Depuis la finale de la CAN 2025, perdue par le Maroc face au Sénégal à Rabat (1-0 après prolongation), il y a eu le match… et il y a eu tout le reste. Un penalty manqué de Brahim Díaz, une Panenka trop tendre stoppée par Édouard Mendy, et aussitôt la tempête : débats sans fin, procès d’intention, lectures biaisées d’une action de jeu devenue prétexte à régler des comptes symboliques.
C’est dans ce bruit-là qu’un texte, signé par un Marocain, a touché juste – parce qu’il n’a pas cherché à convaincre les convaincus, ni à mendier l’approbation. Il a mis des mots sur une fatigue que beaucoup reconnaissent : ce sentiment que, quoi qu’on fasse, la sentence est déjà prête. Organiser devient suspect, construire devient arrogant, gagner devient “voler”, et même perdre peut encore être interprété à charge. Une forme d’absurde où l’action n’est plus évaluée pour ce qu’elle est, mais filtrée par ce que certains projettent sur le Maroc.
La force de cette chronique, c’est aussi sa sagesse pratique : ne pas gaspiller son énergie à plaider la bonne foi face à la mauvaise foi. La formule est souvent attribuée au roi Hassan II, et elle résume une idée simple : choisir où l’on met sa dignité, et à qui l’on offre son temps. Le texte, lui, se tourne vers “nous” : une communauté de supporters qui a vibré ensemble pendant un tournoi organisé au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, avec ce supplément d’âme propre aux grandes compétitions à domicile.
Et puis il y a eu, au-delà de la douleur sportive, un réflexe qui dit beaucoup : le soutien. Dans les jours qui ont suivi, des voix publiques ont défendu Brahim Díaz, rappelant qu’un penalty raté ne devrait jamais effacer un parcours, ni réduire un joueur à une seule seconde. Ce contraste – entre la férocité immédiate des réseaux et la solidarité réelle d’un pays – fait écho à la chronique : on peut être blessé sans devenir injuste, et rester élégant sans être naïf.
Au fond, l’allusion la plus forte de ce texte “sage”, c’est qu’il parle autant d’identité que de football. Il raconte ce moment où un pays assume sa place, sa modernité, son ambition, et découvre que cela dérange parfois plus que cela ne rassemble. Alors oui, le Maroc a laissé un trophée passer. Mais il a gardé l’essentiel : cette capacité rare à continuer d’aimer, de construire, d’accueillir, sans confondre la générosité avec la faiblesse. Et c’est peut-être pour ça que cette chronique a autant circulé : parce qu’elle a su transformer une déception en boussole.