Brigitte Bardot, la lionne indomptable qui fit rugir le siècle

by La Rédaction

Brigitte Bardot s’est éteinte ce 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans. L’annonce, sobre mais solennelle, de sa Fondation, marque la fin d’une ère. Celle d’une star planétaire dont le visage, les courbes et la liberté ont redéfini l’image de la femme au XXe siècle, avant qu’elle ne se retire du feu des projecteurs pour se consacrer à une cause qui la dévorait : la défense animale. BB, comme l’appelait le monde entier, fut à la fois muse, scandale, révolution et mystère.

Née dans le confort bourgeois d’un Paris encore engourdi par l’après-guerre, Bardot rêve d’abord de tutus et de ballets. Mais le cinéma la rattrape. À peine adolescente, elle crève l’écran par son naturel et une sensualité sans calcul, encore jamais vue. Avec Vadim, son premier mari et Pygmalion, elle explose littéralement dans Et Dieu… créa la femme : le film secoue la morale puritaine des années 1950 et propulse Bardot au rang de mythe vivant. À 22 ans, elle devient l’incarnation d’une nouvelle liberté féminine. Non revendicatrice mais instinctive, presque animale, toujours solaire.

   

Très vite, elle se hisse à la hauteur des stars internationales. Ses amours passionnelles — Vadim, Trintignant, Charrier, Sachs — alimentent la presse du monde entier. Mais sous les paillettes, c’est une femme écorchée que l’on devine. Le succès la dévore, la surexposition l’épuise. Pourtant, elle continue de briller dans des œuvres majeures comme La Vérité de Clouzot ou Le Mépris de Godard, où, face à Michel Piccoli, elle livre une performance toute en ambivalence. Derrière ses fesses qu’elle interroge dans un miroir, c’est tout le drame de la féminité mise en vitrine que Bardot interroge, à sa manière, crue et touchante.

Mais en 1973, à seulement 39 ans, elle dit stop. Elle claque la porte du cinéma, de la scène, de ce monde qu’elle juge désormais trop intrusif. L’ancienne icône s’installe à La Madrague, dans ce Saint-Tropez qu’elle a contribué à populariser, et devient la voix de ceux qui n’en ont pas : les animaux. Sa croisade commence par une image choc, celle des bébés phoques massacrés au Canada. Son militantisme, d’abord moqué, devient bientôt central. Sa Fondation, fondée en 1986, deviendra une référence incontournable dans la protection animale.

Mais la Bardot militante devient aussi une figure plus controversée. Mariée à Bernard d’Ormale, ancien conseiller du Front national, elle affiche une radicalité conservatrice qui détonne avec l’icône libertaire qu’elle fut. Ses propos, parfois jugés xénophobes, lui valent plusieurs condamnations. Une liberté de ton qu’elle revendiquait haut et fort, quitte à choquer, quitte à se marginaliser. “La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange”, affirmait-elle encore récemment dans Mon BBcédaire, un livre testament où elle livrait sans filtre sa vision du monde.

Bardot aura traversé le siècle avec une intensité rare, entre lumière et fureur. Elle fut tour à tour Vénus et vestale, star et recluse, muse et militante. Et malgré les controverses, elle restera, dans l’imaginaire collectif, une silhouette indomptée, une voix qui n’a jamais tremblé. BB n’était pas seulement une star : elle fut une époque.

   

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