Depuis hier, L’Odyssée, le nouveau film événement de Christopher Nolan, est projeté dans les salles marocaines. Avec son budget estimé à 250 millions de dollars, son tournage intégral en IMAX et une distribution réunissant Matt Damon, Anne Hathaway, Tom Holland, Zendaya, Robert Pattinson et Charlize Theron, cette fresque confirme surtout une évidence : pour bâtir ses univers les plus ambitieux, Hollywood continue de miser sur le Maroc.
Certes, des militants et cinéastes sahraouis proches du festival FiSahara tentent de parasiter la sortie en appelant au boycott, au motif que certaines scènes ont été réalisées à Dakhla. Cette campagne très politisée cherche à transformer un choix de décor en procès diplomatique. Mais elle ne change rien à la dynamique de fond : Nolan n’a pas sélectionné le Royaume par hasard. Sa production a parcouru plusieurs régions marocaines, notamment Marrakech, Tahanaoute, El Haouz, Essaouira et Ouarzazate, en plus de Dakhla, preuve que le pays offre désormais une diversité de paysages et une logistique capables de répondre aux exigences d’un blockbuster mondial.
Le Maroc possède déjà une carte de visite que peu de destinations peuvent présenter. Lawrence d’Arabie, Gladiator, La Momie, Kingdom of Heaven, Prince of Persia, Babel ou encore Game of Thrones ont trouvé à Ouarzazate et à Aït-Ben-Haddou des décors devenus iconiques. Atlas Studios, fleuron de cette histoire, entretient des plateaux monumentaux et un savoir-faire technique qui ont valu à la ville son surnom de « Ouarzawood ».
La véritable nouveauté se situe donc ailleurs : Ouarzazate n’est plus seule à porter cette puissance d’attraction. Dakhla peut désormais s’affirmer comme une nouvelle destination cinématographique, avec ses dunes, son littoral et ses grands espaces encore peu vus à l’écran. Le Royaume ne se contente plus de fournir de beaux arrière-plans : il met à disposition des équipes expérimentées, des infrastructures, des territoires complémentaires et une culture de production forgée par des décennies de tournages internationaux.
Les appels au boycott feront peut-être du bruit pendant quelques jours. Les images, les investissements et les génériques, eux, resteront. En choisissant une nouvelle fois le Maroc pour une superproduction de cette dimension, Christopher Nolan inscrit son nom dans une longue liste de cinéastes venus chercher dans le Royaume bien davantage qu’un décor : une véritable terre de cinéma.