Novak Djokovic n’a pas encore rangé ses raquettes, mais il prépare déjà l’après. À 38 ans, alors qu’il vise un 25e titre du Grand Chelem à Wimbledon, le Serbe vient de rejoindre General Atlantic comme Global Strategic Advisor. Le fonds d’investissement américain, qui gère environ 126 milliards de dollars d’actifs, veut s’appuyer sur son expérience d’athlète, d’entrepreneur et d’investisseur pour accompagner des entreprises en forte croissance, notamment dans le sport, la santé, le bien-être et la technologie.
Ce recrutement ne relève pas du simple coup de communication. General Atlantic ne va évidemment pas demander à Djokovic de construire des modèles Excel ou de lire des bilans financiers comme un analyste junior. Ce que le fonds vient chercher chez lui est plus rare : une crédibilité mondiale, un réseau, une connaissance intime de la performance et une obsession du détail qui a façonné l’une des plus longues carrières du tennis moderne. Sur le court, Djokovic a bâti sa légende avec 24 titres du Grand Chelem et un record de 428 semaines à la place de numéro un mondial ; dans les affaires, cette culture de la durée devient un capital à part entière.
Le choix est d’autant plus logique que Djokovic a fait de la santé et du bien-être un territoire personnel depuis des années. Régime strict, préparation physique millimétrée, recherche permanente d’optimisation : son propre corps est devenu, en quelque sorte, son laboratoire de performance. Hors du tennis, il a déjà investi ou soutenu plusieurs entreprises liées au wellness et à la technologie, dont Waterdrop, SILA, Cob Foods ou Incrediwear, selon TechCrunch.
Dans cette histoire, le plus intéressant est peut-être là : Djokovic ne remplace pas le tennis par la finance. Il ajoute un terrain de jeu à sa carrière. À un âge où beaucoup de sportifs organisent doucement leur sortie, lui transforme son expérience en levier stratégique. Les plus grands compétiteurs ne cessent jamais vraiment de jouer ; ils changent simplement la surface.