Clôture de la huitième édition de Jidar-Rabat Street Art Festival

by La Rédaction

Jidar-Rabat Street Art Festival a donné son dernier coup de pinceau ce 28 mai 2023, achevant une 8e édition particulièrement réussie.

   

Neuf nouvelles fresques signées par les plus grands noms du street art marocain et international sont ainsi venues s’ajouter à la centaine qui jalonnent désormais les rues de la capitale. Pendant deux semaines, les artistes ont en effet réalisé des œuvres de très haut niveau, sous l’œil admiratif des habitants venus à leur rencontre. Et ce malgré les aléas, notamment pour Franco Fasoli Jaz (Argentine) qui a dû s’adapter à un changement de mur à la dernière minute. C’est sur une surface en aluminium, inhabituelle pour lui, qu’il a dépeint un coin de salon dans lequel un groupe de chats cernent deux humains miniatures, dans un malicieux inversement des rôles.

Machima (Maroc), qui intervenait sur un mur qu’il avait déjà réalisé en 2016 (dégradé depuis), a imaginé comment aurait pu grandir le petit garçon qu’il avait représenté à l’époque, tandis que Meriam Benkirane (Maroc) déployait ses abstractions géométriques sur le thème du passage. MED (Maroc), quant à lui, poursuit son travail sur la mémoire de sa famille.

Le duo Telmo et Miel (Pays-Bas), s’est exercé pour la première fois à travailler séparément : Telmo, adepte des représentations en mouvement, a imaginé une femme portant une jarre en terre cuite qui vole en éclats, métaphore de l’imperfection et de la réparation. En écho à cette fragmentation, la fresque de son acolyte Miel s’apparente à un collage mixant vêtements modernes et traditionnels afin de traduire les différentes facettes d’une même femme. C’est aussi une femme, en train de nourrir des oiseaux, que l’on retrouve sur le mur d’Elisa Capdevila (Espagne), connue pour le réalisme et les couleurs naturelles de ses fresques évoquant des scènes du quotidien.

Fidèle à son style documentaire, Sebas Velasco (Espagne) a projeté sur le mur une scène de nuit très réaliste d’une vieille voiture garée sur un parking qui parle à l’imaginaire collectif. L’univers onirique et organique d’Alegria del Prado (Mexique) s’est matérialisé cette fois-ci par la représentation d’un faucon dont le ramage mêle les motifs traditionnels marocains et des éléments végétaux de sa région.

Nouveauté de cette année, les visites guidées ont suscité un véritable engouement du public qui a largement répondu présent. Ces circuits de découverte, fournissant explications et anecdotes sur les fresques emblématiques des quartiers Hassan et L’Océan, incarnent l’esprit de partage qui guide Jidar depuis sa création en 2015, à l’initiative de l’association EAC-L’BOULVART et de la Ville de Rabat.

Autre temps fort du festival, le mur collectif est un espace d’expérimentation où incubent les talents de demain. Cette année, 12 jeunes ont travaillé ensemble sur une surface de 95 mètres de long. Encadrés par le street artiste marocain Dynam, ils ont exploré librement le thème de la nature sur la façade de Souk Al Amal, Avenue Al Massira, au quartier Yacoub El Mansour.

La transmission était également au cœur des ateliers de sérigraphie animés par le collectif belge Ice Screen. Du 18 au 21 mai, les street artistes du collectif marocain Goma ont ainsi bénéficié d’une résidence durant laquelle ils ont planché sur un projet de fanzine. Une exposition restituant leurs travaux est visible jusqu’au 31 mai à l’Atelier ambigu.

Les participants du mur collectif ainsi que le grand public ont eux aussi profité d’une initiation à la sérigraphie. Cette technique artisanale, qui permet aux artistes de reproduire leur travail sur divers supports – et ainsi leur assurer un revenu pérenne – a par ailleurs fait l’objet d’un talk avec le collectif Ice Screen au Musée Mohammed VI, le 26 mai. La veille, un premier talk riche en échanges avait réuni le public autour des artistes Yassine Balbzioui et Reda Boudina, venus expliquer l’influence de Jidar dans leur travail.

Au-delà de sa dimension artistique, Jidar-Rabat Street Art Festival est une aventure humaine qui, d’année en année, contribue à bâtir solidement l’écosystème du street art marocain. Cette 8e édition a confirmé, s’il en était besoin, la vivacité de la scène urbaine locale et la place de choix qu’occupe Rabat dans le circuit international du street art.

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