Philippe Broc, liberté sexuelle, disiez-vous ?

by Abdelhak Najib

Il y a un mois, arriva à mon épouse une chose que je n’avais jamais connue auparavant : une entorse à la cheville. Elle se plaignait, beaucoup trop à mon goût. Avec une pointe de taquinerie, je lui demandai de cesser sa comédie – c’est bon, arrête maintenant ; c’est ridicule ; avance…
Il y a trois jours au même endroit, de la même façon je me suis fait une entorse à la cheville. Bordel que ça fait mal. C’est surprenant cette douleur disproportionnée par rapport aux circonstances (limites ridicules). Je pense aujourd’hui sérieusement compatir avec ceux qui sont victimes de cette même « bêtise ».
Il y a quatre ans je me suis retrouvé en situation illégale au Maroc. Je travaillais, mais j’étais quand même en situation illégale. Vous imaginez, moi Français, immigré, en situation irrégulière au Maroc ? Inconcevable, improbable. Pendant des mois, jusqu’à régulariser ma situation, j’avais peur de tout, de tout le monde. Je pense aujourd’hui sérieusement compatir avec ceux qui partout dans le monde se retrouvent dans cette situation. Quand je suis arrivé au Maroc, c’était au moment du Ramadan. Notion assez floue pour moi à l’époque. Les règles m’ont été très vite « proposées » dans leurs grandes lignes. C’est le mois sacré, du lever au coucher du soleil, tu ne bois pas, tu ne fumes pas, tu ne manges pas. On fait quoi ? Je n’attendais pas de réponses, j’ai compris qu’il fallait attendre que la nuit tombe. Pour ? Boire, manger, fumer et, chose inattendue par rapport au peu que je savais, ouvrir une bouteille de whisky en attendant que les filles arrivent.
Le lendemain, bien qu’étant leur hôte, je suis revenu à des dispositions moins radicales. Je ne sais pas aujourd’hui, sérieusement, avec qui je vais compatir.
Ma vie au Maroc m’a obligé (c’est un choix) à refaire une lecture intégrale de ma façon de voir, vivre, interpréter les choses. Business, social, relationnel, respect ou pas, tout y est différent (alors que très ressemblant) de tout ce que j’avais pu accumuler en 45 ans de voyages et d’expériences.
Et puis, toujours, où que ce soit, pour moi, quoi qu’il en soit, un mot : Liberté. De vivre, d’exprimer, de ressentir, d’être, de penser, agir et protéger s’il le fallait. Des valeurs des personnes des idées, des notions, des bases. Notamment celles d’être un Homme.
Être un Homme… qu’est-ce que cela veut dire aujourd’hui ici ou ailleurs, mais surtout, là où je vis. C’est la première fois que je me pose la question, comme un ami marocain qui me disait s’être rendu compte qu’il n’était que Marocain en arrivant ici… J’ai eu la surprise de découvrir que je ne pouvais pas tenir la main de ma fiancée dans la rue (aujourd’hui mon épouse) au risque que les Hnouchas nous foutent dans un fourgon – surtout elle. Par contre, se retrouver dans un hôtel -complice- avec une belle à XmilleDH ne posait pas de problèmes. Et puis creusant un peu dans les mystères de ces nouveaux codes comportementaux, je m’aperçus assez vite qu’ici les filles qui couchaient étaient des… au choix. Les mecs baisent des filles avec lesquelles, au combien jamais ils ne se marieront. Une vierge il leur faut à ces quetards ! Soit. Il y en a. Elles ont 12 ans… pas 24 vivant à Casa, Tanger ô Rabat, mais tout le monde (familial surtout) a besoin d’y croire. Ceux-là mêmes qui vont à la prière ou pas, mais qui moralisent tout au nom de… je ne suis même pas sûr qu’ils le sachent vraiment, ils ont décidé que la valeur de la femme résidait dans l’abstinence que le mâle devait lui aussi appliquer sans obligation. Allez comprendre.
Aujourd’hui encore, quand je voyage avec mon épouse, pour entrer à l’hôtel je dois montrer mon acte de mariage. À chaque fois, j’ai envie de leur demander si elle a l’air d’une… quoi ? Par contre, réserver une chambre à deux entre potes ne pose pas de problèmes… Allez savoir pour quoi.

   

relation homme femme
De cette liberté il n’y en a pas, de cette acceptation des différences non plus. Hors, depuis la nuit des temps, tous les comportements existent. Faire comme si ce n’était pas le cas est une porte ouverte dangereuse.
Doit-on trouver acceptable qu’un violeur, s’il le reconnait, se marie avec sa victime même si elle a 10 ans, soit dégagé de toutes poursuites ou/et responsabilités ? (même si ce n’est légalement plus le cas, tout le monde ne le sait pas). Qu’un Imam recommande des carottes ?
Qu’une femme accusée ou même soupçonnée d’adultère soit dépossédée de tous ses biens alors que son mari, l’Homme, trempe son appendice dans tout ce qu’il a les moyens de s’offrir ? Tout accepter n’est pas acceptable. Tout rejeter non plus. Ma femme, mon épouse, ma vie, Mon choix est musulman, berbère, qui plus est Sahraoui. Je l’accepte comme elle est… une chance ? Non, c’est réciproque, Elle m’accepte pour tout ce que je suis ! Et si nous devions parler de liberté sexuelle, je supprimerai volontiers le à la fin de sexuel. Quant à relation homme/femme au Maroc, Je pense aujourd’hui sérieusement compatir avec ceux qui n’ont pas compris que déjà, derrière toute grande Femme il y a un Homme.

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