Sur la Croisette, les regards se tournent cette année vers une scène artistique longtemps restée en marge des grands récits du cinéma mondial. Depuis le 12 mai et jusqu’au 23 mai 2026, la 79e édition du Festival de Cannes confirme une tendance devenue impossible à ignorer : le cinéma arabe traverse l’un de ses moments les plus forts de ces dernières années. Du Maroc à la Palestine, en passant par l’Égypte ou le Soudan, les réalisateurs arabes imposent désormais leur vision avec une assurance nouvelle dans les différentes sélections du festival.
Parmi les noms les plus attendus figure Arthur Harari. Le réalisateur franco-égyptien revient en compétition avec « The Unknown », après avoir marqué le cinéma international en coécrivant « Anatomie d’une chute », Palme d’or en 2023. Dans la section Un Certain Regard, le Palestinien Rakan Mayasi attire également l’attention avec « Yesterday the Eye Didn’t Sleep », son premier long-métrage, déjà présenté comme l’une des découvertes marquantes de cette édition.
Les images relayées autour du festival témoignent aussi de cette diversité créative qui traverse aujourd’hui le cinéma arabe. « Nafron » de Daood Alabdulaa et « The Station » de Sara Ishaq participent eux aussi à cette présence remarquée sur la Croisette. Entre récits humains, regards politiques subtils et nouvelles esthétiques visuelles, ces films illustrent l’évolution d’un cinéma qui ne cherche plus simplement à être représenté, mais à s’imposer comme une véritable force artistique mondiale.
Le Maroc confirme également sa place dans cette dynamique avec le retour de Laila Marrakchi et son film « La Más Dulce ». Depuis plusieurs années, le cinéma marocain gagne en visibilité dans les festivals internationaux grâce à une nouvelle génération de réalisateurs capables de mêler identité locale et narration universelle. Une montée en puissance qui accompagne l’intérêt grandissant du public mondial pour des histoires venues du monde arabe, racontées avec authenticité et liberté.
Ce qui frappe surtout à Cannes cette année, c’est le changement de perception. Le cinéma arabe n’est plus présenté comme une curiosité culturelle ou une présence symbolique. Il est désormais attendu, observé et discuté comme l’un des grands mouvements créatifs contemporains. Et à voir l’attention que suscitent déjà plusieurs de ces œuvres sur la Croisette, cette 79e édition pourrait bien marquer un tournant durable dans l’histoire du cinéma arabe.