Ander.ma : quand le Maroc protège ses œuvres contre les faussaires

by La Rédaction

À l’heure où une signature peut faire basculer la valeur d’une toile, le Maroc veut mieux documenter la mémoire de ses artistes. Le Département de la Culture vient de lancer ander.ma, une plateforme nationale destinée à recenser les œuvres d’art marocaines, à retracer leur provenance et à faciliter les vérifications d’authenticité. Le projet est issu de travaux menés en 2024 et 2025 avec plusieurs institutions, dont la Fondation Nationale des Musées, le ministère de la Justice et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Le principe repose d’abord sur les artistes eux-mêmes. Peintres et plasticiens peuvent documenter leurs créations en déposant photographies et pièces d’archives — catalogues d’exposition, affiches, invitations ou articles de presse. Peu à peu doit ainsi se constituer une sorte de carte d’identité documentaire de l’art marocain, consultable notamment lors d’une vente, d’une exposition, d’une succession ou de la délivrance d’un certificat d’authenticité. La base comptait déjà, lors de son lancement, 5 294 œuvres attribuées à 973 artistes.

   

Ander.ma comporte également un système permettant de signaler une œuvre suspectée d’être falsifiée ou contrefaite afin qu’elle puisse être réexaminée à partir des archives disponibles. Une précaution demeure essentielle : la plateforme n’a pas vocation à rendre elle-même un verdict définitif sur l’authenticité d’une œuvre et ne remplace ni l’expertise scientifique, ni l’expertise technique ou juridique.

Au-delà de l’outil numérique, l’enjeu touche à quelque chose de plus précieux : la mémoire du marché de l’art marocain. Car mieux conserver la trace d’une œuvre, de son parcours et de son créateur, c’est aussi rendre plus difficile le brouillage de son histoire. Dans un marché où la provenance est parfois presque aussi importante que la signature, le Maroc commence ainsi à bâtir les archives numériques de son patrimoine artistique.

   

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