Tûba Büyüküstün, présidente sous les étoiles de Marrakech

by La Rédaction

Elle possède ce mélange de présence et de retenue qui a fait voyager son visage bien au-delà des frontières turques. Du 25 au 30 septembre 2026, Tûba Büyüküstün troquera momentanément les plateaux de tournage pour un autre rôle : celui de présidente du jury international de la sixième édition du Marrakech Short Film Festival. Une arrivée particulièrement remarquée pour un rendez-vous qui, cette année, revendique plus que jamais son ouverture sur le monde.

À Marrakech, l’actrice ne sera pas seule à décider du destin des films de la compétition internationale. Elle présidera un jury composé de la réalisatrice britannique Charlotte Regan, d’Alice Kharoubi, directrice de la programmation du Marché du Film du Festival de Cannes, et de la scénariste-réalisatrice libanaise Daniela Stephan. En parallèle, le jury national sera placé sous la présidence de l’acteur, réalisateur et scénariste marocain Rachid El Ouali, accompagné de Jalila Talemsi et Hicham Ibrahimi. Les jurés ne seront d’ailleurs pas cantonnés aux délibérations : projections, masterclasses, conversations et tables rondes doivent également favoriser les rencontres avec les jeunes cinéastes, les étudiants et le public.

   

Le choix de Tûba Büyüküstün donne évidemment une touche glamour à cette édition, mais son parcours explique aussi la décision du festival. Diplômée en 2004 de l’Université des beaux-arts Mimar-Sinan d’Istanbul, où elle a étudié la scénographie et la création de costumes, elle entame sa carrière d’actrice la même année. En 2014, sa prestation dans la série 20 Dakika lui vaut une nomination dans la catégorie meilleure actrice aux International Emmy Awards. Son travail artistique s’étend par ailleurs aux arts visuels et à la peinture.

Derrière la star de télévision se dessine également une femme engagée. Tûba Büyüküstün est ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF depuis 2014 et œuvre dans ce cadre en faveur des droits des enfants. Cette fonction l’a notamment conduite auprès d’enfants syriens à Kilis, près de la frontière turco-syrienne, puis dans le camp de réfugiés de Za’atari, en Jordanie. Un engagement documenté directement par l’UNICEF et qui donne une autre profondeur à son image publique.

Sa présence arrive surtout au moment où le Marrakech Short Film Festival change d’échelle. Plus de 400 courts métrages provenant de plus de 90 pays et des cinq continents ont été soumis pour cette sixième édition. Le festival entend associer compétition nationale et internationale, accompagnement des jeunes talents, circulation des œuvres et rencontres professionnelles. Malte sera le pays invité de cette édition, dans une programmation qui place explicitement la diplomatie culturelle parmi ses priorités.

Cette ambition se matérialisera notamment à travers AMANAR, une plateforme professionnelle développée avec l’Arab Fund for Arts and Culture et le British Council. Développement de projets, mentorat, rencontres avec l’industrie et sessions de pitch doivent rapprocher les jeunes cinéastes de professionnels liés notamment au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, à El Gouna, au FESPACO ou encore au Centre national du cinéma français. Un autre programme, Bridges of Reality, développé avec l’ambassade d’Espagne, sera consacré au documentaire africain, à ses diasporas et à la manière dont le continent construit et fait circuler ses propres récits.

C’est peut-être là que la nomination de Büyüküstün prend tout son sens. Le Marrakech Short Film Festival ne cherche plus seulement à montrer des films : il veut devenir un lieu où les carrières se rencontrent, où les projets trouvent des interlocuteurs et où le court métrage sert de passeport entre plusieurs cinématographies. Fondé en 2020, le rendez-vous conserve parallèlement son attachement à Marrakech, en faisant dialoguer les projections et rencontres avec différents espaces de la ville.

Du 25 au 30 septembre, il y aura donc des films, des professionnels venus de plusieurs horizons et cette présidente dont la popularité dépasse largement la Turquie. Mais derrière les projecteurs et le pouvoir d’attraction d’un grand nom, l’enjeu demeure celui qui sied le mieux au court métrage : repérer aujourd’hui les voix que le cinéma international pourrait suivre demain. À Marrakech, Tûba Büyüküstün sera aux premières loges pour les découvrir.

   

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