Ces chansons qui ont écrit la légende du Mountakhab

by La Rédaction

Bien avant les vidéos virales, les plateformes de streaming et les refrains repris par des millions de supporters sur les réseaux sociaux, les exploits du Mountakhab trouvaient déjà un écho dans la musique populaire. Bien avant le phénomène « Dirou Niya », devenu l’un des hymnes les plus populaires du football marocain contemporain, des artistes et des passionnés mettaient déjà en musique les rêves, les émotions et les victoires de l’équipe nationale. Certaines de ces chansons ont traversé les décennies, d’autres se sont progressivement effacées des mémoires, mais toutes racontent une part de l’histoire du Maroc en Coupe du monde.

L’une des premières chansons associées à une grande aventure mondiale remonte à 1986, année où le Maroc entre dans l’histoire en devenant la première sélection africaine et arabe à atteindre les huitièmes de finale d’une Coupe du monde. Dans l’euphorie de cette performance réalisée au Mexique, apparaît « L’Farik L’Watani Ya Wlidi ». Portée par des sonorités profondément marocaines et des influences inspirées du répertoire populaire, la chanson célèbre les héros de cette génération exceptionnelle. Les noms d’Abdelmajid Lamriss, Saad Dahane, Mohamed Timoumi ou encore Mustapha El Haddaoui y sont cités avec la même ferveur que celle que l’on retrouve aujourd’hui dans les hymnes dédiés aux stars du football moderne.

   

Quelques années plus tard, un autre refrain s’impose dans l’univers sportif marocain. Avec « Ryadah », le groupe Frères Bouchnak livre une chanson qui dépasse le seul cadre du football pour rendre hommage aux grandes figures du sport national. Le morceau évoque notamment le gardien Hamid El Hazzaz, figure du Mondial 1970, mais aussi Badou Zaki, Saïd Aouita et Nawal El Moutawakel. Son célèbre refrain « Issaba, Issaba » est rapidement adopté par les supporters et devient l’un des slogans musicaux les plus reconnaissables des célébrations sportives marocaines.

La qualification pour la Coupe du monde 1998 en France inspire à son tour une nouvelle vague d’enthousiasme populaire. Une chanson largement diffusée à l’époque accompagne le retour du Maroc sur la scène mondiale. Les paroles rendent hommage aux grandes figures de l’équipe dirigée par Henri Michel, notamment Mustapha Hadji, Noureddine Naybet, Salaheddine Bassir, Abdelkrim El Hadrioui, Abdelkader El Brazi et Raghib. Cette période marque également l’installation progressive dans l’imaginaire collectif de l’expression « Lions de l’Atlas », devenue aujourd’hui indissociable de l’équipe nationale.

Impossible enfin d’évoquer les hymnes du football marocain sans parler de « Hihou Mabrouk Alina ». Véritable bande-son des célébrations sportives depuis plusieurs générations, cette chanson possède une histoire particulière. Inspirée d’un morceau devenu célèbre en Algérie après la victoire historique contre l’Allemagne de l’Ouest lors du Mondial 1982, elle a été revisitée au Maroc par le chanteur de raï Rachid Briah à l’occasion de la qualification pour la Coupe du monde 1986. Son refrain est depuis entré dans le patrimoine populaire et continue de résonner dans les rues, les cafés et les stades à chaque nouvel exploit du Mountakhab.

À l’heure où les performances d’Achraf Hakimi, Yassine Bounou ou Brahim Diaz inspirent de nouveaux hymnes diffusés à grande vitesse sur les réseaux sociaux, ces chansons rappellent que la passion du football marocain s’est toujours vécue en musique. Bien avant l’ère numérique, elles accompagnaient déjà les joies, les espoirs et les exploits d’un peuple tout entier derrière son équipe nationale.

   

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