Festival National des Arts Populaires : Marrakech danse avec son histoire

by La Rédaction
Ensemble Gnaoua sur la scène du Palais Badiâ lors de la 55e édition du Festival National des Arts Populaires de Marrakech

Pendant cinq jours, Marrakech a retrouvé le souffle de ses traditions. Malgré une chaleur écrasante, la 55e édition du Festival National des Arts Populaires (FNAP) a transformé la ville en une grande scène à ciel ouvert où chants, danses et musiques ancestrales ont célébré toute la richesse du patrimoine marocain. Un festival fidèle à son thème : « Les Arts Populaires, trésors d’hier et d’aujourd’hui ».

Une ville entière en mouvement

Il est des événements qui dépassent le simple spectacle pour devenir une émotion collective. Le Festival National des Arts Populaires fait partie de ceux-là.

   

Dès le jeudi, tout a commencé par cette grande parade que les Marrakchis attendent chaque année avec la même impatience. Des centaines d’artistes, venus des quatre coins du Royaume, ont traversé l’avenue Mohammed V dans un immense cortège coloré. Les touristes découvraient, fascinés, une culture en mouvement. Le défilé a permis d’exprimer une joie sincère partagée entre les artistes, les organisateurs et une ville fière de son patrimoine et de celui des autres régions.

La grande parade d’ouverture a traversé l’avenue Mohammed V dans un cortège coloré.

Le Palais Badiâ comme écrin

Le cortège s’est achevé dans l’un des plus beaux décors que puisse offrir Marrakech : le Palais Badiâ. Chaque soir, ses murailles séculaires se sont illuminées sous les projecteurs, offrant un écrin spectaculaire aux plus grandes traditions musicales et chorégraphiques du Maroc. Dans cette enceinte chargée d’histoire, les rythmes semblaient dialoguer avec les pierres.

Pendant cinq jours, les troupes traditionnelles ont livré des prestations remarquables. Ahidous du Moyen Atlas, Ahwach du Sud, Reggada de l’Oriental, Gnaoua, Dakka Marrakchia, Guedra du Sud, Abidat Rma, Taskiouine, Hssada, Rokba ou encore les chants hassanis… chaque région est venue raconter son identité, ses gestes, ses costumes, ses percussions et sa mémoire. Une formidable démonstration de la diversité culturelle marocaine, portée par plus de soixante-dix ensembles folkloriques.

Sous les projecteurs du Palais Badiâ, les troupes ont fait dialoguer les rythmes avec les pierres.

Toute la ville au rythme du festival

Le festival ne se limitait pas au Palais Badiâ. Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, les spectacles gratuits ont créé chaque soir une atmosphère populaire et familiale où habitants et visiteurs se retrouvaient naturellement. À la Médersa Ben Youssef, les soirées plus intimistes invitaient à une autre forme de contemplation. Dans ce chef-d’œuvre de l’architecture mérinide, la rencontre entre les voix, les instruments traditionnels et les décors sculptés prenait une dimension presque spirituelle.

Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, les spectacles gratuits ont réuni habitants et visiteurs.

Un patrimoine bien vivant

Le thème choisi cette année, « Les Arts Populaires, trésors d’hier et d’aujourd’hui », résumait parfaitement l’esprit de cette édition. Le patrimoine marocain dansé et chanté n’est pas figé dans un musée. Il vit, se transmet, évolue et dialogue avec son époque. Les jeunes générations s’approprient ces traditions avec la même fierté que leurs aînés, prouvant que l’héritage culturel marocain demeure une formidable source de création.

Les jeunes générations s’approprient les traditions avec la même fierté que leurs aînés.

Quand tout un pays retient son souffle

Le festival a également offert un moment révélateur de l’incroyable passion qui anime aujourd’hui le Maroc. Le samedi 4 juillet, les spectacles se sont naturellement interrompus le temps du match de Coupe du monde opposant le Maroc au Canada. Les places, les cafés et les écrans géants ont vibré à l’unisson. Puis, une fois le coup de sifflet final donné, Marrakech a retrouvé son rythme de fête. Les tambours ont repris, les danseurs sont revenus sur scène et la célébration populaire s’est poursuivie jusque tard dans la nuit, comme si le football et les arts populaires racontaient finalement une même histoire : celle d’un peuple uni par ses émotions.

Des voix pour faire vivre la tradition

Parmi les grands moments de cette 55e édition, le concert de Nabyla Maan au Palais Bahia restera longtemps dans les mémoires. Dans ce cadre historique d’une rare élégance, l’artiste a proposé une prestation d’une grande finesse, mêlant les sonorités du patrimoine marocain à des arrangements contemporains. Une performance qui illustre parfaitement cette capacité à faire dialoguer authenticité et modernité sans jamais trahir l’esprit des œuvres.

Le rideau est tombé lundi soir au Palais Badiâ avec une ultime soirée particulièrement festive. Dans le cadre de la séquence « Nuit des stars », Zina Daoudia a offert un concert généreux devant un public venu en très grand nombre, concluant cette édition sur une note de partage et d’enthousiasme.

La danse de la Guedra, l’une des traditions du Sud à l’honneur cette année.

Le rendez-vous de toutes les générations

Organisée par l’Association Le Grand Atlas, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, cette 55e édition du Festival National des Arts Populaires a une nouvelle fois démontré que Marrakech demeure l’une des grandes capitales culturelles du Royaume. Au-delà des spectacles, elle a rappelé que les arts populaires constituent un patrimoine vivant, capable de rassembler toutes les générations autour d’une même fierté.

À l’heure où les dernières notes se sont éteintes dans les murailles du Palais Badiâ, une certitude s’imposait : pendant quelques jours, Marrakech a offert au monde un visage profondément marocain, fait de transmission, de générosité et d’une joie de vivre qui ne demande qu’à être partagée.

Le FNAP 2025 en images

   

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