À Taghazout, les nouveaux nomades du monde arabe posent leurs laptops face à l’Atlantique

by La Rédaction

Il fut un temps où travailler signifiait avoir une adresse, un bureau et des horaires. Du 26 octobre au 1er novembre 2026, Taghazout racontera une tout autre manière d’envisager la vie professionnelle. La station de la côte atlantique marocaine accueillera l’Arab Nomad Fest, sept jours imaginés pour réunir digital nomads, travailleurs à distance, freelances, entrepreneurs et créateurs venus du monde arabe et d’ailleurs. Un rendez-vous où l’ordinateur portable côtoiera les planches de surf et où les discussions professionnelles se prolongeront loin des salles de conférence.

Le programme dépasse en effet le simple rendez-vous consacré au télétravail. Conférences, tables rondes, ateliers, coworking et rencontres communautaires composeront la semaine, avec deux journées de conférences prévues au Radisson Blu Taghazout Bay Surf Village. L’expérience doit également sortir des murs : Taghazout et Tamraght seront au cœur du dispositif, tandis que le surf et plusieurs escapades permettront aux participants de découvrir une partie de la région. Paradise Valley et les dunes de Timlaline, près de Tamri, figurent notamment parmi les expériences proposées en option. Une façon d’associer réflexion sur les nouvelles formes de travail et immersion dans un territoire devenu, ces dernières années, particulièrement familier des voyageurs internationaux.

   

La programmation donne surtout au rendez-vous une dimension résolument cosmopolite. Seize intervenants et animateurs sont actuellement présentés par l’organisation. Son fondateur, Muhammed Alard, évoquera son parcours de la Syrie à une vie de citoyen du monde. Le Qatari Nasser Saqer Almohannadi abordera l’expérience acquise au fil de ses voyages, tandis que l’Égypto-Canadien Mohamed Aboshanab s’intéressera à la mobilité internationale et à l’investissement immobilier. Maria Cuesta, cofondatrice de NomadWay et de l’Alicante Nomad Summit, Cristina Toscan, Sharon O’Dea ou encore la créatrice de contenu française Xander Michalak apporteront d’autres regards sur l’entrepreneuriat nomade, le travail asynchrone ou la création numérique. Le festival entend ainsi parler autant de carrière que de liberté géographique et de nouvelles manières d’organiser son existence.

Et le Maroc ne sera pas qu’un joli décor posé derrière des écrans. La professionnelle du tourisme Fadoua Atif doit notamment proposer une plongée dans le pays, ses racines amazighes, son histoire, ses traditions et ses diversités régionales. Nabila Khouimi abordera, elle, une question rarement associée à l’image glamour du nomadisme numérique : comment continuer à vivre sur les routes lorsqu’on devient parent ? Nadia Minds, présentée par l’organisation comme chercheuse en neurosciences et coach ADHD d’origine italienne et marocaine, complètera cette dimension plus personnelle du programme. Autrement dit, derrière les clichés de laptops ouverts face à l’océan se dessine une réflexion plus large sur le travail, la mobilité, l’équilibre de vie et l’appartenance.

Le choix de Taghazout prend alors tout son sens. Entre Atlantique, culture du surf et proximité d’Agadir, la destination offre précisément ce mélange entre ailleurs et quotidien que recherche cette nouvelle population mobile. Pendant une semaine, le petit village côtier deviendra un carrefour entre profils arabes et internationaux venus confronter leurs expériences et leurs façons de travailler. Une génération pour laquelle partir ne signifie plus nécessairement prendre des vacances, et travailler ne signifie plus forcément rester. À Taghazout, fin octobre, le bureau aura simplement vue sur l’océan.

   

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