À Casablanca, Oluwole Omofemi peint le silence avec éclat

by La Rédaction

La scène artistique casablancaise s’offre aujourd’hui une parenthèse rare. Ce 19 mai, So Art Gallery accueille “Quiet Territories”, la première exposition personnelle au Maroc du peintre nigérian Oluwole Omofemi, artiste aujourd’hui considéré comme l’une des signatures africaines les plus influentes de sa génération. Derrière ses portraits aux couleurs vibrantes se cache une œuvre profondément silencieuse, où chaque regard semble raconter ce que les mots préfèrent taire.

Né en 1988 à Ibadan, Oluwole Omofemi s’est rapidement construit une réputation bien au-delà du continent africain. Ses œuvres ont intégré plusieurs collections privées en Europe et aux États-Unis, tandis que les maisons de ventes Christie’s et Phillips ont confirmé l’intérêt grandissant du marché pour son travail. Mais c’est surtout son choix par le magazine britannique Tatler pour réaliser le dernier portrait officiel de la reine Elizabeth II à l’occasion du jubilé de platine qui a propulsé son nom dans une autre dimension médiatique. Une consécration symbolique pour un artiste dont la peinture navigue entre héritage classique et écriture contemporaine.

   

Avec “Quiet Territories”, Omofemi poursuit son exploration de la figure humaine, au cœur de son œuvre depuis ses débuts. Ici, les portraits féminins occupent tout l’espace, mais loin de l’effet spectaculaire, l’artiste choisit la retenue. Les regards se dérobent, les gestes se figent dans des instants suspendus et les couleurs, souvent franches, créent un contraste subtil entre douceur et intensité émotionnelle. Ses personnages semblent habiter un territoire intérieur, silencieux, presque méditatif.

Cette série marque également une forme d’épure dans son travail. Les compositions dépouillées mettent en avant l’attitude et la présence des sujets sans artifices narratifs. Le spectateur n’est pas guidé par une histoire explicite, mais invité à observer des états d’âme, des fragments de mémoire ou des moments d’introspection. Une approche qui donne à l’exposition une atmosphère à la fois intime et universelle, où la force tranquille des modèles féminins devient le véritable langage pictural de l’artiste.

En accueillant cette exposition, So Art Gallery confirme aussi son ambition de faire dialoguer Casablanca avec les grandes voix de l’art contemporain africain. Et dans un marché de l’art en pleine mutation, l’arrivée d’Oluwole Omofemi au Maroc apparaît comme bien plus qu’un simple vernissage : un rendez-vous culturel qui souligne la place grandissante des artistes africains dans le paysage artistique mondial.

   

Vous aimerez aussi