Lincoln Casablanca, le grand retour d’une légende sur l’avenue Mohammed V

by La Rédaction

À Casablanca, certains hôtels promettent une ouverture ; le Lincoln, lui, promet surtout une renaissance. Annoncé désormais pour la fin 2026, le futur Lincoln Casablanca, A Radisson Collection Hotel s’installera en plein cœur de l’avenue Mohammed V, dans le centre historique de la métropole, avec l’ambition assumée de redonner vie à l’un des bâtiments les plus emblématiques du paysage urbain casablancais. Radisson présente d’ailleurs cette adresse comme l’une de ses ouvertures marquantes de 2026 dans la région, signe que le projet dépasse le simple cadre d’une nouvelle enseigne de luxe.

Ce qui distingue le Lincoln, c’est d’abord son poids symbolique. Le bâtiment, conçu au milieu des années 1910 par l’architecte Hubert Bride, occupe une place singulière dans l’histoire du patrimoine casablancais. Sa façade, inscrite à l’inventaire des monuments historiques au Maroc, en a fait un repère autant architectural qu’affectif, au point que sa réhabilitation est souvent présentée comme un test grandeur nature pour la sauvegarde du centre-ville Art déco. Le projet est porté par REALITES Afrique, avec l’agence Oualalou + Choi, dans une logique qui cherche moins à figer le passé qu’à le réinterpréter avec des usages contemporains.

   

Sur le plan hôtelier, l’établissement jouera clairement la carte du haut de gamme urbain. Le programme annoncé prévoit 120 chambres et suites sur une surface d’environ 13 500 m², avec restaurant, salon de thé, espaces de coworking, salles de séminaire modulables, deux patios, ainsi qu’un rooftop réunissant restaurant-bar, piscine et espace wellness. Cette combinaison dit beaucoup de la clientèle visée : des voyageurs d’affaires sensibles à l’adresse, à l’emplacement et à l’expérience, mais aussi à cette idée devenue centrale dans l’hospitalité premium, celle d’un hôtel capable d’être à la fois un lieu de séjour, de rendez-vous et de vie sociale.

Au fond, le vrai intérêt du Lincoln tient peut-être là : dans sa capacité à raconter Casablanca autant qu’à l’accueillir. Dans une ville où l’hôtellerie neuve se multiplie, cette ouverture se démarque par un récit plus rare, celui d’un patrimoine sauvé sans renoncer à l’exigence du marché contemporain. Et pour le Maroc, où plusieurs ouvertures sont attendues en 2026 dans des registres très différents, le Lincoln pourrait bien devenir le symbole le plus parlant de cette nouvelle génération d’hôtels où la mémoire des lieux compte presque autant que la qualité du service.

   

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