Zineb Bennis : Fight spirit

by Nadia Sefraoui

Fervente militante pour la protection du littoral marocain, le recyclage des déchets et la valorisation du métier de chiffonnier, Zineb Bennis, membre de l’association Bahri, sait ce qu’elle veut en matière d’environnement. De par son acharnement quotidien, elle demande, tout simplement, à chaque citoyen de mettre la main à la pâte et qu’il prenne conscience que chaque geste est vital pour la préservation de notre planète. Prête à relever tous les défis, ses actions parlent pour elle-même et les batailles ne font que commencer, ce qui n’est pas pour la décourager.

Depuis que vous avez rejoint le combat de l’association Bahri pour la protection du littoral, vous n’avez eu de cesse d’œuvrer pour la propreté des plages. Quelles sont les opérations que vous avez organisées ?
10 Opérations de nettoyage des plages « Bahri Dima Clean » menées dans plus de 9 villes et réunissant plus de 24 000 personnes en 6 ans.
Installation de 126 poubelles avec messages de sensibilisation sur tous les accès plage de Ain Diab + sur la haute plage.
Projet Plages Propres à Mohammedia (Trophée du Littoral Durable décerné par Lalla Hasnaa).
Lancement du projet de la valorisation des chiffonniers et sensibilisation des marocains au tri sélectif grâce à l’appui d’Atlanta/Sanad.
Introduction de la méthode « Zero Energy » (constructions de bancs à l’aide de déchets) dans plusieurs écoles privées et publiques à Casablanca avec ateliers de sensibilisation et pratique en partenariat avec l’association 3000 Ecomen.
Organisation du Surf Green Morocco Tour en partenariat avec l’Ambassade Américaine de Rabat.

Comment les menez-vous ?
Nous les menons grâce à l’équipe motivée de l’association BAHRI. Nous ne sommes pas nombreux, mais nous sommes très soudés autour de cette cause qui nous anime. Il y a également tous les partenaires réellement engagés toute l’année qui nous aident à développer nos actions, principalement Atlanta Sanad pour le projet de valorisation des chiffonniers, l’Ambassade Américaine toujours réceptive et prête à s’engager, ainsi qu’à nous inclure dans des projets à dimension internationale pour en apprendre plus sur les dispositifs environnementaux mis en place dans le monde.
Tous ces projets ont besoin de fonds et d’aide pour voir le jour. Nous souhaiterions que davantage d’entreprises publiques ou privées consacrent un budget au développement d’actions environnementales au sein de l’entreprise, mais aussi en participant au développement d’initiatives associatives. Cela doit se faire sur la durée et non pas seulement lors d’évènements ponctuels tels que la COP 22.

Quel a été leur impact ?
Ces actions ont eu un impact positif puisque suite aux actions menées, de nombreux citoyens ont pu faire appel à nous pour la mise en place de tri chez eux ou encore des entreprises désireuses de mettre en place dans leurs espaces professionnels les gestes éco-citoyens à adopter et des green stratégies à appliquer.
Ce qui est motivant, c’est quand on voit l’impact positif sur les enfants lorsqu’on intervient dans les écoles. Ils sont réceptifs, à l’écoute et plein de bonne volonté, curieux d’en apprendre plus et remplis de bonnes résolutions ! La résolution la plus tendance: Eduquer leurs parents !
Eduquer les générations futures, est l’un des défis à relever afin de répondre aux enjeux environnementaux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.

Est-ce qu’il a été facile ou plutôt difficile de rallier les troupes à chaque appel ?
Au début c’était difficile, car la cause était délaissée et les enjeux environnementaux bien lointains, mais au fil des actions et de nombreuses communications mises en place pour rassembler et fédérer, nous avons clairement constaté un engouement plus important et un début de prise de conscience.
Aujourd’hui, je dirais plutôt que rallier les troupes c’est toujours un challenge à relever. Afin de rassembler, il faut que les actions soient « crédibles » et pérennes, pas seulement sur un nettoyage ou sur une manifestation, mais sur la durée.
De nombreux Marocains ne sont pas sensibles à l’environnement, car il ne savent pas ce que c’est ou trop peu ! Le travail des associations c’est bien, mais nous avons besoin d’un relais à la réalisation de ces actions. Le relai c’est l’éducation environnementale.
Il faut éduquer, informer, expliquer, sensibiliser afin de rallier et fédérer !

Vous êtes, également, investie dans la sensibilisation au tri sélectif et recyclage des détritus ainsi que la valorisation du métier de chiffonnier. Parlez-nous de cette entreprise, de ses avantages sur le périmètre urbain et sur la création d’emplois que ce travail peut générer ?
A Casablanca, il y a une problématique des déchets solides ainsi que l’absence de tri des déchets à la source.
A cette problématique, s’ajoute le secteur informel en pleine croissance représenté par les chiffonniers et les autres types d’opérateurs. Les chiffonniers sont à peu près 10 000, tous issus de la pauvreté, travaillant et vivant dans des conditions précaires.
On s’est donc posé la question suivante:
Comment instaurer le tri sélectif et le recyclage auprès des entreprises/ménages tout en améliorant le niveau de vie et l’intégration sociale des chiffonniers ?
L’idée était de développer un projet expérimental afin de valoriser un chiffonnier et d’organiser de façon plus efficace et écologique la collecte des déchets et utiliser les résultats de ce projet, afin de le généraliser sur tous les chiffonniers au Maroc.
Ce projet soutient le Maroc de deux façons:

SOCIALE: nous intégrons des chiffonniers dans notre société avec tout le respect qu’ils méritent.
ENVIRONNEMENTALE: nous inculquons à nos concitoyens des valeurs fortes et des notions de tri-sélectif et recyclage.
Cette initiative citoyenne est inédite et n’a jamais été réalisée au Maroc. C’est un projet porteur qui, une fois généralisé sur tous les chiffonniers, pourra vraiment contribuer à améliorer la problématique des déchets au Maroc tout en aidant des personnes dans le besoin à vivre dans de meilleures conditions.

Combien de chiffonniers y a-t-il dans votre combat pour le recyclage ? Et quels sont les moyens mis à leur disposition ?
Deux chiffonniers pour le moment ! Mustapha et El Hamri 🙂
Les moyens mis à leur disposition sont:
Un vélo électrique pour Mustapha et un triporteur pour El Hamri.
Un contrat de travail, une assurance, une tenue propre, des heures de travail fixes avec des vacances et des week-ends.
Un salaire décent grâce aux particuliers, écoles, entreprises, hôtels etc.… instaurant le tri sélectif et faisant appel aux chiffonniers.
Vous avez remporté le prix Terre de Femmes de Yves Rocher pour votre engagement à la protection et la préservation de l’environnement. Pensez-vous étendre vos activités à d’autres villes du Maroc ? Que ce soit pour le nettoyage des plages ou pour le tri sélectif.
Nous avons étendu nos actions sur d’autres villes du Maroc, puisque les deux dernières opérations de nettoyage de plage (9ème et 10ème opération Bahri Dima Clean) ont été organisées sous forme de tournée sur plusieurs villes: Casablanca, Oued Cherrat, Rabat, Mohammedia, El Jadida, Safi.
Nous souhaitons toucher encore plus de villes, plus de monde pour les prochaines tournées. Avec le temps, les actions les contacts et bien sûr la motivation sans relâche nous y arriverons !
Concernant le tri sélectif, nous aimerions bien sûr généraliser le projet sur l’ensemble des villes du Royaume en structurant le travail des chiffonniers avec un suivi des déchets recyclés dans le cadre d’une coopérative destinée à organiser leur travail. Pour ce faire, nous avons besoin du soutien de l’Etat et d’aide financière. L’Etat, doit aussi et surtout donner l’exemple.

Quels sont vos projets en cours et futurs ?
La Caravane de la COP22 en partenariat avec Dir Iddik. Il s’agit d’une tournée dans 7 villes marocaines ayant pour objectif une journée de réhabilitation d’un espace de la ville avec plantation de fleurs, peinture, nettoyage, installation de poubelles puis une journée de sensibilisation ayant pour objectif l’éducation des enfants à la protection de l’environnement grâce à des ateliers et des jeux éducatifs.
Nous sommes, également, en train de développer un projet d’installations de cendriers sur la plage car malheureusement, le phénomène des mégots de cigarettes est inquiétant (un mégot peut polluer jusqu’a 500 litres d’eau). Nous nous sommes inspirés d’une idée développée sur les plages de Marbella: des cendriers (mais en plastique) accrochés aux parasols fixes sur la plage. Nous avons pensé à une version cendrier en bois (voir photo en PJ) accroché autour du parasol et souhaitons lancer un essai au niveau de la plage de Ain Diab, accès n°13.
Nos interventions régulières dans les écoles, avec pour objectif d’informer et sensibiliser en passant par la pratique avec des ateliers d’éducation environnementale, ainsi que des installations écologiques fixes.

Pensez-vous que la sensibilisation et l’éducation citoyenne doivent commencer sur les bancs d’école ?
Absolument !
Sur les bancs d’écoles… publiques et privées ! L’éducation citoyenne doit être accessible à tous. De nombreuses écoles privées nous contactent pour développer des actions au sein de l’école (atelier écolo artistique, présentation aux élèves des actions de l’association, mise en place du tri sélectif, organisation de kermesse écologique…).
Ces enfants confrontés à une éducation civique et écologique sont, non seulement, sensibilisés mais ils sont mieux à même de comprendre et de développer un discours et gestes green passant même par l’éducation de leurs parents !
Lorsque je rentre dans une école publique, que je vois des murs délabrés, que la cour de récréation ne dispose d’aucune verdure, aucune poubelle, je me dis que ces enfants ne bénéficient pas des mêmes moyens que ceux des écoles privées et qu’ils sont donc pénalisés. Ce qui est honteux ! Comment sensibiliser le peuple marocain à une cause d’intérêt général si nous nous scindons et que nous réservons l’éducation à l’environnement à une élite ?
Les autorités compétentes doivent agir à la source et s’appuyer sur l’expertise écologique des associations, afin d’accomplir ce devoir national.

Un dernier mot pour nos lecteurs citoyens.
A notre échelle, nous agissons et essayons de concrétiser nos paroles pour ne plus entendre “l’environnement, ça n’existe pas au Maroc”.
L’environnement, c’est la prise de conscience de chacun, que nous devons protéger notre terre, notre nature pour vivre mieux. Alors préservons et construisons ensemble le Maroc de demain, ralliez les troupes car on peut tous agir !
www.associationbahri.org

Questionnaire de Proust

» Le principal trait de mon caractère
Détermination.
» La qualité que je préfère chez un homme
Honnêteté.
 » La qualité que je préfère chez une femme
Humour.
» La qualité que j’apprécie chez mes amis
Confiance.
 » Mon principal défaut
Têtue.
 » Ma principale qualité
Attentionnée.
» Mon occupation préférée
Yoga & Surf.
» Mon rêve de bonheur
Vivre d’amour, d’océans et d’eau fraîche.
» Le pays où je désirerais vivre
Australie
» La couleur que je préfère
Rouge
» La fleur que j’aime
Tulipe
» L’oiseau que je préfère
Oiseaux de paradis.
» Mes auteurs favoris en prose
Baudelaire .Rimbaud.
» Mes poètes préférés
Verlaine.Hugo.La Fontaine.
» Mes peintres favoris
Picasso, Monet. Anna Ancher.
» Mes compositeurs préférés
Mozart et Ludovico Einaudi
» Mes héros et héroïnes dans la vie réelle
Mes parents
»Ce que je déteste par-dessus tout
Mensonge
» Le don de la nature que je voudrais avoir
La synchronisation … Attirer la chance au bon moment
» L’état présent de mon esprit
Préoccupé
» Ma devise
Peace & Love.

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