Avis aux familles marocaines dont les enfants suivent leur scolarité dans le système français : à partir des examens 2027, connaître son cours ne suffira plus. La qualité de l’expression écrite devra elle aussi peser plus clairement dans la note du brevet et du baccalauréat. Le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé une grille nationale destinée à harmoniser l’évaluation de la maîtrise de la langue dans toutes les disciplines. Une expression écrite jugée très insuffisante pourra entraîner jusqu’à deux points de pénalité, y compris dans une matière scientifique.
Attention cependant à ne pas résumer la mesure à « une faute d’orthographe = deux points en moins ». Ce n’est pas le principe annoncé. Les correcteurs devront apprécier plus largement la maîtrise de l’écrit : orthographe et grammaire, mais également construction des phrases, syntaxe, clarté et organisation du propos. Autrement dit, quelques coquilles ne devraient pas condamner une copie ; c’est une expression globalement défaillante qui pourra être sanctionnée. Le tour de vis intervient dans un contexte scolaire préoccupant : publiés le 8 septembre, les résultats PISA 2025 de l’OCDE placent les performances françaises en mathématiques et en compréhension de l’écrit parmi les plus faibles jamais mesurées dans le pays par cette enquête.
L’enjeu devient encore plus important dans les épreuves où la rédaction est au cœur de l’exercice, notamment en français et en histoire-géographie. Une copie présentant de graves insuffisances dans la maîtrise de la langue pourra être empêchée d’atteindre la moyenne. Le ministère entend ainsi rendre plus homogènes des exigences qui existaient déjà mais dont l’application avait pu varier selon les examens et les correcteurs. Cette volonté française s’inscrit d’ailleurs dans une inquiétude plus large : PISA 2025 constate une baisse historique des performances moyennes en lecture et en mathématiques à l’échelle des pays de l’OCDE.
Pour les élèves des établissements français au Maroc qui préparent le brevet ou le bac français, le message mérite donc d’être entendu dès cette rentrée : réviser les connaissances reste indispensable, mais apprendre à les restituer correctement le devient tout autant. Relire sa copie, travailler la syntaxe, soigner l’orthographe et construire clairement son raisonnement ne seront plus seulement de bonnes habitudes scolaires. En 2027, quelques minutes consacrées à la forme pourraient aussi préserver de précieux points.