À Montréal, il est devenu le visage d’un mouvement citoyen qui dépasse largement les réseaux sociaux. Saâd Tekiout, entrepreneur marocain installé au Québec et fondateur de Marquize Paysagement, s’est fait connaître en réparant gratuitement des nids-de-poule avec ses propres moyens. Un geste simple au départ, mais qui a rapidement pris une ampleur inattendue, jusqu’à attirer l’attention des médias, de la mairie et de milliers d’habitants.
Excédé par l’état des routes qu’il emprunte quotidiennement, Saâd Tekiout a commencé à colmater lui-même plusieurs nids-de-poule à l’aide d’asphalte froid, entièrement à ses frais. Ses vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux, sont rapidement devenues virales. En quelques semaines, des centaines de citoyens lui ont signalé d’autres chaussées endommagées, transformant une initiative individuelle en véritable mouvement de solidarité. Son objectif est resté le même : rendre les routes plus sûres et montrer qu’il est possible d’agir concrètement, même à petite échelle.
L’histoire a rapidement pris une dimension institutionnelle. Interpellée par cette mobilisation, la Ville de Montréal a annoncé un renforcement de son plan de colmatage des nids-de-poule, avec de nouveaux budgets destinés aux arrondissements et à des contrats de réparation accélérés. La mairesse Soraya Martinez Ferrada a également invité l’entrepreneur marocain à participer aux futurs appels d’offres municipaux, reconnaissant publiquement l’impact de son initiative.
Au-delà de l’aspect technique, c’est surtout le message porté par Saâd Tekiout qui a séduit. Son engagement citoyen lui a valu une importante vague de soutien au Canada et bien au-delà. Une campagne de financement participatif a permis de soutenir son action, tandis que plusieurs entreprises locales ont proposé leur aide. Sur les réseaux sociaux, les réactions se sont multipliées, saluant un homme qui a préféré agir plutôt que dénoncer.
Son histoire résonne également au Maroc. Parmi les milliers de commentaires publiés sous les vidéos, plusieurs internautes lancent avec humour : « On a besoin de lui aussi à Casablanca. » Une remarque amusée, mais révélatrice de l’admiration suscitée par cette initiative, qui rappelle qu’un simple geste citoyen peut parfois provoquer un véritable changement… et pousser les institutions à accélérer leurs actions.