La spectaculaire cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan‑Cortina 2026, tenue le 6 février, a donné le coup d’envoi d’un grand rassemblement sportif mondial. Entre chorégraphies alpines, tableaux numériques et traditions italiennes revisitées, le stade provisoire dressé au cœur de Milan s’est transformé en écrin de lumière pour accueillir les 92 délégations venues des quatre coins du globe.
Au-delà de cet hommage planétaire aux valeurs de l’olympisme, la participation de nations peu associées aux sports de glace attire une attention toute particulière. Cette édition hivernale ne se contente pas de reproduire un schéma géographique figé : elle accueille des pays que l’on n’attendait pas forcément sur la neige ou la glace. Et c’est là toute la richesse de ce rendez-vous 2026.
Sur le continent africain, huit pays sont officiellement représentés. Deux d’entre eux — le Bénin et la Guinée‑Bissau — font leur entrée historique aux Jeux d’hiver. Le Bénin aligne le skieur Nathan Tchibozo, qui participera aux épreuves de ski alpin, tandis que la Guinée‑Bissau est portée par Winston Tang, également engagé en ski alpin. Des débuts modestes sur le plan numérique, mais majeurs en termes de symbole et d’horizon ouvert.
Parmi les pays déjà présents lors d’éditions antérieures, le Maroc confirme sa régularité. Deux athlètes composent sa délégation cette année : Pietro Tranchina, inscrit en slalom et slalom géant, et Abderrahim Kemmissa, spécialiste du ski de fond, aligné sur l’épreuve de 10 km style libre. Tous deux incarnent un mélange entre savoir-faire formé à l’étranger et fierté nationale, avec une volonté affirmée de défendre les couleurs marocaines sur un terrain exigeant.
L’Afrique du Sud, de son côté, aligne deux athlètes dans les épreuves de ski alpin, tandis que le Nigeria retrouve la piste avec une représentante féminine en skeleton. Le Kenya, l’Érythrée et Madagascar participent également, chacun avec un ou deux compétiteurs dans les disciplines alpines. Si les effectifs sont limités, les trajectoires individuelles sont souvent impressionnantes, portées par des athlètes formés en Europe ou en Amérique du Nord, qui choisissent de représenter leur pays d’origine malgré les défis logistiques et structurels.
Ce choix de pays africains illustre une tendance qui gagne du terrain : celle d’un élargissement réel de l’univers des sports d’hiver. Ces athlètes s’appuient souvent sur des parcours personnels inspirants, des soutiens de diaspora et une volonté de bâtir, à terme, des structures d’entraînement adaptées sur le continent. Les Jeux ne sont plus seulement une vitrine, mais deviennent un moteur d’ambition.
La présence de ces délégations est d’autant plus significative que le changement climatique et les réalités géographiques ont longtemps freiné l’accès de nombreux pays à des disciplines traditionnellement associées aux régions froides. En ce sens, leur engagement à Milan‑Cortina constitue un signal fort : la neige devient aussi un terrain de légitimité, de créativité et d’équité sportive.
Alors que la compétition bat son plein jusqu’au 22 février, les projecteurs restent braqués sur ces pionniers venus du sud. Leur présence seule est déjà une victoire ; leurs performances pourraient bien inscrire une nouvelle page de l’olympisme mondial.