Châabia au musée Mohammed VI : Polémique naïve sur une exposition brute

by La Rédaction

   

La rentrée du Musée Mohammed VI de Rabat (MMVI) se fait avec des remous et des piques lancées de part et d’autres.  En effet, le musée propose aux aficionados, à partir du 23 octobre 2018, une exposition collective de trois peintres marocaines : Chaïbia Talal, décédée en 2004, Radia Bent Lhoucine, décédée en 1994 et Fatima Hassan El Farrouj, décédée en 2011. Une partie de la scène artistique  donne de la voix et refuse « des amalgames ». D’autres trouvent que c’est une bonne chose d’associer ces trois visages et d’offrir au public trois parcours presque similaires qui peuvent être pris à la fois comme un hommage et une manière de rendre justice aux grandes figures de la peinture marocaine au féminin.  Pour Houcine Tallal, l’une des grandes figures des arts plastiques de l’histoire du Maroc, le fils de Châabia, contacté par VH, « tout ceci n’est pas professionnel. Je n’ai jamais donné mon accord pour cette exposition collectif. J’ai été approché par Mehdi Qotbi et Abdelaziz  Idrissi pour une exposition individuelle qui revient sur les travaux de Chaâbia. Et voilà que j’apprends comme tout le monde, par presse interposée que ce sont trois femmes qui exposent. » Pour Houcine Tallal, il n’y a pas lieu de mélanger « les genres » puisque « rien ne rapproche ces trois expériences sauf le fait qu’il s’agit ici de trois femmes. Tallal ne mâche pas ses mots : «Ce n’est pas la même envergure ni la même expérience. Châabia est une artiste de dimension universelle, connue dans le monde entier, qui a exposé partout dans le monde  et dont les travaux ont été salués par les plus grands critiques du monde. Quant à Farouj et Bent Lhoucine-avec tout le respect que j’ai pour tous les peintres- ce n’est pas le cas». Contacté par VH, Mehdi Qotbi est clair : «le musée  ne travaille pas pour satisfaire des points de vue personnels des uns et des autres. Le musée a pour vocation de satisfaire les attentes des Marocains et des étrangers. Nous avons toute latitude d’exposer trois peintres femmes qui ont, pour moi, des parcours similaires. Radia Bent Lhoucine  a exposé au début des années 60 et son fils tout comme Houcine Tallal compte parmi les grands peintres du Maroc. Quant à madame Farrouj, son mari était professeur d’art et cela me parâit enrichissant de réunir trois grandes sensibilités pour donner à voir un travail multiple, complexe et riche ». Quand on évoque avec Mehdi Qotbi le prestige du nom Chaâbia dans le monde des arts, il confirme et insiste sur «tout le respect que j’ai pour le travail et le parcours de cette grande dame. Tout comme je respecte le travail et le parcours de Bent Lhoucine et de Farrouj. Et c’est dans cet esprit que le musée réunit ces trois femmes. Il n’y a là aucun manque de respect pour qui que se soit. Au contraire célébrer la femme est un hommage auquel on tient fortement».

Quoi qu’il en soit, Houcine Tallal affirme qu’il ne retirera pas les oeuvres de sa mère par respect pour cette institution qu’est le musée Mohammed VI de Rabat. L’occasion pour le public de voir de près ce triple regard de trois femmes qui ont beaucoup donné, chacune à sa mesure, au patrimoine artistique marocain.

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