Ce mardi 22 septembre, So Art Gallery ouvre sa rentrée artistique avec « L’Envers des formes », la nouvelle exposition personnelle de Mounia Amor Cheikh Lahlou. Le vernissage, prévu à partir de 18h30 à Casablanca, marque les retrouvailles de l’artiste avec la galerie quelques années après « Ambre et Lumière », présentée au même endroit en 2021. Cette fois, elle revient avec un corpus inédit et une peinture qui semble avoir encore gagné en abstraction : moins raconter ce que l’œil reconnaît que chercher ce qui se cache derrière les apparences.
Cette évolution s’inscrit dans un parcours construit sur plusieurs décennies. Après des études de pharmacie en France, Mounia Amor se tourne vers la peinture dans les années 1990 et se forme notamment dans l’atelier du peintre Ahmed Mourabiti. Sa première exposition remonte à 2000, à Essaouira. Au fil des années, son langage pictural évolue : d’une palette aux influences impressionnistes vers des compositions davantage structurées, géométriques, où l’équilibre des couleurs et la vibration des formes prennent progressivement une place centrale.
Avec « L’Envers des formes », cette recherche franchit une nouvelle étape. Les œuvres jouent sur la tension entre structure et mouvement : bandes verticales, champs colorés, formes géométriques parfois denses, parfois translucides, superpositions et profondeurs construisent des espaces qui oscillent entre ordre et déséquilibre. La lumière demeure un élément essentiel de son vocabulaire, mais elle devient presque un sujet en elle-même. Des œuvres intitulées « Rayonnement », « Éclipse » ou « Ascension » donnent d’ailleurs la mesure de cette interrogation : qu’est-ce qui apparaît, qu’est-ce qui disparaît et que reste-t-il lorsque notre perception change ?
Il y a aussi une continuité intéressante avec « Ambre et Lumière ». En 2021, les formes cubiques, les courbes, la couleur, la musique et le dialogue entre ombre et lumière occupaient encore largement son univers. Cinq ans plus tard, « L’Envers des formes » semble déplacer cette grammaire vers quelque chose de plus intérieur et de plus dépouillé. La figure reconnaissable s’efface au profit d’« architectures intérieures », selon la présentation de cette nouvelle série : lignes, volumes et intervalles ne sont plus seulement des éléments de composition, ils deviennent le langage même de la toile.
Le choix de So Art Gallery inscrit enfin l’exposition dans un lieu familier du parcours de l’artiste. Fondée à Casablanca en 2013, la galerie développe un programme consacré à l’art moderne et contemporain, avec une attention particulière portée aux artistes et aux pratiques issus du continent africain. « L’Envers des formes » y est présentée à partir de ce mardi 22 septembre. Le vernissage débute à 18h30, au 29 rue Jalal Eddine Essayouti, Place des Iris, à Casablanca. Une invitation, finalement, à faire exactement ce que suggère le titre : ne pas s’arrêter à la forme, mais aller voir ce qui se passe derrière.