À l’occasion de son 120e anniversaire, Attijariwafa bank publie un ouvrage qui dépasse largement le cadre du livre institutionnel. Intitulé « 120 ans. Histoire d’un pays. Trajectoire d’une banque », ce beau-livre monumental de plus de 400 pages propose une immersion fascinante dans l’histoire économique, sociale et institutionnelle du Maroc à travers le parcours de l’un de ses acteurs majeurs.
Dès les premières pages, le ton est donné : il ne s’agit pas simplement de raconter la chronologie d’une banque, mais bien de retracer les grandes transformations du Royaume. De l’installation de la Compagnie algérienne de crédit et de banque à Tanger en 1904 jusqu’aux dynamiques contemporaines d’internationalisation et de modernisation, chaque chapitre éclaire une époque, un basculement, une ambition collective.
Une fresque économique et humaine

Ce qui frappe immédiatement, c’est la manière dont l’ouvrage se feuillette presque comme un livre d’histoires. Loin d’un récit froid ou strictement financier, il mêle archives rares, photographies passionnantes, documents historiques et témoignages pour donner chair à plus d’un siècle de mutations économiques marocaines.
À travers les trajectoires des entrepreneurs, des dirigeants, des collaborateurs ou encore des partenaires du groupe, c’est tout un écosystème qui apparaît. Le lecteur traverse les périodes du protectorat, les années de l’indépendance, les grandes phases de croissance, de libéralisation et d’ouverture internationale, jusqu’aux enjeux contemporains liés à la transformation des économies africaines.

Le livre adopte d’ailleurs une lecture vivante, faite d’accélérations, de recompositions et de choix structurants, plutôt qu’une simple succession de dates. Une manière de montrer comment les institutions économiques accompagnent, reflètent et parfois accélèrent les transformations d’un pays.
Une aventure éditoriale et scientifique
Pour donner toute sa profondeur à cette traversée historique, Attijariwafa bank a bénéficié de l’accompagnement du Groupe Le Matin, sous l’impulsion de Mohammed Haitami, Président du Groupe Maroc Soir, dont l’expertise éditoriale a largement contribué à la structuration et à la mise en récit de l’ouvrage. Il n’a pas hésité à partir à la rencontre de chefs d’entreprise, d’industriels et de décideurs ayant accompagné l’histoire commerciale et industrielle du Royaume, mais aussi son ouverture progressive sur le continent africain. Ces récits incarnés donnent au livre une profondeur humaine particulière et éclairent, de l’intérieur, plusieurs décennies de transformations économiques.

Le projet s’est aussi appuyé sur le HEM Research Center, sous la direction de Driss Ksikes, qui a piloté le comité scientifique et éditorial chargé d’assurer la cohérence intellectuelle de cette œuvre ambitieuse. À ses côtés, Samira Mizbar, analyste en sciences sociales, a également participé au travail de recherche, d’analyse et de contextualisation historique qui donne au livre, fruit d’un travail de deux ans, sa profondeur et sa dimension transversale.
Une mémoire pour les générations futures

Cette démarche donne à l’ouvrage une dimension singulière : celle d’une œuvre au croisement de la recherche académique, du journalisme de fond et du récit accessible au grand public. Un important fonds d’archives a d’ailleurs été constitué à cette occasion et sera mis à disposition des chercheurs et universitaires souhaitant travailler sur l’histoire économique du Maroc.
Avec ses 4,5 kilos de mémoire collective, ce beau-livre impressionne autant par son contenu que par son objet. Mais au-delà de sa dimension spectaculaire, il réussit surtout à rendre lisible et incarnée une histoire économique souvent perçue comme complexe.

En racontant l’évolution d’une banque, c’est finalement celle d’un Maroc en mouvement qui se dévoile : un pays qui se construit, s’ouvre, se transforme et affirme progressivement sa place sur le continent africain et dans le monde.
Un ouvrage de transmission, de réflexion et de mémoire, qui trouvera autant sa place dans les bibliothèques des passionnés d’histoire que sur les tables des amateurs de beaux livres.
Le nouveau siège d’Attijariwafa bank à Casa Anfa


