Don Bigg : By any means necessary

by Abdelhak Najib

Le droit mène à tout, même au rap. Cela, Hazeb Taoufik, a.k.a Don Bigg le confirme lui qui après des études de droit privé a choisi comme prétoire pour ses plaidoiries celles de la nouvelle scène musicale qui a émergé dans les années 2000. Et si le pays a assurément perdu un brillant procureur en devenir, il en a pour autant gagné au change tant celui qui sort aujourd’hui son troisième opus, Talet, est devenu au fil des albums l’une des valeurs les plus sûres de la musique urbaine contemporaine. Rencontre avec le Parrain du Hip Hop marocain. Omar Mrani

Vous avez accédé à la notoriété en 2006 avec votre premier album, Mgharba t’al l’moute. Une œuvre par laquelle vous revendiquiez la reconnaissance par la société marocaine du mouvement rap comme une expression culturelle et artistique bien de chez nous. Près de dix ans après,  pensez-vous que les choses ont évolué en la matière ?
Il faut savoir que Mgharba t’al moute représentait en soi l’aboutissement d’un long parcours personnel puisque je n’ai pu sortir ce premier album solo qu’après huit années de « Hustlin » comme disent les américains (N.D.L. R: «galères »). C’est ainsi que je suis passé par différentes expériences avec de nombreux groupes. J’ai été tour à tour Mc dans des soirées, Dj dans d’autres, animateur de petits festivals et puis enfin, rappeur solo. Du coup, je sentais déjà une grosse différence entre mes débuts en 1997 et la sortie du premier album en 2006.
Et  bien entendu  10 ans après la sortie de l’album, l’évolution de la scène musicale marocaine est tangible. Cependant, nous sommes encore loin du show business et de l’infrastructure américaine.
La liberté d’expression a aussi connu une évolution certaine puisque, à nos débuts, personne ne pouvait critiquer ni politiques ni gouvernement ou autres institutions marocaines, donc je pense que si nous avions à nous comparer aux autres pays du Grand Maghreb et /ou Moyen Orient de l’époque, nous avons été précurseurs en la matière. Notre printemps arabe, nous l’avons fait il y a plusieurs années de cela.
 
Sur un point de vue personnel, vous, Taoufik Hazeb, fils des Roches Noires né au Hay Mohammadi, titulaire d’une licence de droit, quel avenir pensez-vous avoir eu si vous n’aviez pas fait du rap ?
J’ai toujours eu le modeste rêve de devenir juge (Rires). Je m’y suis même préparé psychiquement. Malheureusement ou heureusement (je ne sais pas encore), le destin en a voulu autrement.

La musique a-t-elle été votre planche de salut ?
Non, pas du tout. J’ai toujours été un assez bon élève durant ma scolarité. Il y a eu, certes, quelques petits écarts mineurs mais les études passaient en premier et ma passion pour la musique était, l’on va dire, une activité para-scolaire. Par la suite, cette dernière est devenue plus un choix qu’une issue de secours.Par contre, ce que je peux dire, c’est que la Faculté a été LA planche de salut par excellence. Ceci, parce que je voulais absolument faire une école des beaux-arts privée mais, sachant que mes parents n’avaient pas les moyens, je me suis vu intégrer par la force du destin la faculté Hassan II. Pour l’anecdote, j’ai choisi la section droit privé alors qu’à la base j’étais scientifique et cela, parce que je trouvais que c’était plus classe comme filière. C’est par la suite que, en suivant les cours du professeur et ex-ministre de la justice, Abderahmane Amalou, j’ai pris goût à cette discipline. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à vouloir mener une carrière de juriste.

Baraka men al khouf est l’un de vos premiers titres. Vous l’avez toujours, ce sentiment de hogra?
Oui, il est permanent dans notre cher pays, je le vois chaque jour. Certes de moins en moins à mon égard- (je ne sais pas si c’est parce que je suis connu ou parce que je suis grande gueule) -mais je vois cela dans la vie de tous les jours, que ça soit dans un cadre administratif, institutionnel ou même privé.
La nouvelle vague qui commence à émerger est  celle de personnes qui connaissent de plus en plus  leurs droits et ne veulent plus être traitées comme des moins que rien. Le revers de la médaille c’est qu’une partie de ce même genre de personnes, tout en réclamant leurs droits, oublient leurs obligations et piétinent les droits des autres au nom de la démocratie …

Nous avons un peu trop vite comparé le mouvement Nayda des années 2000 à la Movida espagnole.
Pour autant, peut-on considérer que ce mouvement a permis de désamorcer  une vague de  mécontentement qui ailleurs c’est traduite par ce que l’on a appelé « le printemps arabe » ?
Le mouvement Nayda, je n’y ai jamais vraiment adhéré, j’ai toujours trouvé que  c’était un cliché qui ne correspondait pas à ce qui se passait au Maroc à l’époque. Nous étions loin de la Movida contre Franco et du contexte historique espagnol. Cependant, l’explosion musicale dans les années 2000 a permis de créer des centres d’attention et des icônes pour des jeunes en mal de représentativité. Et cela a permis à plusieurs personnes de ne plus se limiter à rêver de choses mais de se fixer des objectifs et avoir des modèles de réussite Made in Morocco. Donc oui je pense sincèrement que le rap et l’expression artistique de manière générale ont permis à notre pays de se libérer de plusieurs facteurs qui pouvaient devenir des éléments amorceurs de pseudo-révolutions lors du printemps arabe.

Hazeb Taoufik, Hay Mohammadi,rap

Nous avons connu Bigg L’khasser, puis Don Bigg, aujourd’hui avec, ‘TJR’, votre titre hommage à votre fils, est ce que  c’est la facette d’un Bigg plus assagi, un Bigg bon père de famille que vous nous présentez? 
Avant tout ‘TJR’ représente plus qu’un titre pour moi, c’est un sentiment. Comme LIK, (extrait de mon précèdent album, byad ou k7al, est dédié à ma défunte mère), c’est une chanson de Hazeb Taoufik et non de Don Bigg. Lkhasser par contre, est un surnom que certains ignares et/ou hypocrites m’ont collé et que je reprenais par ironie parce que je ne me suis jamais considéré comme étant vulgaire mais comme un artiste qui ne faisait pas de compromis lorsqu’il s’agit de nommer les choses de leurs vrais noms. Il y’a toujours eu des titres aussi soft que hardcore dans mes albums ; ceci dit je ne nie pas que la maturité vient avec l’expérience de la vie et donc que Talet sera plus mature que Byad ou k7al ; tout comme ce dernier l’était par rapport à Mgharba tal moute .
En ce qui concerne le Bigg bon père de famille, je confirme car c’est tout du moins la manière dont j’agis vis-à-vis de mon fils en tentant de lui inculquer des valeurs que mon père a su, non sans difficultés, m’apprendre.

Que représente pour vous le Wissam Royal dont vous avez été décoré ?
Un honneur avant tout et une très grande responsabilité. Mais plus important : il représente une reconnaissance pour tout un mouvement car il ne faut pas être naïf et penser que le Wissam se limite à ma modeste personne, c’est tout un concept. Nous sommes quand même en train de parler de Rap marocain, un mouvement considéré jusqu’à aujourd’hui comme une sous-culture dans plusieurs pays ( « Wa ma adraka fi lmaghrib ») ! Pour clore le sujet, je pense que tout rappeur confirmé ou en herbe doit être fier d’avoir la plus grande autorité de son pays qui s’intéresse d’aussi près à une culture trop souvent marginalisée et souillée par tous les sobriquets avec lesquels on l’a affublée.

Parlez-nous plus amplement de “Talet”, votre nouvel album?
C’est un album plein d’émotions, de sujets qui touchent au Maroc profond. Il n’y a pas un seul mot dit vulgaire mais des sujets qui font mal et des mots qui le font encore plus. C’est un album qui traite de choses très dures, mais avec une touche d’espoir.

Cette touche d’espoir, où réside-t-elle selon vous ?
Dans la vie, le but c’est d’être ambitieux, et de s’en donner les moyens. Le reste suit.
Sur la pochette de l’album, Talet, il y a un piano à queue. Pourquoi le choix de cet instrument ?
Contrairement à ce que l’on peut penser, il ne s’agit justement pas d’un piano à queue que l’on voit sur la pochette de l’album. En effet, c’est une œuvre d’art que l’on a fait spécialement fabriquer pour apparaître sur la pochette de Talet et qui est une réplique exacte d’un Ritmuller avec tous les éléments constitutifs de ce type de piano. Mais en fait, lorsque tu ouvres le clapet pour jouer les notes de musique de ce « piano », tu ne trouves pas de touches. C’est ainsi que nous avons voulu donner une métaphore de ce qu’est la culture au Maroc aujourd’hui « grosso merdo » et spécialement la musique et le domaine musical. Cela, dans le sens où l’on a l’impression de bénéficier de tout : de l’image, du star-system vu de l’extérieur, du strass et des paillettes mais en fait quand tu rentres dedans, soit tu ne trouves pas les moyens pour faire de la musique soit tu ne trouves pas les conditions qui te permettent de le faire et cela est un gros problème sur lequel je veux mettre l’accent.
C’est la raison d’ailleurs pour laquelle je sors mon album gratuitement au lieu de le sortir comme je l’ai fait pour le précèdent,Biad ou Khal, avec une soirée de lancement et un CD qui coûtait cinquante dirhams sur le marché et qui, exceptionnellement, coûtait 30 dirhams à Derb Ghallef en bootleg. Ainsi avec ce vrai-faux piano, je veux tirer la sonnette d’alarme et dire : voilà cela ne sert à rien de produire et de sortir de manière légale le fruit de notre travail car tout simplement, cela n’aboutit pas. Nous n’avons pas d’infrastructures, nous n’avons pas de points de vente, nous n’avons rien et le gouvernement ne fait rien pour arranger les choses. Certes,  nous comptons sortir des albums collectors qui vont être disponibles  chez Virgin, à la Fnac et chez d’autres retailers mais ce n’est pas avec cela que l’on va vivre de notre métier.

Votre passage lors de l’émission de 2M, Mais encore, animée par Hamid Berrada a-t-il permis de changer la perception qu’une partie de la population, notamment la bourgeoisie, pouvait avoir de toi  et du rap en général?
Mon passage chez Hamid Berrada sur 2M a permis au plus simple d’esprit de penser : « Ah bon, il sait parler français ! »
Au plus intelligent de vouloir chercher davantage dans mes textes à comprendre le sens de mes phrases et à ne plus s’arrêter sur un mot qu’une personne trouvera vulgaire en l’écoutant seule chez elle mais qui l’appréciera si elle l’écoute entre amis. Aussi et surtout, cette interview a été l’occasion pour moi de mettre les choses au clair quant à un certain cliché qui veut que le rap au Maroc, ce n’est qu’une bouée de sauvetage pour ceux qui n’ont pas pu ou voulu faire d’études.

Vous êtes un perfectionniste et cela vous a parfois coûté beaucoup d’argent, notamment pour la production de vos clips. Comment parvenez-vous à équilibrer les comptes ?
Je ne les équilibre malheureusement pas, dans mon âme je suis plus artiste que comptable, mais je crois qu’à force de persévérer on y arrivera. Quinze ans en arrière, on m’aurait dit que j’allais vivre de mon art je ne l’aurais jamais cru possible. Comme le chantait le rappeur Notorious B.I.G : « It was all a dream. »
J’aime à penser que cela ne pourra aller que pour le mieux.

Justement, la deuxième lettre G de votre nom de scène, Don Bigg, c’est une manière de rendre hommage à ce rappeur américain, Notorious B.I.G,  ou plutôt de signifier par-là que vous êtes encore plus énorme que lui ?
C’est plutôt ma manière de dire «Let’s think Bigger than Big ». Mes rêves sont très ambitieux et mes objectifs le sont plus encore. Et ce qui pimente le challenge c’est que tout cela se passe dans un pays aussi Hardcore, si je puis me permettre le terme, que le Maroc. « Masochiste » me direz-vous ? Peut-être mais pas dans le sens sexuel du terme (Rires).

Il y a un côté prêcheur dans votre approche et dans vos textes.  Certains vous taxent de faire du rap moralisateur  voire, du rap réactionnaire. Que leur répondez-vous ?
Je leur réponds que, soit ils ont jugé mon rap avant de l’écouter soit, ils ne comprennent pas bien notre chère Darija. Je suis très loin de l’artiste donneur de leçons, je ne me suis jamais improvisé professeur mais plutôt narrateur d’une histoire qui est mienne ou celle des miens, et que je n’ai nullement la prétention de représenter. Certes je ne peux nier le fait que je puisse avoir une certaine influence sur les jeunes non avertis mais je ne peux me considérer comme un « Role Model» à suivre. Chacun de nous a ses moments de faiblesse et ses écarts de conduite, le jour où je demanderais à devenir un élu, à ce moment-là on pourra me juger et me demander des comptes.
Quel est votre avis par rapport à l’évolution que vit aujourd’hui le monde arabe : Daech et ces prédicateurs qui affirment que la terre ne tourne pas autour du soleil ?
Je pense que c’est le soleil du Sahara qui leur a fait tourner la tête sur terre (Rires). Pour ne pas rentrer dans des théories conspirationnistes consistant à savoir qui est Daech et d’où vient ce phénomène , je préfère penser que le mal interne consiste dans le fait que l’on ne donne pas à nos jeunes- (recrues potentielles pour de tels courants extrémistes)- assez de liberté et d’espace pour libérer leurs pensées négatives, et que Daech ou autre n’est qu’un aimant de jeunes en désarroi. Celui-ci profite du mal-être de ces derniers pour les manipuler et donner un pseudo sens à leur vie. Le Maroc a toujours été et est toujours un pays de confession musulmane, pourquoi n’avons-nous pas eu notre Daech à nous depuis l’indépendance ? C’est bien pour une raison. Il faut savoir cerner d’où vient le problème et non pas essayer de guérir un cancer avec de la bétadine. Cela relève de la bêtise.

Que  pensez-vous de la culture du Clash dans le milieu du Hip Hop (Booba vs Lafouine, NTM vs IAM, vous vs Muslim) ?
Le Clash a toujours fait partie du Rap game. Il n’y a pas de problèmes à cela du moment que cela reste dans un cadre artistique et que ça ne dépasse pas certaines limites. S’agissant de ceux qui veulent se concentrer sur l’art véritable -comme celui que je fais- ces derniers ne prêtent pas trop d’attention à ces jeux. Laissons la place aux jeunes pour cela.

Une autre caractéristique du rap c’est l’égo-trip. Les rappeurs sont-ils des gros mythos ?
En ce qui me concerne, je ne pense pas que cela soit véritablement le cas. Mais il est vrai qu’il n’y en a pas mal qui se créent un personnage et qui, à force de l’incarner commencent à prendre cela au sérieux. Il faut toujours garder la tête sur les épaules. Ceci-dit, un bon couplet d’égo-trip de temps en temps ça ne fait pas de mal et cela te permet de prendre du plaisir là où des fois il n’y en a plus.

Maintenant que vous produisez votre propre écurie de jeunes rappeurs via votre label, DBF,  vous considérez-vous désormais  comme Old School ?
Oui, je me sens vieux (Rires) ! L’on va dire que je me sens plus responsable qu’Old school. Je veux, certes, apporter une touche artistique aux plus jeunes mais aussi donner la chance à ceux qui le méritent de pouvoir avoir la leur. Et je n’arrive pas à concevoir qu’une telle chose ne puisse être possible faute de moyens. C’est la raison pour laquelle j’ai mis en place la plateforme Don Bigg Factory qui dispose notamment d’un studio tout ce qu’il y a de plus correcte et respectant les standards internationaux. Ainsi, ces jeunes pourront développer leur talent en toute liberté et seront pris en charge par quelqu’un qui saura les diriger et comprendre leurs attentes. Mais encore faudrait-il que les annonceurs et bailleurs de fonds suivent. Comment une seule personne peut-elle prendre en charge une aussi grande responsabilité toute seule ? Aussi bonne soit sa volonté, la patience a une certaine limite.

 Présentez-nous plus en détails les activités de DBF ?
DBF (Don Bigg Factory) est avant tout un lieu de création où se réunissent pour créer plusieurs genres d’artistes, amateurs et professionnels. C’est aussi une plateforme avec un studio professionnel des plus pointus. Notre usine se veut être un Hub qui mène vers toutes les disciplines artistiques et qui joue le rôle d’interface entre la production (national et international) et les artistes. Nous travaillons essentiellement avec des productions internationales sur les musiques de films ainsi que sur des productions musicales originales en tous genres. Nous collaborons également avec des structures comme Maroc Culture en faveur des jeunes lauréats dans leurs compétitions annuelles.
Nous produisons également les  habillages de spots publicitaires en quête d’une forte plus-value artistique. La dernière collaboration en date a été avec Ving Rhames et l’équipe de Mission impossible 5. Dans un autre registre, nous avons plusieurs vidéo-clips à notre actif dont les miens bien sûr, mais aussi ceux d’autres artistes. Nous espérons sincèrement  que nos agences et productions nationales aient un souci du détail et de la qualité qui soit aussi grand que celui de minimiser leurs coûts de production. Dès lors, on pourra relever le niveau. En tous les cas, le but ultime de DBF reste d’apporter un standard international aux projets des personnes qui frappent à notre porte.

Que pensez-vous du Rap Game  marocain actuel?
Je pense qu’il est actuellement en effervescence mais qu’il va stagner à un moment ou à un autre vu le manque d’infrastructures. Le gouvernement doit comprendre qu’il y a une source d’argent considérable à générer si l’on dispose d’un secteur artistique développé. Il faut injecter des fonds dans l’art pour créer ce que l’on appelle ailleurs le show-business. Une activité fort rentable pour tout un système. Je pense que c’est une chaîne dont le maillon faible est celui du financement qui ne peut venir que de fonds étatiques. Quant au maillon fort, celui-ci est le potentiel artistique dont dispose notre pays et qui se trouve dans le vivier de talents dont nous disposons. Un vivier et qui ne demande qu’à être judicieusement entouré.

Quel est votre avis sur l’évolution de la jeunesse marocaine actuelle?
A mon sens, la jeunesse marocaine n’évolue pas assez rapidement et pas dans le bon sens. Certes, elle est à la pointe de la technologie mais la technologie, aussi récente soit-elle, n’est rien sans culture. C’est quelque chose d’éphémère. Rien ne peut égaler un vers ou une citation apprise par cœur. Il faut élever le niveau intellectuel dans les débats qui sont mis sur la place publique, et je conseille aux partis politiques d’en faire autant lors des sessions au parlement.
 Vous représentez pour beaucoup de ces jeunes un modèle de réussite. Quels ont été vos modèles à vous?
J’ai énormément de respect pour certains marocains qui sont partis de rien et qui, de par eux-mêmes, sont arrivés au sommet et maintenant gèrent des empires. Certains d’entre-deux sont devenus des amis par pur hasard, d’autres je les connais de nom. Mais mon vrai « role model » reste mon père, l’ancien cheminot, qui veillait à ce que la gamelle soit toujours bien garnie, même en temps de crise. Un père qui m’a toujours répété de regarder ceux qui avaient moins que nous pour avoir une idée de la chance que l’on a. Un père qui me rappelait qu’il ne sert à rien de se prendre pour ce que l’on n’est pas. Si aujourd’hui, j’ai toujours la tête sur les épaules, c’est bien grâce à lui.

– Que pensez-vous de l’image actuelle du monde arabe à l’international?
A mon humble avis, le monde arabe n’existe pas. Les pays arabes sont en discorde permanente, comment peuvent-ils constituer un monde uni au vrai sens du terme? Quand l’hypocrisie rejoint l’ignorance cela donne un monde dans lequel les Arabes se prennent eux-mêmes pour cibles. Si seulement cet islam au nom duquel sont commis des meurtres à chaque coin de rue était respecté et minutieusement étudié, nous n’en serions pas là.

-Est-ce que la solution pour y remédier pourrait-venir de vous, les gens de culture ?
La culture est la base de tout, qu’elle soit transmise par le biais d’un livre, d’une musique, ou d’une œuvre,  cela ne change en rien l’impact spirituel et psychique qu’elle peut avoir sur un personnage lambda. Une star n’a pas besoin de scrutin pour mettre d’accord des milliers de fans, ni de programmes politiques d’intérêt public. Le jour où nos chers gouvernements comprendraient cela, ils auront une idée sur  l’amplitude des dégâts commis depuis des années en marginalisant la culture.

[/vc_column_text]

Ce que j’ai appris sur…

-La vie
Elle te rend la monnaie de ta pièce, donc j’essaye d’être le plus souriant possible avec elle.

– L’amitié
Elle n’existe pas, il n’y a que la fraternité qui compte et rares sont les amis qui le deviennent.

– L’amour
C’est l’essence de tout, l’amour de dieu, de la mère, de la famille et de la patrie. C’est pour lui et grâce à lui que nous vivons.

– La famille
Le repère pour chacun de nous, est le retour aux sources après chaque éloignement ou moment d’égarement.

– La religion
Elle est mon seul garde-fou. Plusieurs fois j’ai frôlé la dépression mais grâce à Dieu, je n’ai pas eu besoin de thérapie pour pouvoir m’en sortir. Le retour aux sources revient à dire un retour à Dieu.

–  L’argent
Quand il vient il ramène ses sbires pour te protéger et dépouiller les autres ; quand il s’en va, c’est toi que l’on dépouille.

– Le succès
Un mot que les faibles ont créé pour se sentir plus fort. Personne n’est parfait, de ce fait personne n’a encore réussi réellement.

– La mort
Le seul lien que l’on a avec la vie, c’est quand elle tape à la porte et  que l’on se rend compte que l’on a été mauvais vivant.

[thb_gap height=”20″]

Vous aimerez aussi