Meta est entré mercredi dans une séquence judiciaire qui pourrait marquer un tournant pour l’industrie des réseaux sociaux. Le groupe américain, propriétaire de Facebook et d’Instagram, comparaît devant un tribunal de Californie dans le cadre d’un procès civil intenté par les procureurs de quatre États américains. Au cœur de la procédure, des accusations selon lesquelles les plateformes du géant de la technologie favoriseraient des pratiques addictives, notamment chez les plus jeunes, avec, à la clé, des demandes de sanctions financières qui pourraient atteindre des montants inédits.
Cette nouvelle étape judiciaire fait suite à plusieurs revers enregistrés par Meta ces derniers mois. En mars, une première décision rendue au Nouveau-Mexique avait condamné l’entreprise à verser 375 millions de dollars, la justice estimant que certaines pratiques commerciales liées à la sécurité des mineurs étaient déloyales et trompeuses. Ces précédents renforcent désormais la position des procureurs de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey, qui souhaitent démontrer que les mécanismes de recommandation et d’engagement des plateformes encouragent une utilisation excessive des réseaux sociaux.
Les enjeux dépassent largement le seul aspect financier. Ce procès intervient alors que la pression s’intensifie sur les géants du numérique concernant la protection des adolescents, la santé mentale et la responsabilité des plateformes face aux contenus et aux fonctionnalités susceptibles de créer une dépendance. Les audiences, qui devraient durer plusieurs semaines, pourraient notamment être marquées par le témoignage du PDG de Meta, Mark Zuckerberg.
De son côté, Meta conteste fermement les accusations et juge les sanctions réclamées totalement disproportionnées. Le groupe estime qu’une éventuelle condamnation d’une telle ampleur constituerait un précédent sans équivalent dans l’application des lois américaines sur la protection des consommateurs. Quelle que soit son issue, ce procès est déjà considéré comme l’un des plus importants jamais intentés contre une entreprise des réseaux sociaux et pourrait influencer durablement l’encadrement juridique des plateformes numériques aux États-Unis et au-delà.