C’est une demeure qui n’a jamais vraiment quitté l’écran. Sur les rives paisibles de Key Biscayne, une propriété mythique refait surface avec un prix qui donne le vertige : 237 millions de dollars. Une somme qui ne se contente pas de refléter le marché floridien en pleine effervescence, mais qui inscrit surtout cette villa dans le cercle très fermé des biens immobiliers les plus chers au monde. Sa particularité ? Elle a servi de décor à l’un des films les plus iconiques des années 80, Scarface, porté par Al Pacino.
Dans le long-métrage, la maison incarnait le repaire fastueux de Frank Lopez, interprété par Robert Loggia. Quarante ans plus tard, l’atmosphère y semble intacte, comme figée dans un luxe presque théâtral. L’arrivée spectaculaire par la baie de Biscayne, l’ascenseur semi-circulaire en acier et verre ou encore certains détails d’époque — jusqu’aux salles de bains aux couleurs audacieuses — témoignent d’une volonté assumée de préserver l’ADN du lieu plutôt que de le moderniser à outrance.
Mais avant de devenir une icône de cinéma, le domaine avait déjà une histoire digne d’un scénario hollywoodien. Dans les années 70, il faisait partie du “Winter White House” du président Richard Nixon. Le site accueillait alors les déplacements officiels, avec un héliport spécialement conçu pour les atterrissages de Marine One. Si la résidence d’origine a disparu, l’empreinte présidentielle, elle, demeure palpable — notamment à travers ce même héliport qui s’avance toujours dans la baie.
Acquise en 2003 par l’investisseur John Devaney dans des circonstances presque cinématographiques — repérée depuis les airs lors d’une leçon d’hélicoptère — la propriété s’étend aujourd’hui sur plus de 2,3 acres. Entre marina privée, 862 pieds de façade maritime et piscine en forme de piano, chaque détail participe à cette impression d’excès maîtrisé. Installé avec sa famille depuis 2007, le propriétaire a choisi de conserver l’esprit originel du lieu, préférant l’authenticité à la transformation radicale.
Cette mise en vente intervient dans un contexte où le sud de la Floride s’impose comme un terrain de jeu privilégié pour les grandes fortunes. La récente acquisition d’une propriété à 170 millions de dollars par Mark Zuckerberg sur Indian Creek Island en est une illustration éclatante. À Key Biscayne, la barre est désormais placée encore plus haut, confirmant que Miami ne se contente plus de rivaliser avec les grandes capitales du luxe — elle redéfinit les règles.
Reste à savoir quel acquéreur osera écrire le prochain chapitre de cette propriété hors norme. Une chose est certaine : ici, la réalité continue de flirter avec la fiction.