Depuis hier, 15 octobre, Casablanca vit au rythme de la Biennale Euro-Africa. Jusqu’au 18 octobre, Anfa Park devient le terrain de jeu d’une création sans frontières : près de 25 rendez-vous, gratuits et ouverts à tous, entre musique, arts visuels, cinéma en plein air, danse, mode, débats d’idées et cultures urbaines.
Née à Montpellier, la Biennale a choisi Casablanca pour cette nouvelle escale. Et plutôt que de simplement juxtaposer les disciplines et les artistes, elle joue la carte des rencontres : créateurs casablancais, européens et africains sont invités à confronter leurs univers, leurs influences et leurs imaginaires.
Le coup d’envoi a été donné hier avec Onze passages entre deux rives, l’exposition immersive de Kamel Ghabte, avant une soirée portée par le collectif +212 réunissant notamment Adil Smaali, Aziz Konkrite, Widad Mjama, Adil Kaced et Fedwa Misk.
Aujourd’hui, vendredi 16 octobre, le programme change de tempo. Les plus jeunes ont rendez-vous avec les ateliers des Petits Explorateurs, tandis qu’une initiation à la bande dessinée et au manga est proposée par Sabrina Timsit. À 17h30, une table ronde consacrée aux circulations en Méditerranée réunit Rachid Boufous et Alié Ndour. Puis la nuit s’installe : carte blanche électronique à 4S’ et Piñata Radio, avant une projection sous les étoiles de La Vie après Siham, de Namir Abdel Messeeh.
Samedi, cap sur Accra. Liquid Bridge et Beurdies accueillent Surf Ghana et Vibrate Space pour une jam où se mêleront skateboard, DJ set, open cypher et création participative. La mode et les savoir-faire entrent eux aussi dans la danse avec Coudre les liens, puis FIBER, projet réunissant des designers marocains, ghanéens, mauritaniens et sénégalais autour de la matière, du réemploi et de la transmission.
La journée sera également marquée par un grand entretien avec le penseur sénégalais Bakary Sambe, autour de son ouvrage Le Maroc africain : trajectoires d’une ambition continentale. À la nuit tombée, GLITTER55, Atay Synth et Retro Cassetta feront dialoguer héritages musicaux nord-africains et cultures club contemporaines.
Dimanche, la Biennale prendra des airs de grande fête urbaine avec une Block Party : DJ sets, breakdance, skateboard et open mic investiront le skatepark, avant une dernière séance de cinéma en plein air avec Coup de Tampon, de Rachid El Ouali.
Pendant quatre jours, Casablanca devient ainsi bien davantage qu’une ville hôte : un point de rencontre entre deux continents, où l’on vient moins exposer côte à côte que créer ensemble.