Franco Baresi, le numéro 6 que Milan ne remplacera jamais

by La Rédaction

Le football italien perd l’un de ses visages les plus nobles. Franco Baresi, capitaine historique de l’AC Milan et monument absolu de l’art défensif, est mort à 66 ans, a annoncé le club lombard ce vendredi 31 juillet. À Milan, son nom n’a jamais été seulement celui d’un joueur : il était une mémoire, une ligne de conduite, presque une définition du maillot rossonero. Son numéro 6, retiré après sa carrière, disait déjà tout de cette place à part dans l’histoire du club.

Baresi aura tout donné à une seule maison. Vingt saisons sous les couleurs de l’AC Milan, 719 matchs officiels, six titres de champion d’Italie, trois Coupes d’Europe des clubs champions, deux Coupes intercontinentales : son palmarès raconte une fidélité devenue légende. Mais les trophées ne suffisent pas à résumer ce joueur qui défendait comme d’autres dirigent un orchestre, avec une autorité calme, une lecture du jeu exceptionnelle et cette manière unique d’anticiper le danger avant même qu’il n’existe vraiment.

   

Son histoire est aussi celle du grand Milan de la fin des années 1980 et du début des années 1990, cette équipe de fer et de lumière où cohabitaient Paolo Maldini, Alessandro Costacurta, Mauro Tassotti, Ruud Gullit, Frank Rijkaard et Marco van Basten. Dans cette constellation, Baresi était le socle. Pas le plus flamboyant, peut-être, mais celui qui donnait au reste sa cohérence. Derrière les attaquants de génie et les entraîneurs visionnaires, il y avait ce libero au regard froid, capable de transformer une défense en forteresse et une relance en première note d’attaque.

Avec l’Italie, son destin aura porté la beauté et la douleur des grandes carrières. Membre du groupe champion du monde en 1982, capitaine de la Nazionale jusqu’en finale du Mondial 1994, il incarne aussi cette génération italienne qui a vécu le football comme un art de la maîtrise, du sacrifice et du détail. À Pasadena, face au Brésil, son retour en finale quelques semaines seulement après une opération au genou reste l’une des images les plus fortes de sa carrière : celle d’un homme qui refuse de quitter la scène avant d’avoir tout donné.

Franco Baresi laisse derrière lui bien plus qu’un palmarès immense. Il laisse une idée du football : exigeante, élégante, loyale, presque aristocratique. Dans une époque où les joueurs changent souvent de club, lui restera comme l’un des derniers symboles d’une appartenance totale. Milan pleure son capitaine, l’Italie son libero, et le football l’un de ceux qui ont prouvé qu’un défenseur pouvait être une légende sans jamais avoir besoin de courir après la lumière.

   

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