Ballon d’or : derrière les étoiles du football, une histoire de famille française

by La Rédaction

Au-delà du sacre du Britannique Harry Kane, couronné hier soir à Londres après une saison à 73 buts, le Ballon d’or célébrait cette année un autre anniversaire : ses 70 ans. Sept décennies de gloire, de rivalités légendaires et de destins hors du commun, de Stanley Matthews à Lionel Messi, en passant par Cristiano Ronaldo. Mais derrière ce trophée que les plus grands footballeurs rêvent un jour de soulever se cache une histoire beaucoup moins connue, celle d’une famille française qui, loin des pelouses et des projecteurs, a contribué à faire d’une récompense imaginée par des journalistes un symbole mondial. Son nom : la famille Amaury.

L’histoire commence en 1956, lorsque le magazine France Football crée le Ballon d’or et le décerne pour la première fois à l’Anglais Stanley Matthews. À l’époque, pas de tapis rouge grandiose ni de cérémonie retransmise aux quatre coins de la planète. Le trophée récompense le meilleur joueur européen, choisi par un jury de journalistes. En 1965, France Football passe sous le contrôle du groupe Amaury, qui accompagnera progressivement la métamorphose de cette distinction. Au fil des décennies, le Ballon d’or s’ouvre au monde, les champions deviennent des icônes planétaires et la petite sphère dorée acquiert une valeur symbolique qui dépasse largement le football. Une évolution portée par une famille qui possède également, à travers son groupe, quelques-uns des rendez-vous sportifs les plus célèbres, du Tour de France au Dakar.

   

Aujourd’hui, cet héritage est notamment incarné par Jean-Étienne Amaury, à la tête du groupe familial. En 2023, une nouvelle page s’ouvre avec l’annonce d’un partenariat entre le Ballon d’or et l’UEFA, effectif depuis 2024. Le principe est soigneusement établi : le groupe Amaury conserve la propriété de la marque et la supervision des votes, tandis que l’instance européenne participe à l’organisation de la cérémonie et à son développement commercial international. Derrière les robes de soirée, les costumes impeccables et les photographies des lauréats, se dessine ainsi une ambition : faire du Ballon d’or une marque de prestige dont le rayonnement ne se limite plus à quelques heures de télévision.

Et quel plus beau symbole que Londres pour célébrer ses 70 ans ? Pour la première fois, la cérémonie a quitté Paris et investi le London Palladium, théâtre mythique de la capitale britannique. Un clin d’œil à Stanley Matthews, premier lauréat de l’histoire, devenu encore plus saisissant lorsque Harry Kane a reçu son trophée, vingt-cinq ans après le dernier sacre anglais de Michael Owen. La boucle était bouclée, du moins sur le plan sportif. Car derrière cette soirée de célébration, la famille Amaury poursuit une histoire singulière : celle d’un trophée qui ne verse aucune prime directe à son vainqueur, mais dont la valeur, le prestige et l’influence n’ont cessé de grandir depuis 1956.

   

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