Hollywood s’apprête à vivre une nouvelle édition des Oscars marquée par la diversité culturelle, et le monde arabe y prend une place de plus en plus affirmée. Six films issus de cinéastes arabes ou d’origine arabe viennent d’être soumis pour représenter leurs pays respectifs à la 98e cérémonie des Academy Awards, prévue pour mars 2026. Une sélection qui illustre la richesse des récits, oscillant entre mémoire collective, drames intimes et fresques politiques.
Le cinéma palestinien ouvre le bal avec All That’s Left of You de Cherien Dabis. La réalisatrice retrace l’histoire multigénérationnelle d’une famille palestinienne, depuis 1948 jusqu’à aujourd’hui, un récit poignant qui mêle mémoire et transmission. Du côté de l’Irak, Hasan Hadi signe The President’s Cake, l’histoire d’une fillette contrainte de préparer un gâteau d’anniversaire pour le président, sous peine de représailles. Un conte cruel, entre innocence et dictature, qui interpelle par sa force allégorique.
La Tunisie est représentée par Kaouther Ben Hania avec The Voice of Hind Rajab, inspiré d’un fait réel tragique : la mort de la petite Hind Rajab en janvier 2024, lors de sa fuite de Gaza. Ce film résonne comme un témoignage urgent sur la violence des conflits. L’Égypte, quant à elle, est doublement présente : Sarah Goher propose Happy Birthday, sur le quotidien d’une enfant domestique à la recherche d’un semblant de reconnaissance, tandis que Tarik Saleh livre Eagles of the Republic, portrait d’un acteur égyptien dont l’image publique se fissure. Deux visions complémentaires qui questionnent à la fois les inégalités sociales et la fabrication des icônes.
Enfin, le Maroc se joint à la course avec Calle Málaga de Maryam Touzani, une fresque intime sur une femme déterminée à préserver sa maison familiale, malgré les choix de sa propre fille. La cinéaste poursuit ainsi son exploration sensible des liens entre générations et du poids des héritages.
Ensemble, ces six œuvres tissent une mosaïque de récits arabes qui trouvent écho bien au-delà de leurs frontières. Leur sélection traduit une vitalité artistique remarquable, capable de transformer des blessures historiques et des luttes quotidiennes en œuvres universelles. Les Oscars 2026 s’annoncent ainsi comme une vitrine où les voix arabes résonneront avec puissance et authenticité.