Rolex, la montre qui valait 11 milliards… mais sans dividendes ni actionnaires

by La Rédaction

À première vue, Rolex incarne tout ce que l’on attend d’un mastodonte du luxe : 800 000 montres vendues en 2024, un chiffre d’affaires avoisinant les 11 milliards de dollars, des produits rares, désirables et intemporels. Pourtant, derrière cette façade clinquante, se cache un modèle économique absolument unique dans l’univers du capitalisme moderne : Rolex appartient à une fondation à but non lucratif. Et c’est peut-être là que réside sa plus grande force.

Contrairement aux géants cotés en bourse qui doivent sans cesse rendre des comptes à leurs actionnaires, publier leurs résultats trimestriels et maximiser les dividendes, Rolex n’a aucun de ces impératifs. Depuis plus de soixante ans, l’intégralité de l’entreprise est détenue par la Fondation Hans Wilsdorf, du nom de son fondateur visionnaire. Ce dernier, devenu veuf sans héritiers directs, a fait le choix radical de léguer ses parts à une fondation, scellant ainsi l’indépendance totale de la marque. Aucun fonds d’investissement, aucune pression de Wall Street. Juste un objectif : pérenniser un savoir-faire et servir des causes d’intérêt général.

   

Les profits dégagés par Rolex — parmi les plus élevés de l’industrie horlogère — sont réinjectés dans l’entreprise ou alloués à des projets philanthropiques. Recherche, développement, maintien de la qualité artisanale, mais aussi soutien à des initiatives éducatives, scientifiques ou humanitaires, la maison horlogère investit en silence là où d’autres communiquent bruyamment. D’ailleurs, Rolex brille autant par ses garde-temps que par son absence quasi totale de campagnes tapageuses. Peu de publicité, aucune obsession des tendances, mais une constante : la quête de perfection.

Cette autonomie vis-à-vis des marchés permet à Rolex de dicter ses propres règles, de maintenir une rareté qui alimente le désir, tout en agissant à contre-courant d’un monde du luxe souvent guidé par le profit court-termiste. En cultivant cette “domination silencieuse”, Rolex ne se contente pas de vendre des montres ; elle façonne une philosophie du luxe où discrétion rime avec excellence.

   

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