Mani : the star Maker

by La Rédaction

Lauréat du Conservatoire de Paris où il a obtenu la médaille d’or en 1992 devant les candidats de 250 écoles de danse, Mani a commencé une carrière de danseur professionnel en France, devient chorégraphe à Los Angeles, USA puis directeur artistique de célèbres chanteurs comme Ricky Martin, Phil Collins, Lady Gaga, Gipsy King, Julio Iglesias, Stevie Wonder, etc.

Sa première grande réussite est la célèbre comédie musicale “Charlie Chaplin” présentée au Palais des Congrès à Paris. Mani a également dirigé des spectacles pour grands couturiers comme Jean Paul Gaultier, John Galliano, Lancel et Philippe Plein.  

Originaire du Maroc, Nourreddine Dahmani, alias Mani, est né à Taounat, petit village près de la ville de Fès. La famille émigre en France où Mani grandit à Chenôve, près de Dijon. A 43 ans, il est actuellement directeur général et président de AAC (American Artists Company), un groupe de sociétés qui incluent toutes les activités liées à l’industrie de la musique. Basée à New York depuis 2000, cette compagnie installée également à Miami et Paris est spécialisée dans le management de célébrités du Show business et l’organisation de concerts et spectacles dans le monde entier.  

Mani est le manager d’artistes prestigieux dont la plupart sont des stars internationales : Rihanna, Bruno Mars, Drake NAS, Akon, Puff Daddy, Snoop Dogg, Usher, Pitbull, Farrell Williams, Will I Am, Chris Brown, 50 Cent, Busta Rhymes, Paris Hilton, Pamela Anderson, Lady Gaga, Sean Paul, Shaggy, Nicky Minaj, Mike Tyson, Pierce Brosman, Jamie Fox, DJ Bob Sinclar, Enrique Iglesias, Alicia Keys, The Killers, Lill Wayne, MIKA, Craig David ect ….

Il vit entre New York, Miami et Paris, où se trouvent ses bureaux, mais Il passe sa vie entre deux avions et il a fait au moins cinq fois le tour du monde sans oublier ses origines et ses traditions marocaines, auxquelles il est très attaché.

Depuis quelques années, Mani a commencé à produire des films aux États Unis et est depuis, référencé à Hollywood comme producteur exécutif. Hank est le dernier long métrage qu’il co- produit avec Jeffrey Reddick (Final destination), et la productrice Artisha Cooper, ayant comme vedette Luke Gross de la célèbre série «Stranger things».

J’avais finalement un rendez-vous avec ce manager de stars au Buddhabar hotel à Paris, à 13 heures. Pour l’avoir suivi via ses stories sur les réseaux sociaux, je savais qu’après Miami, New york et Ibiza, il serait à Paris vers la mi-septembre. Accompagnée de mon photographe et vidéaste, je découvre avec plaisir cette ambiance des années trente dans cette somptueuse bâtisse du XVIII ème siècle, à quelques pas de la rue Faubourg Saint Honoré. Le concierge de l’hôtel était prévenu de notre arrivée, mais il n’était pas seul. Un jeune anglais habillé «Casual» du nom de Nathan se présente à nous et m’apprend qu’il venait directement de Londres pour une réunion d’affaires avec Mani sur une histoire de « brands » autour des concerts. Nathan dirige le bureau de Mani à Londres qui entre autres, a fait la campagne de Pierce Brosnan, Monsieur James Bond sur une marque de thé. J’étais quand même dérangée, et me posais la question, comment avoir un maximum de temps avec Mani surtout que Nathan m’informe devoir traiter plein de sujets avec son patron et retourner par le TGV de 17 heures à Londres. Nous étions en train de préparer notre mise en place dans cette belle suite aux couleurs Rouge et doré, quand Mani arrive un grand sourire aux lèvres en me demandant si le lieu me convenait, précisant que c’est la suite où il a fait loger Paris Hilton lors de son dernier passage à Paris. Mani nous fait la bise, demande à Nathan comment va le business à Londres, défait lui-même sa valise, me demande quelle tenue je préfère pour l’interview, parle en vidéo avec ses enfants, me les montre pour que je les salue, commande un déjeuner pour tous au majordome debout inerte devant la porte…bref, il me donne le tournis, moi qui devais me concentrer sur mes questions. Mani est un hyper actif, mais tellement à l’aise et cool et d’une simplicité déconcertante. C’est clair, il est « Multitask » et capable de gérer 10 000 choses en même temps. Je l’invite à s’asseoir, on allume les lumières et je le vois déjà feuilleter VH magazine, heureux de lire un reportage sur SM le roi Mohammed VI, sur lequel il ne manque pas d’éloges, l’appelant notre cher Roi.

Qui est Mani ?

Je suis à la tête d’une compagnie qui s’appelle «American Artist Company» qui est une société de management, de Booking, d’édition et de production également. Et dans le catalogue d’artistes avec lesquels on collabore, il y a les plus grands comme Rihanna, 50 cent, Snoop dogg, Akon, Sean paul, Tyga, Usher, Paris Hilton. Je prends la relève pour le laisser souffler et j’enchaine : Bruno Mars, Drake, votre ami Puff Daddy, Pit Bull, Pharrell Williams, Will I Am, Chris Brown, Pamela Anderson, Lady Gaga, Nicki Minaj, Mike Tyson, Jamie Foxx, Bob Sinclar, Enrique Iglesias, Alicia Keys, Mika, Craig David …

Mais dites-moi, qui est Mani ?

Mani est un marocain, originaire d’un petit village pas loin de Fès, qui s’appelle Taounat, qui est très éloigné de la civilisation. Issu de l’immigration, dont les parents ont émigré en France pour échapper à la pauvreté à l’époque.

Quand vous étiez adolescent à Chenôve, cette petite banlieue de Dijon, aviez -vous en tête de devenir un jour à la tête d’une compagnie qui vous permettrait de côtoyer autant de célébrités et même, plus encore, être leur manager ?

Bizarrement oui, j’ai toujours cru en mon destin. C’est vrai qu’aujourd’hui c’est facile de le dire maintenant que j’ai accompli beaucoup de choses dans ma vie. Mais depuis tout petit, je ne sais pas pourquoi, j’avais une espèce de petite étoile dans ma tête qui me disait que tu vas réussir. C’est une question de temps. Il faut juste cette passion. Jacques Brel disait une phrase que j’adore : «le talent, c’est ce qu’on veut très très fort».

Si vous deviez vous décrire en trois mots ?

Détermination, ambition et la chose la plus importante je dirais, clairvoyant. 

Comment vous gérez votre temps, et surtout comment garder les pieds sur terre quand vous êtes dans ce prisme de gloire, jeune d’ailleurs ?

Parce que j’ai réussi à faire ce qu’on appelle la technique du tiroir. Le cerveau humain est fait ainsi. Si on veut à mon avis avoir un certain équilibre dans la vie, il faut savoir fermer un tiroir pour en ouvrir un autre. Quand je suis dans mon travail, je suis dans mon travail. Quand mon travail est fini je ferme le tiroir, pour ouvrir le tiroir familial. Je referme le tiroir pour avoir mon côté hobby. Je ne mélange rien. D’ailleurs, vous l’avez remarqué, vous ne verrez pas ma famille mélangée avec des artistes ou venir avec moi en tournée. J’ai compartimenté ma vie comme ça.

Est-ce que vous arrivez à vous imposer malgré des convergences des fois, car il paraît que les stars sont difficiles à gérer ?

En fait, les célébrités c’est comme des petits enfants. Il y a des limites à leur mettre. Il faut les laisser s’amuser mais il y a des moments où il faut s’arrêter de s’amuser et de travailler. Avec le temps, on apprend. Vous savez, le métier de manager c’est comme un sculpteur, un photographe, un designer, avec les années on apprend. Moi je dis je n’ai jamais échoué, j’ai appris. Toutes mes erreurs du passé me servent aujourd’hui. Avec les artistes, le problème c’est que quand on leur donne trop, ils estiment que c’est un acquis et ils n’apprécient pas qu’on leur dise non. Il faut savoir dire oui au bon moment et non au bon moment.

Ce sont des sommes importantes qui sont mises en jeu, et la carrière de l’artiste. Comment vous les choisissez ou acceptez de travailler avec l’un et pas avec l’autre

Ce sont des humains avant d’être des artistes, des stars. Dans les humains il y a des gens intéressants et d’autres moins. Il y a des gens talentueux et d’autres moins, mais ils peuvent être de très bons opportunistes. Parce que c’est une qualité d’être opportuniste dans ce milieu. Ils ont su construire une carrière sur leur opportunisme. C’est vrai que j’ai plus d’affinités avec certains qu’avec d’autres et donc je n’ai même pas l’impression de travailler. Quand on est en tournée ou en concert, j’ai l’impression d’être avec des amis sauf qu’on est payé et avec d’autres, on sent vraiment que c’est un travail. On se dit vite, que la prestation finisse.

Et vous est-il arrivé de refuser de travailler avec un artiste ou un autre ?

Énormément de fois. Il y a des artistes que j’ai appris à canaliser avec le temps. Et d’autres que je n’arrivais pas à comprendre au début, et je pense qu’avec l’âge on prend de la maturité, On devient plus un psychologue qu’un manager. 

Vous êtes quand même jeune par rapport à là où vous en êtes. 

Moi je pense que quand on est jeune on ne se pose pas toutes ces questions. C’est après qu’on se les pose, quand on a fait notre parcours. Mais quand on est jeune, on a l’impression que tout est possible. C’est ça qui est beau. Dans la jeunesse il y a une espèce de « No limit ». Moi, j’ai fait des choses à l’époque que je ne pourrais peut-être même pas imaginer aujourd’hui. Je ne parlais pas l’anglais, je n’avais vraiment pas de connaissance, j’étais sans le sou et on a monté des choses complètement folles. Mais tout ça, se construit avec le temps. Rome ne s’est pas faite en un jour. Il faut construire un réseau, mais c’est vrai que quand on est jeune on ne se pose pas trop de questions. On a une espèce d’instinct de survie qui est extraordinaire dans le sens où on se dit « mais on n’a rien à perdre puisqu’on n’a rien ». Après, avec les années on a un confort, on commence à construire beaucoup de choses, à installer un empire et c’est là qu’on se dit : « Ah, si ça ne marche pas, je vais perdre tout ce que j’ai acquis ». Mais quand on n’a rien, on ne peut que gagner. Ce n’est que du plus. 

Vous avez fait des études universitaires à la Sorbonne mais vous n’êtes pas allé jusqu’au bout. Est-ce que les études vous ont servi dans votre carrière ?

Je vais vous expliquer, j’ai toujours aimé les études depuis que je suis petit, je n’étais pas quelqu’un d’extrêmement doué, par contre j’étais très curieux. On a eu l’occasion d’en discuter ensemble. Moi j’aime les rencontres, et ce métier-là n’est fait que de rencontres. Arrivé à un moment de ma vie, j’avais deux opportunités, continuer dans l’artistique ou avancer dans les études. Je n’ai malheureusement pas le talent pour faire avocat, -d’ailleurs, c’était un de mes rêves- mais je me suis rendu compte que je n’étais pas dans le top five. Par contre dans l’artistique, je travaillais moins et j’avais plus de facilités. 

Vous confirmez donc que quand on réussit ce n’est pas automatiquement grâce aux études

Les études, c’est être beaucoup dans le jugement. C’est des notes. Quand on a un 13 sur 20 dans les études et un 20 sur 20 dans la danse, la question ne se pose même pas. Dans la danse, je ne faisais pratiquement pas d’efforts et j’étais excellent. J’étais arrivé à un moment où j’avais deux opportunités : continuer dans l’artistique ou avancer dans les études. 

On en vient à Mani et le cinéma. Vous êtes actuellement dans la production d’un nouveau film en fin de tournage qui verra le jour bientôt et qui est une superproduction américaine, un blockbuster 

Moi je suis un homme de challenge. Il y a quelques années, on m’a approché pour travailler dans le cinéma en tant que producteur exécutif. J’avais pris du temps, car c’est vrai que c’est compliqué. Je suis sur un business qui marche extrêmement bien, la musique, mais là, c’est un métier que je ne connais pas, mais qui a toujours été une passion. Je passe ma vie à regarder des films et j’adore ça. D’ailleurs, je suis souvent dans les avions et je ne fais que regarder des films. Un jour, on m’a approché il n’y a pas si longtemps que ça, et mon rêve s’est exaucé. Par des rencontres, pareil. On m’a proposé de faire la musique du film, ce qui est complètement mon corps de métier. On a vu que j’avais les compétences. C’est une excellente expérience que je n’oublierais jamais. Grâce à ça j’ai décroché deux autres projets qui arrivent, des longs métrages : un film en 2020 et un en 2021 avec Colin Farrell, Jamie fox, Michael K Williams.

Mais je dis toujours c’est mon hobby pour l’instant. ça va peut-être devenir une activité principale dans le futur. J’ai tourné un film qui s’appelle « The Hank » qui deviendra une franchise. C’est réalisé par Joe Davidson qui est celui qui a créé « Stranger Things » et qui a fait également « Final destination » avec Jeffrey Rey Dick ; on est quand même dans le poids lourd à Hollywood. Luke Goss qui est un acteur exceptionnel joue le premier rôle. Il a joué dans « Hit man » et « Helloboy ». Une énorme star et j’ai Anna qui a joué dans « G.I JOE ». Donc j’ai un très bon casting, et un super scénario. On finit le tournage au mois d’octobre. 

Vous continuez à élargir vos connaissances autour de l’industrie cinématographique, à savoir le Product Branding, la communication autour des marques. Déjà maintenant, l’évènement récent avec Philippe Plein. Toute cette campagne en Inde avec le rappeur Tinie Tempah ;
parlez-moi de ces nouvelles expériences

Nous, on a la chance dans notre métier de pouvoir voyager énormément, d’avoir un réseau comme je disais, mondial. Donc, on a des clients et des projets un peu partout dans le monde et je suis bien implanté en Inde. On travaille dans le cinéma de Bollywood. J’ai eu la chance de produire une publicité avec Pierce Brosnan, le fameux agent 007 James Bond et aussi de travailler avec Tinie Tempah en Inde et à New Delhi.

Ce sont des projets que vous pro-posez aux célébrités ou c’est eux qui viennent vers vous

C’est un peu les deux à la fois. On m’appelle pour consulting ; et des fois c’est moi qui produis, qui ai l’idée et donc je monte le projet de A jusqu’à Z. 

MANI “Fashion figure”

Mani, est un passionné de mode. Ici au Maroc, vous affectionnez particulièrement un ami, Federico Banzola, formé chez Francesco Smalto qui a habillé le Roi Hassan II, il vous fait des costumes sur mesure. Vous avez un style bien à vous ?

J’ai toujours été attiré par la mode depuis que je suis petit. Pour deux raisons : la première. Mon père a commencé sa carrière au Maroc en tant que tailleur artisan, ce n’est pas la définition du tailleur comme en France. On a toujours été bercé dans la couture depuis notre jeune âge. D’ailleurs, quand j’étais petit, il me faisait des costumes et des robes pour mes sœurs. Et puis, c’est vrai que les Marocains ont toujours aimé la mode. C’est quelque chose qui est impressionnant parce que les gens préfèrent bien s’habiller que bien manger. C’est fou, mais c’est le Maroc. Vous le savez, Feu Sa Majesté Hassan II était quelqu’un d’extrêmement élégant, c’était le premier Chef d’État en Afrique dont on disait d’ailleurs qu’il était le mieux habillé. Ça c’est une chose, et deuxièmement la musique et la mode sont complètement mélangées, l’apparence et le style vont ensemble. Concernant mon style, je m’habille selon mon humeur du jour: un jour, je vais me mettre en costume trois-pièces cravate, un jour en Street chic, des fois, On de Ground.

Est-ce que c’est pour ça que mis à part la musique, vous avez mis en scène les shows de Jean Paul Gaultier, Galliano,… ?

Absolument, Philippe Plein aujourd’hui. En fait, j’étais un des premiers et ça c’est ma plus grande fierté aujourd’hui de mélanger musique et mode. J’ai fait Jean-Paul Gaultier, John Galliano dont j’étais même le coach particulier. Je le préparais pour le défilé, c’est moi qui faisais la direction artistique. J’ai travaillé avec Lancel, Louis Vuitton, Givenchy et aujourd’hui je travaille beaucoup avec Philippe Plein. Parce que c’est le designer -on va dire In- en ce moment. D’ailleurs, à la fashion week de Milan, c’était une énorme réussite où j’ai booké Tyga, Lil Kim et toute la mise en scène était au top niveau. 

Si je comprends bien, vous utilisez cette clairvoyance dont vous avez parlé au début pour assurer cette affinité et pouvoir mélanger ces différents secteurs artistiques ?

Je pense qu’aujourd’hui, les barrières sont tombées : un acteur peut être aussi une image pour une marque par exemple, et un chanteur peut jouer dans un film. Un designer peut défiler dans un concert live. C’est ça qui est génial. C’est qu’aujourd’hui, on va regarder le résultat. A l’époque, moi je me souviens depuis 25 ans que je suis dans ce métier, que la mode c’est la mode, la musique c’est la musique. Et aujourd’hui, tout est mélangé : Rihanna, fait des films et en même temps elle va chanter et être l’égérie pour Dior. Donc, ça veut bien dire qu’on peut tout faire.

Mani apporte l’arc en ciel au Maroc

Maintenant que vous conn-aissez autant de célébrités, est-ce que vous n’avez jamais pensé à une chanson telle que «We are the world» qui regrouperait autant de talents entre rappeurs par exemple pour une cause, tel que l’environnement. Parce dans les coulisses, en préparation de cette interview, j’ai cru entendre projet, environnement

C’est une excellente idée d’ailleurs que vous venez de me souffler. En fait, j’ai un énorme projet qui s’appelle « Rainbows » qui va se faire à Paris pour le climat en septembre 2020. Un concert monumental, à la tour Eiffel devant 600 000 personnes en présence du Président français, Emmanuel Macron et on va faire la même chose que « live Earth » qui a été fait à l’époque. Donc, un concert en même temps à Londres, à New York et en Afrique. Je le ferais aussi au Maroc.

C’est une exclusivité VH ?

Ah, complètement. On va faire un concert en streaming live de 7 heures où on va inviter Al Gore, entre autres, car ça ne serait pas uniquement un concert, c’est un évènement pour que les gens se rendent compte qu’il y a un vrai problème de climat et que si on continue comme ça, on n’est pas sûr que nos enfants auront la même qualité de vie que nous. Il y a une vraie urgence aujourd’hui. On a vu encore ce qui s’est passé aux Bahamas, c’est incroyable. Je pense que, avec ma petite pierre à l’édifice, en faisant ce concert dont le projet est très avancé, on pourrait faire une chanson avec l’idée que vous m’avez soufflée, car on a de très grands artistes internationaux qui sont déjà engagés sur ce grand concert, qui sera en simultané dans les quatre capitales. Pour l’Afrique ce sera le Maroc. Il y aura des documentaires qui expliquent le social, le climat, il n’y aura pas que de l’écologie, mais aussi la sensibilisation pour la faim, la malnutrition, et beaucoup de choses.

Est-ce que vous avez des projets de concerts au Maroc à l’instar du grand festival de Mawazine ?

Ce fameux climat concert. Le Maroc a une position très stratégique en Afrique. Il a eu la Cop 22, a été l’un des premiers pays à utiliser les panneaux solaires. C’est impressionnant ce qui se passe au Maroc. Sa Majesté le Roi a compris qu’il y a des enjeux mondiaux et même en termes d’économie, il y a l’économie verte qui est intéressante, surtout que nous avons la chance d’avoir du soleil presque toute l’année, qu’on est le premier pays précurseur dans ce domaine. Ce n’est pas parce que je suis marocain, c’est parce que je pense que le Maroc mérite ce concert plus qu’un autre pays. Il y aura trois chanteurs, puis un documentaire très court, puis trois chanteurs et un discours très court, toujours avec l’intervention de l’un de nos parrains. Ce n’est pas qu’un concert, c’est aussi le moyen pour que les gens repartent non seulement avec des images d’artistes, mais également avec un message de comportement. Les concerts seraient totalement gratuits, sans aucun intérêt financier. Par contre, chaque personne devrait faire une action. Nous avons développé une application qui s’appelle « Rainbows app » à laquelle toute personne peut s’inscrire et qui regroupera plusieurs ONG mondiales. On a signé avec 120 associations déjà, la Croix rouge et bien d’autres. Je suis actionnaire dans cette société et c’est toujours du « non profit », complétement gratuit. L’avantage, c’est que, au lieu d’aller chercher le site de la Croix rouge ou la faim dans le monde, par exemple, tout est sur l’application, on peut faire un don directement, il n’y a aucun intermédiaire. Et ça, je le fais avec tout mon amour. Donc pour aller voir cette star au concert, il faut que les gens fassent une action, comme nettoyer une plage par exemple, et cette action leur donnera une place au concert gratuitement.

Mani, le marocain

Mani n’a jamais oublié le Maroc. Il y vient souvent pour des séjours en famille, mais aussi pour s’enquérir des nouveautés artistiques. Il a plein de projets dans la musique, mais il vient aussi parrainer des œuvres sociales, notamment les bébés souffrant de malformations cardiaques ayant besoin de se faire opérer en partenariat avec l’association «Les bonnes œuvres du cœur». 

« J’ai beaucoup d’autres projets au Maroc. Je n’ai pas que ce concert Rainbows. Je veux vous dire une chose : moi j’ai beaucoup reçu dans ma vie, énormément. Toute ma vie, j’ai eu une bonne étoile grâce à Dieu, Hamdoulilah comme on dit chez nous. J’ai la chance de pouvoir faire des choses incroyables. Mais quand on reçoit beaucoup, il faut aussi donner. Donc aujourd’hui, je n’ai plus d’ambitions financières au Maroc. 

Aujourd’hui, j’ai envie de rendre ce qu’on m’a donné. 

On est en train de monter un autre projet « B Magnitude » qui est un label de management qui ne va développer que des artistes marocains mais, cette fois-ci, à l’étranger. C’est-à-dire que, je veux tomber sur la pépite au Maroc et je lance un appel public: je veux lancer des artistes marocains à l’étranger. Nous, on a la chance d’avoir Sony musique et Universal avec lesquels on collabore, en plus on travaille avec des gros labels aux États-Unis et en Angleterre, en France également. Donc bien sûr, je veux trouver des artistes et les faire exploser à l’international.

Justement, plusieurs artistes marocains, ont excellé dans cette création de la Pop purement marocaine. Si vous l’avez fait pour les célébrités à l’étranger vous êtes donc prêt à le faire pour des artistes locaux 

Absolument, il faut juste que le single soit bien formaté et qu’il marche bien. Un single suffit, et après je pense que c’est le rôle du management. 

Donc la nouvelle pop marocaine a des chances d’être reconnue mondialement 

Et ça serait ma plus grande fierté de le faire pour un Marocain. 

Conseils du Manager aux artistes marocains

Qu’est-ce que vous voudriez transmettre à la jeunesse marocaine qui veut percer dans ce domaine, un conseil ?

Alors je vais donner le côté positif et le côté négatif. Côté positif des Marocains, c’est qu’ils sont très créatifs. Ils ont énormément de talent. Pas tous, mais de ce que j’entends, je suis impressionné. Le côté négatif, c’est que l’artiste Marocain se plaint tout le temps et ça, c’est un grand frein pour le succès. La réussite, c’est de ne pas se plaindre. C’est de croire en son étoile comme je vous disais. Dès que j’ai une discussion avec les artistes marocains, ils disent « Mani, au Maroc on n’a pas beaucoup de radios, on n’a pas beaucoup de concerts etc… ». Se plaindre c’est déjà le début de l’échec pour moi. Alors que ça devrait être le contraire, si on parle de toi c’est qu’il y a des médias, des magazines, des télés. Ils disent ; « … Oui, mais il n’y a pas beaucoup de concerts, Il n’y ’a pas beaucoup de débouchés ». En fait, je crois que le Marocain a un complexe : c’est de se dire que c’est toujours mieux ailleurs. Alors que ce n’est pas vrai du tout. Malheureusement c’est le cas dans plusieurs autres pays, mais le Marocain particulièrement se plaint beaucoup. Alors que notre pays est très bien loti. Il suffit de regarder juste à droite et à gauche de la géographie, pour se rendre compte qu’il n’y a rien.

Un pays qui organise le festival Mawazine, où beaucoup de Marocains ont pu se produire devant un grand public 

On leur donne la chance de se produire devant une scène de 50 000 spectateurs. Il n’y a pas un autre pays où il y a cette opportunité. Il faut qu’ils se rendent compte aussi qu’aujourd’hui, il existe quelque chose qu’on appelle les réseaux sociaux. C’est-à-dire, qu’ils ont la chance de s’exprimer gratuitement. A l’époque, il fallait avoir une signature dans une majeure compagnie voire, un Label. Aujourd’hui, ils peuvent poster leur vidéo sur YouTube, sur iCloud, sur Spotify et ça leur permet d’ouvrir des portes à l’international, ce qu’on n’avait pas nous. 

Et ce n’est pas un problème de langue ?

Non absolument pas. Un tube, c’est un tube. Je vous donne un exemple très concret : Tarkan, avec sa chanson du «Bisou », a fait le tour de la planète, classée dans le Billboard aux Etats-Unis, alors que c’est en turc. Psy avec «Gangam style » en coréen, a été diffusé dans le monde entier. Moi je donne toujours ces exemples. Si on arrive à faire un Hit, l’arabe c’est très joli à chanter en plus. D’ailleurs, si on va dans toutes les grandes réceptions et les grandes soirées il y’a toujours un titre en arabe. La langue est rentrée dans le commun. C’est ce qu’on disait, c’est des fausses excuses. Il faut juste faire des hits. Cheb Khaled est connu dans le monde entier, Saad Lamjarred, ses chansons ont dépassé les frontières parce qu’il a réussi à faire des très belles mélodies, il a fait ce qu’on appelle des gimmicks qui rentrent dans la tête.

Avez-vous déjà managé ou organisé des concerts pour les chanteurs arabes?

Oui, j’ai bossé avec des chanteurs arabes : Haifae Wahbe, Amr Diab, Dianna Haddad. En fait, l’occasion ne s’est pas présenté beaucoup plus souvent. Quand on vit aux États-Unis et en France, malheureusement ce n’est pas les premiers artistes avec lesquels j’ai des contacts, mais rien n’est fermé. 

Donc vous êtes accessible ?

Moi j’aime les talents. Si un talent me fait vibrer, je vais tout le temps pousser la personne, c’est mon Leitmotiv. Je n’ai aucune limite et je ne ferme jamais les portes à personne. ça c’est ma force, je considère tout le monde parce qu’il m’est arrivé dans mon parcours de voir avec mes petits yeux des artistes qui n’étaient pas du tout considérés et qui sont devenus des stars mondiales en même pas six mois.

Mani, l’homme

J’accompagne tous les matins ma fille à l’école, les mercredi et week ends sont pour ma famille d’abord.

Mani l’époux, le papa, Mani le fils ?

Je peux paraitre très excentrique dans ma vie professionnelle et dans ma vie d’artiste et de manager. En revanche, dans ma vie de famille je suis quelqu’un de très posé. Je suis quelqu’un de très simple. J’aime les plaisirs simples. Avec mon épouse c’est souvent des séances de cinéma, des promenades, on aime beaucoup l’art donc on va visiter des expositions, je suis fan de Pop’art, que j’adore et je collectionne. Avec mes filles, je suis un papa gâteau. Je suis amoureux de mes filles, c’est les seules qui peuvent me faire faire ce qu’elles veulent et ma mère, c’est ma vie. Vous savez quelle est la relation qu’on a avec une mère marocaine : unique au monde. Ma mère si je ne l’ai pas au téléphone tous les jours, quelque chose ne va pas. C’est elle qui m’a toujours soutenu. C’était ma première fan. Dans les familles marocaines traditionnelles, c’était compliqué l’art, mais ma mère m’a toujours défendu comment elle pouvait. Parce qu’au départ, mon père voulait que je fasse des études. C’est normal dans sa tête. Lui, il n’en a pas fait, donc il pensait que si je faisais des études j’allais avoir une ascension professionnelle plus intéressante et ma mère a toujours dit à mon père : « …non, c’est très bien ce qu’il fait… » Elle avait cette sensibilité artistique je crois.

Dans votre parcours est-ce qu’il y a des choses que vous avez regrettées, des projets que vous avez ratés ?

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