Nuée de criquets sur le bitume : scène impressionnante près de Boujdour

by La Rédaction

La scène a des allures de film catastrophe. Sur une route rectiligne du Sahara, près de Boujdour, au sud du Maroc, des voitures avancent au ralenti sous un ciel littéralement saturé d’insectes. Les images, relayées par AccuWeather puis reprises par le New York Post, montrent des essaims massifs de criquets s’abattant sur la chaussée et percutant les pare-brise dans un vacarme continu. À perte de vue, le bitume disparaît sous une marée vivante et bruissante, transformant un banal trajet en expérience hors norme.

Si les commentaires en ligne ont multiplié les comparaisons spectaculaires, le phénomène, lui, est bien réel et documenté. Les invasions acridiennes font partie des cycles naturels dans les zones arides d’Afrique du Nord et du Sahel. Après des épisodes de pluies inhabituelles, les conditions deviennent idéales pour la reproduction des criquets pèlerins. En quelques semaines, leur population explose, et les groupes isolés se transforment en essaims capables de parcourir des centaines de kilomètres par jour, portés par les vents.

   

Près de Boujdour, ces essaims ont temporairement envahi les axes routiers, attirés par la chaleur du sol et ralentis par les rafales. Les conducteurs, surpris mais prudents, ont dû réduire leur vitesse face à cette nuée compacte, qui diminuait la visibilité et rendait la chaussée glissante. Si l’impact sur la circulation reste ponctuel, l’enjeu est surtout agricole. Dans d’autres régions, ces invasions peuvent ravager cultures et pâturages en un temps record, mettant sous pression des économies déjà fragiles.

Au-delà des images spectaculaires qui enflamment les réseaux sociaux, cet épisode rappelle la vulnérabilité des zones désertiques face aux variations climatiques. Le Sahara, souvent perçu comme immuable, est en réalité un écosystème sensible, où quelques pluies suffisent à déclencher des réactions en chaîne. Entre fascination et inquiétude, ces nuées de criquets rappellent que la nature impose parfois encore son tempo aux routes et aux hommes.

   

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