La Grande Galerie Francophone : Gad Elmaleh sort du sketch, entre dans le tableau

by La Rédaction

On connaissait Gad Elmaleh en roi de l’observation du quotidien, un micro à la main et l’œil prêt à dégainer. Le voilà invité-pilier de La Grande Galerie Francophone, le nouveau rendez-vous art de TV5MONDE présenté en public par Ali Baddou, qui lance sa première avec une “masterclass” à la croisée de la scène et du musée. L’émission, diffusée le 12 octobre dernier mais à peine mise en ligne sur YouTube, réunit aussi Nina Childress et Roméo Mivekannin, histoire de rappeler dès le départ que la conversation ne se contente pas de commenter les tableaux : elle les met en dialogue avec des parcours et des obsessions très contemporains.

Dans l’extrait consacré à Elmaleh, le fil rouge est limpide : l’humour et l’art se nourrissent des mêmes nerfs. On passe des anecdotes personnelles aux questions très sérieuses sur ce qui fait un artiste, ce qui fait un artisan, et ce qui, au fond, fait une liberté. L’humoriste évoque aussi ses “complexes” face à la culture, comme un moteur paradoxal : celui qui pousse à regarder, à apprendre, à oser entrer dans des univers qu’on pense réservés aux autres.

   

Le programme s’amuse des détours, sans perdre le cap. Il y est question de francophonie vivante (quand le darija rencontre le français, quand l’accent québécois change la musique des phrases), de souvenirs entre Casablanca et Montréal, et même de ce goût très elmalehien pour les associations inattendues, de Jerry Seinfeld à un couscous bien placé. Côté art, l’émission convoque John Baldessari, Kandinsky ou Raphaël, et fait entrer dans la conversation un mentor du regard comme le galeriste Camel Menour, avec une idée simple : apprendre à voir, c’est aussi apprendre à raconter.

Et puis il y a la séquence la plus scrutée : Gad Elmaleh y aborde la question de sa conversion au catholicisme, sujet déjà largement commenté depuis son film Reste un peu, où il mettait en scène cette attirance spirituelle. L’émission ne cherche pas le sensationnel ; elle replace ce thème dans une trajectoire intime, en l’articulant à ce qui traverse tout l’épisode : la curiosité, le doute, et cette façon très française de transformer les questions existentielles en conversation brillante.

   

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