À Venise, le Maroc imprime sa signature à Homo Faber 2026

by La Rédaction

À Venise, le geste artisanal se pense aussi au futur. Du 1er au 30 septembre, Homo Faber 2026 réunit plus de 500 artisans venus de plus de 70 pays autour de « An Island of Light ». Dans cette grande célébration internationale des métiers d’art, le Maroc se distingue à travers trois jeunes profils et deux manières de transmettre : par la création, mais aussi par la médiation.

Parmi eux, Hamza Kadiri défend une approche résolument contemporaine du travail du bois. Installé à Casablanca, le sculpteur puise dans les traditions marocaines de la menuiserie pour construire son propre langage plastique, autour de notions comme la transformation, la résistance et l’équilibre. À Homo Faber, son œuvre sans titre associe bois et charbon dans une structure évoquant un puzzle, ponctuée de vides. Une façon de faire dialoguer héritage et expérimentation sans enfermer l’artisanat dans la nostalgie.

   

La présence marocaine passe également par Dounia Tabti et Safia Souiba, sélectionnées parmi les Young Ambassadors de cette édition. Dounia Tabti, designer céramiste et artiste, connaît déjà l’univers Homo Faber : en 2024-2025, elle avait été retenue pour la Homo Faber Fellowship et avait travaillé aux côtés de l’artisane suédoise Anna Westerlund. À Venise, son rôle consiste désormais à accueillir le public et à raconter les histoires, les gestes et les savoir-faire qui se cachent derrière les objets présentés.

Safia Souiba intervient elle aussi comme Young Ambassador. La jeune designer marocaine ne vient pas exposer une pièce, mais créer le lien entre visiteurs, artisans et œuvres. Une mission de transmission qui donne tout son sens à cette nouvelle génération : connaître les techniques, comprendre ceux qui les perpétuent et savoir raconter leur histoire.

À Homo Faber 2026, le Maroc apparaît ainsi sous plusieurs visages complémentaires. Celui d’un patrimoine vivant, incarné par Hamza Kadiri, capable de transformer un savoir-faire hérité en écriture contemporaine ; et celui d’une relève, avec Dounia Tabti et Safia Souiba, qui contribue à faire circuler la culture des métiers d’art auprès d’un public international. À Venise, la main fabrique, mais la nouvelle génération marocaine veille aussi à ce que le geste ait une histoire à raconter.

   

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