graal mondial. Et mercredi matin, on se dit que c’est le Maroc de Regragui que Messi rencontrera sur son chemin. On le sait, ce ne sera pas le cas, puisqu’en soirée, les Lions de l’Atlas ont dû s’incliner face aux Coqs gaulois.

On laissera ici aux « messieurs je sais tout », « aux spécialistes des travaux finis », bref à tous ceux que Regragui a désignés comme les «escrocs» du sport, le soin de vous dire pourquoi le Maroc a perdu.

Permettez-nous de nous placer ici à un autre niveau, celui de la fierté qui n’a, bien sûr, rien à voir avec celui de la récupération et de la dénonciation après coup.

Le Maroc a tout gagné dans cette demi-finale face à la France, même si les Français ont su plier le match par un but réussi dès la cinquième minute.

Le Maroc a gagné le respect de tous, au Qatar, et parmi les messages envoyés au monde, on retiendra celui des amis M’Bappé et Hakimi dont la complicité a illuminé un match au suspense haletant, car le Maroc, selon tous les observateurs a été «épatant». Il a fait douter les Français jusqu’au bout, car rien n’a été simple pour les Bleus. Des Bleus qui ont souffert, mais qui ont gagné, et aux vestiaires après match, le Président Macron, en fêtant avec les siens, a eu le temps de déclarer que le foot est fantastique, car il permet à tous de se parler.

Un beau jour, quand toute la passion née autour du parcours des Lions de l’Atlas au Mondial 2022 se sera calmée, on reviendra nécessairement pour analyser les faits, les paroles et les actions de ce parcours enchanté.

Un parcours que Regragui, coach qui n’a pas froid aux yeux, car il a l’esprit clair, et la parole aisée, a semé de bons mots.

On retiendra pour l’instant, le mot « escrocs » balancé lors d’une conférence de presse pour répondre à tous ceux qui lui chauffaient la tête avec les histoires de possession du ballon et autres statistiques de jeu.

Le magazine spécialisé «So Foot» en a fait tout un plat et partageant plutôt la réflexion de Walid.

Regragui visait tous ceux qui enfonçaient des portes ouvertes pour venir après coup, expliquer le pourquoi du comment. C’est-à-dire, tous ceux qui parlent plus qu’ils n’agissent.

Dans la chanson générique du Mondial 2022, on évoque beaucoup les rêves… Le Rêve et tous les rêveurs qui aspirent à des victoires et voir leurs espoirs les plus fous réalisés. En anglais, on les appelle les «dreamers».

C’est beau, le rêve et puis ça pousse à devenir meilleur. Le rêve c’est aussi l’imagination. Et celle-ci est sans limite. Les philosophes appellent l’imagination «la folle du logis», car avec elle, l’esprit humain sort de sa rationalité.

Quand c’est un chanteur des Beatles qui l’évoque ça fait un tube planétaire que tous connaissent et fredonnent encore, c’est «Imagine» de feu John Lennon.

Le rêve n’est pas le fait d’esprit simplet ou naïf, le rêve c’est aussi l’ambition et l’espoir pour un monde meilleur.

Oui le Mondial 2022 au Qatar, on s’en rend compte aujourd’hui, aura été un beau rêve avec des espoirs dont certains ont été exaucés.

Ô ! Vous amoureux du football et du sport, donc de la vie, continuez de rêver et de croire en votre bonne étoile.

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