Il y avait mardi soir, au Monumental de Buenos Aires, quelque chose qui dépassait largement un simple match de football. Plus de 85 000 personnes étaient venues dire au revoir à Lionel Messi sous le maillot argentin, après vingt et une années avec l’Albiceleste. Face au Bénin, le scénario s’est presque chargé lui-même d’écrire la dernière page : victoire 3-0, un but de Messi et deux passes décisives. Puis les lumières, les drones, la musique, les hommages et les larmes. À 39 ans, celui qui avait fini par offrir à l’Argentine cette Coupe du monde tant attendue en 2022 quittait sa sélection avec 208 apparitions et 126 buts. Neymar, Ángel Di María ou encore Rodrigo De Paul avaient également adressé des messages au capitaine argentin. Une soirée moins pensée comme un adieu triste que comme un immense « merci ».
Et, presque au même moment, l’autre géant de cette génération traversait une séquence autrement plus tourmentée. Cristiano Ronaldo a présenté ses excuses après avoir quitté le rassemblement du Portugal sur fond de désaccord avec le sélectionneur Jorge Jesus. Il a reconnu devoir assumer les conséquences de son geste tout en affirmant rester disponible pour son pays. Deux trajectoires, deux tempéraments et deux manières très différentes d’aborder ce crépuscule. Messi sort sous les ovations quand Ronaldo assure que son histoire internationale n’est pas encore terminée. Mais difficile de ne pas ressentir, derrière ces deux actualités qui se répondent étrangement, le passage du temps. Pendant près de vingt ans, leurs noms ont rythmé les saisons, partagé les Ballons d’Or et nourri une rivalité devenue patrimoine du football. L’un vient de tirer sa révérence en sélection, l’autre refuse encore de le faire. Pourtant, doucement, une page se tourne. Et avec elle, peut-être, un morceau de notre propre jeunesse de supporters.