C’est une page qui se tourne, presque en silence, dans l’un des duos les plus emblématiques de la mode italienne. Sans fracas ni annonce spectaculaire, Stefano Gabbana a quitté ses fonctions de président chez Dolce & Gabbana, laissant derrière lui près de quarante ans d’influence sur une maison devenue incontournable.
Fondée en 1985 aux côtés de Domenico Dolce, la griffe s’est imposée comme l’une des signatures les plus reconnaissables du luxe italien. Entre sensualité assumée, références baroques et exaltation de la culture méditerranéenne, Dolce & Gabbana a bâti un univers flamboyant, parfois excessif, mais toujours identifiable. Au fil des années, la marque a su séduire autant qu’elle a suscité le débat, cultivant une image à la fois glamour et clivante, notamment à travers certaines campagnes ou prises de position publiques.
Le départ de Stefano Gabbana de la présidence, intervenu discrètement en décembre dernier selon plusieurs sources, intervient dans un contexte particulier. Quelques semaines plus tard, le défilé automne-hiver 2026 faisait parler de lui avec l’apparition surprise de Madonna, figure historique et muse ponctuelle de la maison. Un symbole fort, presque théâtral, comme un dernier clin d’œil à l’ADN spectaculaire qui a longtemps défini la marque.
Reste désormais une question en suspens : quelle sera la place de Gabbana dans la suite de l’aventure ? Si son retrait concerne uniquement la sphère exécutive, l’hypothèse d’un maintien dans la direction artistique n’est pas encore clairement établie. Ce flou alimente les spéculations dans un secteur où l’identité créative est indissociable des figures qui l’incarnent. Une chose est certaine : ce départ marque un tournant stratégique pour Dolce & Gabbana, à l’heure où les maisons de luxe doivent conjuguer héritage et réinvention permanente.
Dans une industrie en mutation rapide, entre enjeux d’image, de gouvernance et de renouvellement esthétique, ce changement pourrait bien redéfinir l’équilibre du duo historique. Plus qu’un simple mouvement en coulisses, il s’agit peut-être du prélude à une nouvelle ère pour la maison italienne, où tradition et modernité devront cohabiter avec une précision presque couture.