À Tamraght, au nord d’Agadir, les vagues ont changé de visage. Sur cette côte devenue l’un des repères du surf marocain, Maryam El Gardoum ne se contente plus de surfer. Elle observe, corrige, encourage. Elle transmet. Et autour d’elle, quelque chose s’est mis en mouvement.
Son histoire commence pourtant loin de cette image. Pas de planche, pas de cadre, juste l’envie. Elle attendait sur le sable que d’autres sortent de l’eau pour essayer, quelques instants. Très vite, elle comprend. Très vite, elle progresse. À 14 ans, elle devient championne du Maroc de surf. Et surtout, elle confirme. Année après année, elle s’impose jusqu’à décrocher cinq titres nationaux. Une régularité rare, qui installe son nom dans le paysage du surf marocain.
Mais l’essentiel est ailleurs. Dans ce qu’elle a ouvert. Dans un environnement où les femmes étaient peu présentes, elle a pris de la place sans faire de bruit. Et elle ne s’est pas arrêtée là.
Après une blessure au genou en 2018, elle change de trajectoire. En 2019, elle lance Dihya Surf School, toujours à Tamraght. Un lieu pensé pour apprendre, mais aussi pour oser. Pour entrer dans l’eau sans se poser la question de sa place.
Aujourd’hui, des femmes viennent de tout le Maroc pour surfer ici. Elles viennent apprendre avec Maryam. Comprendre les vagues, mais aussi se faire confiance. Elle les accompagne, avec calme, avec exigence, sans jamais forcer. Sa force est là : dans la constance.
Maryam El Gardoum ne fait pas que transmettre un sport. Elle installe une culture. Une présence. Une possibilité.
Et à Tamraght, vague après vague, cela se voit.