Cette fois, personne n’a quitté la pelouse avant la fin. Mais le Sénégal, lui, a quitté la Coupe du monde. Battus 3-2 par la Belgique après prolongation à Seattle, les Lions de la Teranga ont vécu l’un des scénarios les plus cruels du tournoi : ils menaient 2-0 à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, avant de voir Romelu Lukaku relancer les Diables Rouges, Youri Tielemans égaliser, puis inscrire le penalty décisif au bout de la prolongation.
Le clin d’œil est forcément ironique pour les supporters marocains. Après les tensions de la dernière finale de CAN face au Maroc, les contestations, les polémiques et les blessures encore fraîches dans les mémoires, ce nouvel épisode sonne comme une étrange réplique du destin. Cette fois, le Sénégal n’a pas quitté le terrain : il a vu le match lui échapper, minute après minute, jusqu’à cette décision arbitrale très discutée validée après intervention de la VAR.
Sportivement, la question est terrible : comment perdre un match après avoir mené 2-0 aussi tard ? Le Sénégal avait pourtant longtemps maîtrisé son sujet, avec des buts de Habib Diarra et Ismaïla Sarr, avant de s’effondrer dans les derniers instants. À ce niveau, ce genre de chute ne se résume jamais à un seul penalty. Il y a la gestion du score, les changements, la fatigue, la pression, les choix du banc et cette incapacité à fermer définitivement une rencontre qui semblait pourtant entre ses mains.
Le Sénégal quitte donc le Mondial la tête lourde, mais avec une leçon brutale : le football ne pardonne pas toujours ceux qui pensent avoir déjà gagné. Pour les Marocains, difficile de ne pas y voir une forme de retour de flamme symbolique. Les Lions de l’Atlas, eux, continuent leur route. Et parfois, dans le football comme dans la vie, le silence du tableau d’affichage suffit à raconter toute l’histoire.