Dar Es Salam : chronique d’un royaume du golf racontée par Karim Guessous

by La Rédaction

Au milieu des chênes-lièges de la forêt de la Maâmora, loin de l’agitation urbaine, il existe à Rabat un lieu que les amateurs de golf considèrent presque comme un sanctuaire. Un domaine immense, traversé par des plans d’eau, des fairways sculptés dans la nature et une histoire qui épouse celle du Maroc moderne. Cette année, le Royal Golf Dar Es Salam célèbre ses 50 ans, et derrière cet anniversaire se dessine bien plus qu’un simple récit sportif : celui d’une vision royale devenue institution.

Dans un épisode du Medi1 Podcast consacré à l’histoire du Royal Golf Dar Es Salam, le journaliste Rachid M’Barki reçoit Karim Guessous, conseiller sportif du président de la Fédération Royale Marocaine de Golf, Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid. Au fil de l’échange, celui-ci revient sur cette aventure singulière née à la fin des années 1960 sous l’impulsion de feu Sa Majesté Hassan II. À l’époque, explique-t-il, le projet dépasse largement le cadre d’un loisir réservé à une élite. L’idée consiste déjà à faire du golf un levier de rayonnement pour le Maroc, mais aussi un véritable écosystème capable d’ouvrir progressivement la pratique à un public plus large.

   

Cette ambition explique sans doute pourquoi le Royal Golf Dar Es Salam possède aujourd’hui une identité différente de nombreux complexes golfiques internationaux. Ici, le luxe ne s’exprime jamais dans l’ostentation. Il réside plutôt dans le rapport au paysage, dans cette manière de laisser la nature dominer l’expérience. Conçu par le célèbre architecte américain Robert Trent Jones, le domaine s’étend sur près de 440 hectares, au point que Karim Guessous le compare lui-même à une forme de “Central Park marocain”. Une image qui résume parfaitement l’esprit du lieu : un immense poumon vert où sport, calme et élégance cohabitent naturellement.

Au fil des décennies, le site est devenu une référence continentale grâce à ses différents parcours, notamment le mythique parcours Rouge, théâtre du prestigieux Trophée Hassan II. Pour les joueurs professionnels, certains trous sont devenus presque légendaires, à commencer par le numéro 12, souvent cité pour son atmosphère méditative autant que pour son exigence technique. Ce mélange entre difficulté sportive et beauté du cadre participe précisément à la réputation internationale du club.

Mais l’héritage du Royal Golf Dar Es Salam ne se limite pas aux compétitions. Dans son échange avec Rachid M’Barki, Karim Guessous insiste aussi sur un point essentiel : l’avenir du golf marocain passe désormais par la jeunesse. Longtemps perçu comme inaccessible, ce sport tente aujourd’hui de s’ouvrir davantage grâce à des programmes sport-études, des passerelles vers les universités américaines et une volonté de faire émerger une nouvelle génération de joueurs marocains capables d’exister sur la scène internationale.

Cette évolution raconte aussi quelque chose du Maroc contemporain. Un pays qui cherche désormais à conjuguer patrimoine, excellence sportive et attractivité internationale sans renoncer à son identité. Car à Dar Es Salam, le golf devient presque un langage diplomatique, un art de vivre discret où se croisent histoire royale, architecture paysagère et ambitions sportives.

Cinquante ans après sa création, le Royal Golf Dar Es Salam continue finalement de cultiver ce qui fait les grandes adresses intemporelles : une mémoire, une vision et ce sentiment rare d’être à la fois hors du temps et parfaitement ancré dans son époque.

   

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