Ce jeudi 15 octobre 2026, La Galerie 38 de Casablanca, sous l’impulsion de Fihr Kettani et Mohammed Chaoui el Faiz, a inauguré « Paraboles, La Rétrospective », une exposition majeure consacrée à l’artiste peintre marocain Mohamed Mourabiti. Réunissant des œuvres réalisées entre 1986 et 2026, cet événement retrace près de quatre décennies d’un cheminement plastique et spirituel singulier.
Né en 1968 à Marrakech, Mohamed Mourabiti est un artiste autodidacte dont la vocation s’est imposée dès l’enfance, avant de s’affiner auprès de professeurs d’arts plastiques au lycée Jaber Ibnou Hayane à Casablanca. Comme le souligne l’écrivain Jean-Noël Pancrazi dans le catalogue de l’exposition, tout chez Mourabiti commence dans la matière : terre, goudron, pigments, tissus et collages se superposent, se grattent et s’effacent sur des supports allant de la petite feuille à l’encre aux toiles monumentales de plus de quatre mètres. Du noir du goudron à l’ocre de la ville rouge, jusqu’au blanc des cimes de l’Atlas, sa palette incarne les paysages de Marrakech et la lumière de Tahannaout, où il vit et travaille.
Le titre de la rétrospective fait écho à un motif devenu emblématique de son œuvre : les terrasses hérissées d’antennes paraboliques. Chez Mourabiti, la parabole oscille entre une ironie sur notre époque et une méditation sur ce qui nous parvient du ciel, avant de s’épurer au fil du temps pour laisser place à la koubba, au mausolée, au cercle ou à la carte. Traversée par une profonde quête spirituelle — marquée notamment par un voyage à Damas sur les traces d’Ibn Arabi —, sa peinture cherche l’invisible tout en restant viscéralement rattachée à la terre.
Au-delà de son atelier, Mohamed Mourabiti est un véritable passeur culturel. Fondateur depuis plus de vingt ans de l’espace d’art Al Maqam à Tahannaout, il a créé un lieu unique dédié à la création et aux échanges, accueillant peintres, poètes et penseurs. Cet esprit d’hospitalité se prolonge dans ses livres d’artiste réalisés avec de grandes plumes telles qu’Adonis, Michel Butor ou Mostafa Nissabouri, ainsi que par une reconnaissance internationale qui a vu ses œuvres intégrer de prestigieuses collections à Amman, São Paulo, Londres et New York.
À travers « Paraboles, La Rétrospective », La Galerie 38 offre au public casablancais une occasion rare de (re)découvrir, des œuvres de jeunesse aux grands formats récents, la trajectoire d’un peintre majeur pour qui « la liberté est le seul lieu de la peinture ».




















