Yassir Zenagui, le jeune premier du gouvernement

by La Rédaction

Rarement un ministre aura été accueilli avec autant de sympathie que Yassir Zenagui. Le fait qu’il ait abandonné une carrière aussi prestigieuse que lucrative à la City de Londres – précisément un poste de directeur en charge du trading arbitrage produits dérivés à la Deutsche Bank – pour présider aux destinées du tourisme marocain y est sans doute pour beaucoup. Il y a aussi le style Zenagui, qui tranche avec le reste de la classe politique : son profil de gendre idéal, avec sa barbe de trois jours soigneusement entretenue et ses costumes impeccablement coupés, sa courtoisie souriante et son désir de discrétion quand il s’agit de sa personne et de sa vie privée. Mais au fil de l’interview, on s’aperçoit que le beau gosse du gouvernement possède, au-delà de son côté enjoué et d’une sorte de candeur, un esprit cartésien, une obsession du résultat très anglo-saxonne et une grande détermination. Enfin, on découvre un homme cultivé, épris de peinture, de poésie romantique et de musique classique.  Le 30 novembre prochain, il subira son baptême du feu, avec la tenue des Assises du tourisme au cours desquelles il présentera la Vision 2020. Il nous en livre ici les grandes lignes.


   

 

Que pensiez-vous de la politique marocaine en matière de tourisme lorsque vous viviez à l’étranger ?
Je suivais de très près la politique marocaine, que ce soit en matière de tourisme ou tous les autres chantiers. L’image de marque du Maroc a évolué de manière spectaculaire ces dernières années. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point l’image de Sa Majesté et la dynamique qu’il a impulsée ont contribué à l’amélioration de l’image et de la crédibilité du pays. C’est le cas notamment dans le monde de la finance dans lequel j’évoluais : ces dernières années, le Maroc a été perçu comme un pays émergent à très fort potentiel et a été suivi de très près par les observateurs et les acteurs financiers. J’en faisais partie : j’avais des équipes d’économistes qui surveillaient attentivement la région du Mena et le Maroc en particulier. Cela me permettait de suivre au plus près les différents secteurs économiques du Maroc, notamment le tourisme. Je faisais partie de ces nombreux Marocains vivant à l’étranger qui sont très attachés au pays et qui, même à distance, suivent de très près la vie politique marocaine.

Vous étiez à Londres quand la Vision 2010 a été lancée. Qu’avez-vous pensé de cette stratégie et de sa mise en œuvre ?
J’avais trouvé cette stratégie intéressante, dans la mesure où elle impulsait une vraie dynamique dans le secteur du tourisme. L’engouement s’est ressenti y compris à l’extérieur du Maroc. C’est le plus important dans une stratégie : faire en sorte que les investisseurs et les opérateurs voient le pays bouger dans le domaine du tourisme, y croient, pensent qu’il y a un avenir et que quelque chose se passe. C’est cela qui déclenche une dynamique d’investissement et de construction.

Vous l’avez trouvée bien pensée ?
Je l’ai trouvée bien pensée pour une première stratégie. Structurer le tourisme est une démarche qui n’a que dix ans. C’est très jeune si nous nous comparons cela aux autres destinations qui ont plusieurs années derrière elles. A mon avis, la structuration a été très bien réalisée. On le voit aux résultats auxquels on a abouti ces dernières années.

Qu’est-ce qui vous a amené à contribuer, depuis Londres, au développement de l’industrie touristique au Maroc ?
Le tourisme est l’un des secteurs phares de l’économie marocaine. Il capte une grande partie des IDE (les investissements directs étrangers, ndlr). Le Maroc jouit d’une grande crédibilité dans le secteur du tourisme. Sa situation géographique exceptionnelle, ses atouts naturels et culturels et l’hospitalité légendaire de son peuple lui confèrent un potentiel touristique extraordinaire.

Vous vous êtes orienté vers ce secteur parce qu’il était le mieux structuré à votre sens, ou parce que c’était celui qui vous intéressait le plus ?
Les deux.

Quelles ont été les réalisations de Sienna Group ?
En partenariat avec la CDG et les autorités locales de la région de Tamuda Bay, nous avons réfléchi au positionnement de la station et de la région au niveau touristique. Avant l’arrivée de Sienna, plusieurs travaux d’infrastructures avaient été réalisés dans la région, dans le but de valoriser son très fort potentiel. Notre travail a abouti au lancement de nombreux projets. Plusieurs marques de renom ont été convaincues et nous ont suivis dans cette démarche, notamment Banyan Tree, Chedi-GHM, Ritz-Carlton et d’autres enseignes de prestige qui sont en phase finale de prospection.

Quels arguments avez-vous utilisés pour convaincre Ritz-Carlton ?
Premier argument : le potentiel que constituent les atouts naturels et la diversité du Maroc existe partout dans le pays et pas seulement à Marrakech, contrairement à ce que beaucoup disent. La beauté de la région de Tamuda Bay ne se limite pas à ses plages : il y a l’arrière-pays, les montagnes, les villages, la culture, la région d’Akchour où l’on trouve des cascades qui dépassent les 120 mètres. Il y a donc beaucoup d’exotisme et de choses très intéressantes, en plus du balnéaire et de la beauté du site. Notre argument pour convaincre toutes ces marques avait été le suivant : elles ont un business important en Asie du Sud, qui marche très bien. La plus grande partie de leur clientèle vient d’Europe et est à la recherche d’exotisme. Cet exotisme, le Maroc l’a aussi, mais il a, en plus, la proximité. Au lieu d’envoyer des touristes à Bali, moyennant 18 heures d’avion à l’aller et autant au retour, ces marques pourraient se positionner dans un environnement naturel aussi intéressant que celui de l’Asie du Sud, avec un exotisme qui est la base de leur concept, mais à seulement deux heures des plus grandes capitales européennes. Le deuxième argument, c’est la complémentarité : on ne peut pas vivre avec une seule destination. La plupart de ces enseignes visaient Marrakech. Mais il leur fallait un produit touristique complet, pas un seul hôtel. La côte méditerranéenne a, de ce point de vue, un fort potentiel, parce que c’est là où tout se passe. La combinaison entre Marrakech et un autre endroit sur la Méditerranée représente un produit touristique fort, à l’image de ce qui se fait à Bali, où le Four Seasons par exemple a un hôtel au bord de la mer et un autre à Ubud, à la montagne. La plupart des voyageurs qui font un séjour sur place combinent les deux.

En tant que ministre, vous avez dû vous désengager de ces projets. Qui s’en occupe maintenant ?
Une équipe très professionnelle a pris le relais. Ils font du très bon travail. Comme pour tous les autres projets, je reste attentif à l’avancement des opérations. Je reçois un reporting régulier. Alors que la phase d’exécution est amorcée, on constate un engouement incroyable dû à l’annonce de l’arrivée de ces marques prestigieuses. Hormis Ritz Carlton, d’autres opérateurs arrivent : Nicklaus Design pour le golf, des cabinets d’architectes de haut niveau, comme WATG… Il s’agit d’attirer l’élite pour créer un effet boule-de-neige. C’est aussi ce qui attire la presse spécialisée et crée une image de marque forte de notre pays, même s’il s’agit d’une petite baie.

Dans quelles conditions et par qui avez-vous été « repéré » ?
Un jour, j’ai été honoré par la décision de Sa Majesté de me faire confiance et de me nommer à la tête du ministère du Tourisme. J’ai reçu cette décision avec beaucoup de bonheur, de joie, de fierté et de reconnaissance. Aujourd’hui, je suis prêt à m’investir jusqu’au dernier souffle pour être à la hauteur de cette confiance.

Cette nomination a été une surprise pour vous ?
Oh oui ! Une très agréable surprise.

Vous qui avez vécu presque toute votre vie d’adulte à l’étranger, vous êtes-vous demandé si vous aviez une connaissance du Maroc suffisante pour assurer le job ?
Peut-être se trompe-t-on sur les Marocains qui vivent à l’étranger. Tous pourront vous dire qu’il ne se passe pas une journée sans qu’ils pensent, qu’ils parlent ou qu’ils se documentent sur le Maroc. Avec les nouvelles technologies de l’information, il est très facile de se documenter en temps réel. Certaines personnes, à l’extérieur, sont aussi actives que les locaux au niveau politique, économique ou social. Donc, non, je n’ai pas eu cette appréhension. Je ne fais peut-être pas partie des gens qui connaissent le mieux le Maroc, mais je pense avoir les connaissances requises pour être capable d’élaborer et de mettre en place des stratégies.

Quelle feuille de route vous a-t-on fourni au départ ?
D’abord, capitaliser sur le grand travail qui a été fait dans le cadre de la Vision 2010, consolider et continuer cette dynamique et construire sur les fondations qui ont déjà été mises en place. Il s’agit notamment de relancer le Plan Azur. Dans un deuxième temps, réfléchir à une stratégie pour les dix années à venir et créer une nouvelle impulsion dans ce secteur, sachant qu’on arrive dans un moment difficile en raison de la crise internationale. Il faut faire place à l’innovation et à des idées nouvelles.

Vous avez, dans le même temps, rejoint le RNI. Comment vous sentez-vous au sein de cette formation ?
Je m’y sens très bien. Ce parti a des valeurs très fortes de modernisme et d’ouverture dont je me sens très proche. La politique, pour moi, c’est le concret, le terrain, le souci d’améliorer les conditions de vie du citoyen marocain et l’efficacité. Ces valeurs-là, je les partage avec le président du RNI, Salaheddine Mezouar, qui est quelqu’un de très pragmatique. C’est un très bon manager qui a les idées claires et qui sait où il va. Je suis très content de faire partie de cette dynamique du RNI qui, selon moi, apportera un nouveau souffle sur la scène politique marocaine.

Quels sont, selon vous, les acquis de la Vision 2010 ?
Elle a positionné le tourisme comme étant une locomotive de l’économie marocaine. Un objectif de 10 millions de touristes avait été fixé à l’époque, ambitieux certes, mais crédible. On a mis en place un outil, le Plan Azur, qui devait permettre d’atteindre cet objectif. Et, bien que ce plan n’ait pas avancé de manière très efficace, on est tout proche de l’objectif puisqu’on dépassera les 9 millions de touristes cette année. C’est déjà une vraie réussite compte tenu du contexte économique des dernières années. Cette stratégie volontariste a permis au Maroc d’atteindre une progression dans ce secteur qui approche les 15% annuels, sachant que celle du tourisme mondial n’a pas dépassé les 5%. Le Plan Azur, malgré les retards pris, a permis de doubler la capacité litière. Nous avons également doublé le nombre de touristes, ainsi que les recettes. En ce qui concerne ces dernières, nous sommes à 97 ou 98% de nos objectifs. Dans ce domaine, le Maroc a été le premier de la région l’an dernier, avec une progression de 6%, alors que presque tous les pays du pourtour méditerranéen étaient en régression.

Comment expliquez-vous cette performance ?
C’est la preuve de la robustesse de la démarche et du secteur. On la doit au potentiel très fort du pays, à ses atouts naturels, à sa situation géographique exceptionnelle, à la richesse de la culture, à la diversité du Maroc et, en même temps, à l’efficacité d’une stratégie qui a su drainer une bonne dynamique au bon moment. Bien évidemment, certaines choses auraient pu mieux se faire. Mais, encore une fois, il s’agit d’une première étape : on ne construit pas une stratégie touristique en dix ans mais sur plusieurs décennies. Il nous faut reprendre les choses, re-calibrer, corriger ce qui n’a pas marché. Le plus important, c’est d’avancer d’une manière très efficace.

Quelles en sont les insuffisances ?
Quelques faiblesses structurelles persistent. Notamment notre dépendance vis-à-vis des marchés européens classiques et de deux destinations, Marrakech et Agadir, qui représentent autour de 65% du tourisme. L’un des grands challenges de la Vision à venir est de permettre à d’autres régions à fort potentiel de connaître la même ascension. Nous devons aussi travailler sur l’accompagnement des investissements et des investisseurs étrangers, sur le foncier, la souplesse des circuits d’autorisation… tout ce qui relève de la gouvernance, en fait. Nous examinons actuellement cela de très près avec les administrations concernées, afin de mettre en place le cadre qui permettrait d’accélérer la vitesse de développement de l’infrastructure touristique.

Quels sont les grands axes de la Vision 2020 ?
D’abord, consolider et capitaliser sur les acquis de la Vision 2010. Ensuite, étaler le développement touristique sur toutes les régions du Maroc, en s’inscrivant dans l’esprit de la régionalisation. Le but est de permettre à chaque région d’avoir sa chance et de se positionner en tant que destination touristique, en capitalisant sur la diversité du point de vue naturel et culturel de notre pays. Je me souviens avoir dit au président polonais à Varsovie, au début de cette année : « c’est le seul pays au monde où on peut grimper sur le dos d’un chameau le matin et aller skier l’après-midi ». Il est temps de capitaliser sur ce potentiel incroyable et plus seulement sur une ou deux destinations.
Il faut également améliorer le produit Maroc : le niveau de qualité des hôtels, le classement, la formation, le transport et l’environnement. Contrairement à 2010, 2020 comportera plusieurs plans : plans produit, formation, qualité, excellence et développement durable. La Vision 2020 mettra en effet le développement durable et l’environnement au cœur de sa démarche. Nous allons nous positionner sur l’écotourisme de manière très forte parce que c’est « la » tendance et le Maroc a toutes les potentialités pour se positionner en tant que destination-phare dans ce domaine. C’est un secteur dans lequel nous avons un net avantage par rapport à des concurrents tels que l’Espagne ou d’autres pays qui ont du mal à se débarrasser de leur étiquette de tourisme de volume et de densité. Nous avons encore des plages vierges et des espaces naturels incroyables. Nous allons capitaliser là-dessus, tout en continuant à les préserver.

Nous gaspillons l’eau de manière éhontée, le développement de l’énergie solaire en est à ses débuts, etc. Comment peut-on se vendre comme une destination d’écotourisme ?
J’ai eu la chance de représenter le Maroc au World Economic Forum où j’ai animé une conférence sur le développement durable. Le ministre de Singapour, un ministre japonais et des patrons de grandes banques internationales étaient là. Et croyez moi, le Maroc avait beaucoup à dire sur ses avancées dans ce domaine.  L’environnement a été placé par Sa Majesté au cœur de la stratégie nationale. Certains pays ont plus d’avance que d’autres, mais nous faisons désormais partie des pays actifs dans ce domaine. Nous sommes ainsi l’un des rares pays à avoir une Charte du tourisme responsable et une charte nationale de l’environnement est en cours d’élaboration.

Ça signifie qu’on va cesser de construire des hôtels-golfs à tout va ?
Nous devons aller vers l’optimisation des ressources naturelles. Alors oui, aujourd’hui on ne peut plus construire un resort de golf au Maroc si on compte l’arroser avec de l’eau potable. Ce sont là des directives émises au plus haut niveau. Il est désormais impératif de mettre en place un système de recyclage de l’eau, de dessalement, etc. Tous les nouveaux projets se créent dans cet esprit. On s’ouvre même à des techniques très pointues et très innovantes de développement durable telles que les lacs filtrants. Nous sommes l’un des premiers pays à se lancer dans cette initiative pour montrer la volonté et la mobilisation de tous pour orienter le développement du pays dans un esprit de développement durable.

L’un des problèmes que rencontre l’industrie hôtelière au Maroc est celui de la qualité du service, qui ne correspond souvent pas au standing de l’hôtel et encore moins à son classement en termes d’étoiles. A votre niveau, que pouvez-vous et que comptez-vous faire ?
Le Plan Excellence concerne justement la formation. Nous devons développer davantage d’établissements de formation. C’est l’un des points sur lesquels nous avons besoin de nous améliorer. On aura beau construire les plus beaux hôtels du monde, si le service ne suit pas, cela ne servira à rien. La meilleure façon d’affronter cette problématique, c’est de commencer par la base et d’assurer une véritable formation professionnelle dans ce secteur. Aujourd’hui, l’Institut supérieur de tourisme de Tanger va commencer à délivrer des masters et des doctorats, donc des formations spécialisées, pointues. L’Institut développe dans le même temps des partenariats de grande qualité. Un décret a été présenté lors du dernier conseil des ministres sur la refonte et la restructuration du système pédagogique de cet établissement. Dans notre pays, d’autres partenariats se mettent en place : dernièrement, l’Institut Glion s’est allié à l’Université internationale de Casablanca. Nous finalisons en ce moment des partenariats avec l’école de Lausanne et beaucoup d’autres établissements aux Etats-Unis et au Canada, dans le but de renforcer la formation dans ce secteur. C’est un travail sur le long terme, mais nous y mettrons tous les moyens nécessaires.

En attendant, allez-vous procéder à des déclassements d’hôtels ? Parce que cet état de fait pénalise l’ensemble du secteur touristique du pays.
Bien sûr, nous allons revoir les normes de classement en y introduisant plus de rigueur : les notions de service qui n’étaient pas considérées seront incluses. Mais nous ne sommes pas là pour empêcher les gens de faire des affaires ou pour détruire leur business. Le but est de les accompagner et de travailler dans un esprit de partenariat, avec une vraie concertation avec les professionnels, comme cela a toujours été le cas dans ce secteur. Nous devons faire des efforts de notre côté pour les sensibiliser et les orienter vers le meilleur modèle. On ne gagne pas nécessairement plus d’argent en gérant un 5 étoiles qu’un 4 étoiles : le plus important est d’évoluer dans sa catégorie.

La Vision 2010 a introduit la notion de marchés de niche. Est-ce que vous comptez aller plus loin dans ce domaine, et dans quelle direction ?
Bien sûr, nous allons continuer : le tourisme rural ; le tourisme sportif, notamment le sport nautique ; le tourisme de bien-être ; le tourisme médical ou semi-médical que nous allons encourager ; le tourisme d’affaires qui a un potentiel énorme et pour lequel nous travaillons activement à la mise en place d’un ensemble de palais des congrès et de centres d’exposition dans les principales destinations du Maroc. C’est ce qu’on appelle « les niches », mais ce sont en fait les différentes composantes d’un véritable produit touristique. A mon avis, on ne sera jamais une véritable destination touristique si on se limite à développer des stations. Une destination touristique, c’est le produit, la capacité litière, les hôtels, mais c’est aussi l’animation, le culturel, les affaires et tout ce qui tourne autour de cela.

Quel est l’objectif en termes de nombre de touristes de la Vision 2020 ?
Contrairement à la Vision 2010, qui avait un objectif purement quantitatif, la Vision 2020 sera qualitative. Elle aura néanmoins un objectif chiffré qui sera dévoilé lors des Assises du tourisme, qui se tiendront le 30 novembre à Marrakech.  C’est un détail non négligeable de la nouvelle Vision, dont je n’ai fait que vous brosser les grands traits. Ce détail, ainsi que d’autres, constituent l’essence de la Vision 2020.

En termes de nouveaux marchés, on parle beaucoup de l’Est : Russie et Asie. C’est l’avenir du Maroc en matière de tourisme ?
Oui. Je vous l’ai dit auparavant, l’une des faiblesses structurelles du secteur est la dépendance vis-à-vis des marchés traditionnels : la France, l’Espagne, l’Italie… Les études comme les couvertures médiatiques démontrent qu’un  potentiel existe au niveau international. On parle du Maroc partout en Russie, il a fait de nombreuses couvertures de magazines au Brésil, dont des opérateurs nous ont contactés pour mettre des lignes en place. Il faut savoir que la première clientèle de l’Amanjena et la troisième de la Mamounia est brésilienne. Par ailleurs, les lignes que nous avons ouvertes avec la Pologne vont nous permettre de tripler le nombre de touristes venant de ce pays en 2011. La progression du nombre de touristes russes et polonais dépasse parfois, ces dernières années, les 100%. On constate un véritable engouement. Les Australiens perçoivent aujourd’hui le Maroc comme une destination des Mille et Une Nuits. Aux Etats-Unis, Lonely Planet, qui est la référence mondiale en matière de guides touristiques, nous a positionnés dans son Top 10 : le Maroc est la 5ème  meilleure destination touristique 2010. Le New York Times a mis Marrakech en 16e position des villes touristiques internationales. Donc, le Maroc est vraiment perçu de manière très forte et très positive : il séduit, il émerveille. Et c’est à nous, pas seulement ministère du Tourisme, mais aussi professionnels et chaque citoyen, que revient le devoir de renforcer cette image et de contribuer à son développement à travers tous les pays du monde.

Quid des marchés existants ?
On ne peut pas se permettre d’abandonner les pays émetteurs traditionnels. Nous devons consolider, renforcer même, le marketing. Nous sommes dans un environnement de très forte compétition. Si on se relâche sur un marché, on perd des parts. Mais nous allons aussi, en même temps, aller vers de nouvelles destinations : l’Asie, les Etats-Unis, le Moyen-Orient qui est un marché très fort. Aujourd’hui, le Maroc a une image de marque qui circule autour de la planète et c’est à nous de la suivre. Nous allons là où nous sentons qu’il y a un potentiel très fort.

La grosse faiblesse de la Vision 2010, c’est la concrétisation du Plan Azur. Comment comptez-vous le relancer ?
Il faut savoir qu’il s’agit d’une stratégie étatique, mais qui a été portée par le secteur privé. Les retards du Plan Azur sont donc dus à une responsabilité partagée. Aujourd’hui, en étroite concertation avec le secteur privé, avec les banquiers qui nous accompagnent avec beaucoup de bonne volonté, nous nous efforçons de redresser les dégâts causés par la crise. Celle-ci n’a pas touché que le Maroc : elle a même eu un impact beaucoup plus important dans certains pays développés. Chez nous, des chantiers ont continué de se développer, des stations ont ouvert, alors que d’autres pays, comme l’Espagne, ont connu une situation catastrophique. Aujourd’hui, on s’en sort, à mon avis, tout à fait convenablement. Saidia, par exemple, a réalisé cette année un taux de remplissage de 80%. C’est la troisième plus grande marina de la Méditerranée. Les opérateurs attendent avec beaucoup d’engouement l’ouverture de nouveaux hôtels pour les remplir. Mazagan a également connu une grande réussite. Lixus est en très bonne voie. Mogador ouvre son premier hôtel dans un mois. Et puis, à la mi-septembre, une convention d’investissement a été signée pour Taghazout, avec un partenariat de Colony Capital (USA), qui est toujours très motivé pour continuer à investir au Maroc, en partenariat avec de gros investisseurs locaux : CDG, Alliance et Sud-Partner, un regroupement d’hommes d’affaires de la région d’Agadir dont le chef de file est Akwa Group. Nous prévoyons le démarrage des travaux dans un avenir très proche.

Hormis Marrakech, il y a un sérieux problème de sous-capacité litière. Comment comptez-vous y remédier ?
C’est un faux problème. Le taux moyen de remplissage du pays tourne autour de 40 à 50%, mais il ne reflète pas la réalité de l’hôtellerie marocaine. Et c’est le cas dans la plupart des villes. Dans les catégories où le taux de professionnalisme est bon ou correct, le taux de remplissage est très satisfaisant. C’est au niveau des hôtels 1, 2, voire 3 étoiles qu’il est très bas, parfois en dessous des 20%, ce qui tire la moyenne vers le bas. A nous maintenant d’aller voir les hôtels de petite catégorie et de les aider à trouver le bon modèle, de les accompagner afin qu’ils professionnalisent leur fonctionnement, sachant qu’il existe un grand marché, au niveau national comme international, pour ce genre de catégories.

Le gotha du tourisme (Marriott, Host Hotels Ltd, Jones Lang LaSalle…) et les représentants de banques prestigieuses (Goldman Sachs, HSBC, Morgan Stanley, Barclay…) a fait le déplacement le 29 avril à Casablanca pour analyser et confirmer l’attractivité de la destination Maroc. Quelle est votre stratégie pour attirer davantage d’investisseurs étrangers dans le tourisme ?
Je considère que, quelle que soit la conjoncture, nous travaillons sur un sous-jacent très fort, qui est le pays et ses atouts. Maintenant, l’équation est claire : nous avons presque atteint les 10 millions de touristes, un objectif qui était considéré comme ambitieux à l’époque ; et nous vivons dans un monde où le tourisme est parfaitement corrélé à l’évolution démographique. L’Organisation mondiale du tourisme prévoit 1,6 milliards de touristes en 2020, sachant qu’aujourd’hui, on en est à 850 millions. 45% de ces touristes viennent de pays européens, c’est-à-dire qu’en 2020, il y aura à peu près 750 millions de touristes à deux heures du Maroc. L’opportunité est donc très claire. A nous maintenant de mettre en place la bonne stratégie pour accompagner les investisseurs et leur permettre d’investir dans les meilleures conditions possibles. Notre objectif est d’être très actifs au niveau marketing : les road-shows ont déjà commencé et vont se multiplier. Nous mettons en place une démarche très volontariste pour les investisseurs : nous n’allons pas attendre qu’ils décident de venir, nous irons vers eux en leur expliquant les atouts du pays, mais aussi le professionnalisme et l’accompagnement dont ils pourront bénéficier ici.

Quels sont nos atouts par rapport à nos concurrents directs ?
Notre authenticité, notre histoire, et surtout la diversité, qui est notre point fort.

La Vision 2010 a été pensée par des professionnels du tourisme, puis mise en œuvre par le ministère. Pour 2020, ça a été l’inverse : le ministère a imaginé la Vision, puis vous avez consulté les professionnels. Pourquoi avez-vous procédé dans cet ordre-là ?
La Vision 2010 a été portée par le ministère, mais ce sont les professionnels qui l’ont mise en œuvre. Le ministère a joué son rôle de facilitateur, de modérateur et d’accompagnement. Cette première décade nous a fourni des leçons : certaines choses ont montré leurs limites et il faut donc les redresser à travers un pilotage. Nous avons constaté que laisser les choses se faire d’elles-mêmes, comme ça a été le cas jusqu’à présent, n’a pas permis au tourisme de jouer son vrai rôle de locomotive de développement socio-économique, c’est-à-dire de s’étaler sur toutes les régions du pays. L’essentiel a été fait à Marrakech, parce qu’il y a de moins en moins de risques dans cette région ; l’investissement s’est orienté vers l’immobilier alors qu’on a surtout besoin de lits touristiques, d’animation, etc. La « main invisible » d’Adam Smith a montré ses limites au niveau international, mais aussi au niveau du secteur du tourisme au Maroc. Donc, l’Etat a besoin d’avoir une démarche volontariste et de piloter la planification et la structuration de ce secteur. Mais il faut souligner que cette réflexion de fond a été faite en parfaite concertation avec le secteur privé dont les plus grands acteurs ont été présents dans toutes les réunions et ont accompagné le ministère du début à la fin. Aujourd’hui, cette réflexion se prolonge : nous faisons actuellement le tour des seize régions du Maroc, toujours pour partager l’information et se concerter avec les autorités locales, les élus, les professionnels locaux, dans le but d’intégrer les avis de tous, de responsabiliser tout le monde et de profiter de l’expérience et du vécu des personnes sur le terrain. Le secret de la réussite de la Vision 2020, c’est que tous les citoyens se sentent impliqués et participent. C’est à cette condition qu’on pourra avoir une Vision réussie et efficace.

Pourquoi ne vous entend jamais parler d’artisanat, qui fait partie de votre portefeuille ?
Ce n’est pas vrai, je parle souvent de l’artisanat. C’est peut-être qu’on ne m’a encore jamais posé de questions au niveau de la presse. C’est un secteur bien piloté par le secrétaire d’Etat Anis Birou. De nombreux chantiers ont été lancés dans le cadre de la Stratégie 2015, on valorise beaucoup l’artisanat sur le terrain à travers le secteur du tourisme. Quand il est présent dans un salon, l’Office du tourisme amène toujours des artisans. On ne pourra pas vendre le produit Maroc sans évoquer l’artisanat qui fait partie de nos richesses. Cette année, on a organise avec l’Office un ensemble d’événements dans les plus grandes capitales mondiales (New York, Londres, Paris, Moscou, etc.), qui s’appelle « Red Marrakech » : ce sont de grandes soirées de gala qui mettent aussi en valeur le travail des artisans marocains.

Comment concevez-vous votre travail de ministre ?
C’est tout d’abord pour moi l’honneur de servir directement mon pays et de participer à la mise-en-œuvre des grands chantiers initiés par Sa Majesté. C’est participer, à mon échelle, à l’amélioration des conditions de vie des citoyens marocains. J’y mets beaucoup de cœur. Je suis conscient de l’honneur qu’on m’a fait en m’attribuant cette mission et je travaillerai d’arrache-pied pour être à la hauteur de cette tâche. Je dirige mon ministère avec mon style, bien évidemment. Mon expérience et mon vécu se projettent aujourd’hui dans ma façon de faire les choses. Je viens du secteur privé, du secteur bancaire financier. J’ai donc toujours travaillé d’une certaine manière que j’essaie d’adapter par rapport à la réalité du ministère : l’esprit d’efficacité, le réalisme et le respect d’autrui.

Par laurence oiknine
Photos : Mohamed Laktiri

En aparté

Vous avez brillé dans la haute sphère de la finance londonienne au sein de banques prestigieuses. En quoi cette expérience vous est-elle utile aujourd’hui ? D’abord en termes de relations, j’imagine…
Oui, d’une part. Et d’autre part, dans la capacité de travailler avec différentes cultures, de s’adapter. On retrouve la même dimension internationale dans le tourisme : on doit posséder la capacité de discuter avec les investisseurs, de parler le même langage, de savoir comment les aborder en fonction de leur nationalité, de leur culture. Par ailleurs, le fait d’avoir travaillé dans le secteur financier m’a appris l’efficacité, la culture du résultat et la rigueur. Nous voulons des résultats concrets et nous mettons tous les moyens pour y parvenir.

Vous qui êtes jeune, avez une formation anglo-saxonne et venez du privé, à quoi avez-vous dû et devez-vous vous adapter ?
Il m’a certainement fallu m’adapter au système administratif, mais n’oublions pas que le but aussi était que j’apporte un style de management et une façon de faire les choses différemment. Le Maroc est un pays en pleine expansion, c’est le XXIème siècle, la compétitivité est de plus en plus importante et nous avons besoin de revoir certaines de nos méthodes de travail. J’espère que, de mon côté, je contribuerai à la dynamisation de l’économie marocaine à travers le secteur du tourisme.

Quels sont les réflexes que vous vous efforcez de transmettre à l’administration que vous dirigez aujourd’hui ?
L’ouverture, l’efficacité, la culture du résultat et de l’évaluation, la rigueur et le respect de ses collègues, quelque soit leur position hiérarchique. Ce dernier point est très important pour moi parce qu’on ne peut construire que dans un bon esprit d’équipe et un respect mutuel. Je suis ravi par le bon profil des équipes du ministère du Tourisme. Je suis entouré de gens très compétents et dédiés à leur travail.

Avantages comparés des cultures française et anglo-saxonne. De laquelle vous sentez-vous le plus proche ?
Ce sont deux cultures européennes dont je me sens très proche. Néanmoins, la culture anglo-saxonne me séduit par son pragmatisme, cette capacité à aller droit au but et sans tergiverser.

Y a-t-il des ministres avec lesquels vous avez plus d’affinités que d’autres ?
Franchement, j’ai été très bien accueilli par les membres du gouvernement. Ils ont été d’une très grande gentillesse, sans exception. Ils m’ont reçu à bras ouverts et m’ont tenu des propos très encourageants, ce qui m’a permis de m’intégrer très rapidement et facilement dans la structure gouvernementale et de me sentir à l’aise dans mes nouvelles fonctions.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes gens qui, comme vous, souhaitent revenir au Maroc après une carrière brillante à l’étranger ?
Quand on vit à l’étranger pendant plusieurs années et que l’amour de la patrie est combiné à une nostalgie, cela se transforme en passion. Il existe, chez tous les Marocains vivant à l’étranger, une frustration de ne pas pouvoir rentrer et faire des choses pour leur pays. Le Maroc a délivré des messages très forts à leur attention ces dernières années. Il y a une vraie dynamique qui séduit les plus grands professionnels et qui est suivie de très près par les marchés financiers, les professionnels de l’investissement et les politiques. Les actions, la personnalité et le style de Sa Majesté donnent une image vraiment très convaincante et très crédible du pays à tous les niveaux. Donc, ce que je peux dire à ces jeunes-là, c’est que beaucoup sont revenus et ne l’ont pas regretté. Le pays a besoin d’eux, de leurs compétences. A un moment de leur vie, même s’ils doivent quitter les avantages d’une grande ville européenne, rien n’égale la satisfaction de contribuer directement à la dynamique de développement de leur pays, qui leur a tout donné et a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui.

A Londres, vous avez vécu dans une ville très riche du point de vue culturelle, très vivante, très animée. Vous ne trouvez-pas Rabat un peu provinciale ?
Pas du tout. On vit très bien ici. C’est une ville verte, l’infrastructure y est très moderne. On trouve tout ce dont a besoin pour bien vivre. Il y a de l’animation, à l’image du festival Mawazine : on trouve rarement des événements avec de telles affiches dans le monde, les plus grands chanteurs viennent nous voir. Il y a beaucoup d’activités et de chantiers culturels : la Villa des Arts, qui est un vrai pôle de diffusion de la culture, la Bibliothèque nationale. Le Trophée Hassan II de golf fait partie des tours européens. Plusieurs projets sont en cours de développement : le projet du Bouregreg, le futur théâtre, etc. Grâce aux efforts des autorités locales, notamment M. le Wali, les grands chantiers avancent et positionnent Rabat comme l’une des grandes destinations culturelles du pays. C’est la ville où j’ai grandi et j’y suis très attaché.

Jusqu’à présent, votre image et votre apparence de golden boy ont-elles plutôt joué en votre faveur ou vous ont-elles desservi ?
Golden boy, pour moi, signifie efficacité, résultats probants et culture du résultat. C’est l’environnement dans lequel j’ai été formé et j’ai évolué. J’ai envie de garder cette culture du résultat dans la façon dont je gère le ministère aujourd’hui. Cela signifie de pouvoir vivre et fonctionner sous pression et mener à bien ma mission. Pour le reste, je laisse le soin aux autres de dire les choses…

Quelles sont vos valeurs cardinales en tant que Marocain ?
Le sens de la famille, le respect, la tolérance, qui font partie de nos grandes qualités, l’ouverture vers les autres, la fierté d’appartenir à un grand pays riche d’une longue histoire et celle de pouvoir, à mon tour, contribuer à son développement.

Que ferez-vous quand votre mission à la tête de ce ministère s’achèvera ?
Personne ne sait de quoi demain sera fait. J’espère avoir toujours la possibilité de contribuer au développement de mon pays, de voir mes enfants grandir et, si j’ai un peu de chance, avoir plus de temps pour me consacrer à ma passion de toujours, la peinture et les arts plastiques.

Vous peignez vous-mêmes ? Vous avez pris des cours ?
Oui, des dessins, des portraits : huile, crayon, pastel… Mais je suis un total autodidacte.

Quel type d’éducation avez-vous reçu ?
J’ai eu la chance d’avoir reçu de mes parents une éducation qui a bien su marier les valeurs traditionnelles et la modernité. Une éducation basée sur les vraies valeurs de la famille, la droiture, la loyauté et le respect d’autrui. Notre éducation nous appris à ne pas faire de différence entre les individus, quelque soit leur appartenance sociale. Mes parents nous ont aussi inculqué le sens du mérite. Ils nous ont toujours rappelé que rien ne s’obtient facilement dans la vie.

Quelles sont les valeurs que vous souhaitez transmettre à votre petit garçon ?
Celles que mon père m’a inculquées.

 

Questionnaire de Proust

Le principal trait de mon caractère
La persévérance.

 La qualité que je préfère chez un homme
La droiture.

La qualité que je préfère chez une femme
La gentillesse.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis
La loyauté.

Mon principal défaut
L’obstination.

Mon occupation préférée
Passer du temps avec mon épouse, mon enfant et le reste de ma famille. La peinture, les arts plastiques. Et puis le sport : le foot et le golf.

Mon rêve de bonheur
Voir mes enfants heureux et réussir dans la vie. Et aussi avoir la chance d’être grand-père.

Ce que je voudrais être
Un virtuose du piano. J’ai joué à un moment, mais je ne joue pas très bien. C’est l’une des plus grandes frustrations que je porte en moi.

Le pays où je désirerais vivre.
J’y suis déjà.

 La couleur que je préfère
Le bleu.

La fleur que j’aime
Toutes les fleurs… J’aime les couleurs.

L’oiseau que je préfère
Le cygne, il incarne l’élégance et la grâce pour moi.

Mes auteurs favoris en prose
Zola. Et puis j’ai eu beaucoup de plaisir à lire Tahar Benjelloun quand j’étais en Europe : il m’a permis de passer des soirées au Maroc alors que j’étais assis dans un petit coin, dans mon fauteuil en plein centre de Londres. J’apprécie beaucoup son sens du détail et son imagination. J’apprécie la même chose, en arabe, chez Naguib Mahfouz, que j’ai lu à une époque de ma vie. J’ai beaucoup d’admiration pour le sens du détail et le réalisme.

Mes poètes préférés
J’ai beaucoup de sensibilité pour l’époque romantique du XIXème siècle de la poésie française : Verlaine, Rimbaud avec qui je partage une même frustration : celle de ne pas faire de la musique. Et puis Mallarmé, Lamartine. J’ai aussi beaucoup d’admiration pour la poésie de la Jahiliya, avant l’islam : les Mu’allaqât, Moutanabi, Ibn Shaddâd… Et j’apprécie particulièrement un poète qui s’appelle Rùmi.

 Mes compositeurs préférés
Bach.

Mes peintres favoris
J’aime beaucoup Eugène Delacroix, le romantisme. C’est l’un de mes grands peintres préférés. Il a beaucoup peint ma ville natale, Tanger. C’est un artiste que j’ai découvert à travers mon père, qui se passionnait pour ses travaux. J’aime aussi Rembrandt, pour sa maîtrise de l’ombre et de la lumière qui a influencé plusieurs générations d’écoles. Ces deux peintres restent mes références.

Mes héros dans la vie réelle
Mon Roi. J’ai beaucoup d’admiration pour lui. Il m’a permis, comme à des millions de Marocains, d’être fier d’être marocain, d’être fier de ce qui se fait dans notre pays. Il incarne pour moi la passion et l’amour du pays et ce Maroc dynamique et ambitieux qui va de l’avant. Mes autres héros, ce sont mes parents, qui m’ont tout donné et fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Ma mère qui m’a transmis le sens du travail et la passion d’agir. Grâce à elle, j’ai compris que l’excellence émane de la passion. Et puis mon père, qui m’a appris à apprécier les plaisirs simples de la vie. Il n’est plus de ce monde, hélas, mais il ne se passe pas un jour sans que je pense à lui, il est dans mon cœur et fera partie de ma vie pour toujours. J’espère du fond du cœur que de là où il est, il sera toujours fier de moi… Il me manque tellement !!!

Ce que je déteste par-dessus tout
La méchanceté gratuite et la mauvaise foi.

Le fait militaire que j’admire le plus
La paix.

La réforme que j’estime le plus
La Moudawana.

Le don de la nature que je voudrais avoir
Etre un virtuose du piano.

Comment j’aimerais mourir
Je n’y pense pas.

Etat présent de mon esprit
Serein.

Ma devise
Allah, al Watan, al Malik.

 

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