Biyouna s’éclipse : adieu à une diva libre et indomptable

by La Rédaction

Le rideau est tombé pour Biyouna, figure flamboyante de la scène algérienne. Celle que le public connaissait sous ce pseudonyme scintillant s’appelait en réalité Baya Bouzar. Elle s’est éteinte à Alger à l’âge de 73 ans, laissant derrière elle plus d’un demi-siècle de carrière mêlant audace, talent et irrévérence. Sa voix, son rire grave, son franc-parler et sa liberté de ton avaient fait d’elle bien plus qu’une artiste : une icône.

Biyouna était une comédienne hors pair, une chanteuse engagée, mais aussi une femme de caractère qui n’a jamais cédé aux compromis. Sur scène, à la télévision comme au cinéma, elle incarnait avec la même intensité des rôles à la fois comiques, profonds ou décalés. Elle ne jouait pas : elle irradiait. Figure incontournable de la culture populaire algérienne, elle a su s’imposer comme une présence singulière, notamment dans un pays où les voix féminines n’ont pas toujours eu le droit de résonner pleinement.

   

En France, sa carrière avait également trouvé un écho. Elle avait marqué les esprits dans des films comme Les Trois Frères, Neuilly sa mère, La Siurce des femmes ou encore Les Reines du ring. Mais c’est surtout sur le petit écran qu’elle avait conquis un public plus large, grâce à la série Aïcha, dans laquelle elle partageait l’affiche avec Sofia Essaïdi, ou encore dans Les Bracelets rouges sur TF1. À chaque apparition, elle apportait ce mélange rare de vérité brute et de tendresse désarmante.

Sa disparition laisse un vide dans le paysage culturel maghrébin et francophone. Mais son héritage, lui, reste vibrant : celui d’une femme qui n’a jamais eu peur d’être elle-même, qui a bousculé les convenances, dérangé parfois, mais toujours avec panache. Biyouna ne jouait pas un rôle : elle écrivait sa légende à chaque instant.

   

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