Ramadan célébré depuis des siècles aux Etats-Unis

by Nadia Sefraoui

Ce week-end a marqué le début de Ramadan. Chaque année, près d’un quart du monde jeûne et 8 millions de musulmans en Amérique s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil pendant le mois sacré. Dans le pays de l’Oncle Sam, l’islam est la religion à plus forte croissance dans la nation et la foi la plus pratiquée. Et ces changements démographiques ont incité un imam basé sur Los Angeles à commenter, récemment, que «le Ramadan est une nouvelle tradition américaine». La déclaration anticipée du clerc marque l’arrivée récente de l’islam aux États-Unis. Mais elle révèle une pathologie qui affecte beaucoup d’Américains musulmans aujourd’hui. Une incapacité à regarder en arrière et à embrasser les chapitres d’ouverture de l’histoire musulmane-américaine, écrite par des esclaves Africains musulmans. Si l’on revient aux annales de l’Histoire, les sciences sociales estiment que 15 à 30 pour cent, ou «jusqu’à 600 000 à 1,2 million», les esclaves dans l’Amérique antérieure à la guerre étaient musulmans. 46% des esclaves dans l’avant-guerre du Sud ont été enlevés dans les régions occidentales de l’Afrique. Ce qui se révèle un nombre important de musulmans». Bien que le Coran « permette à un croyant de s’abstenir de jeûner s’il est loin de chez lui ou impliqué dans un travail acharné », de nombreux musulmans asservis ont démontré une piété transcendante en choisissant de jeûner pendant leur servitude. En plus de s’abstenir de nourriture et de boisson, les musulmans asservis prient dans les quartiers d’esclaves et prennent ensemble les repas en fin de journée. De ce fait, ils étaient considérés comme rebelles en violant le code des esclaves limitant l’assemblage de toute sorte. En effet, le Code de l’esclave de Virginie de 1723 considérait l’assemblée de cinq esclaves comme une « réunion illégale et tumultueuse », organisée pour comploter les tentatives de rébellion. Actuellement aux États-Unis, les tables de diner du Ramadan incluent des plats arabes ou pakistanais de base. Pourtant, de nombreux Américains musulmans vont briser le jeûne avec les tortas et les tamales, des viandes halal et de légumes. La diversité musulmane a transformé le Ramadan en une tradition multiculturelle américaine. Aujourd’hui, l’ampleur de la diversité raciale et culturelle de l’Amérique musulmane est sans précédent. Ce multiculturalisme musulman-américain comporte de nombreux défis: à savoir, l’intra-racisme, la suprématie arabe et le racisme anti-noir qui empêchent la cohésion à l’intérieur et à l’extérieur des mosquées américaines. Ces tendances déplorables perpétuent l’effacement du récit d’esclaves musulman. L’intégration de cette histoire permettra, non seulement, d’atténuer le racisme et de faciliter la cohésion musulmane-américaine, mais aussi de révéler l’enracinement profond de la foi et son mois le plus saint sur le sol américain.

   

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