Impossible de le manquer en tribune : costume jaune éclatant, cravate bleue, pochette aux couleurs du drapeau, bras levé et regard fixé sur les Léopards. Michel Kuka Mboladinga, surnommé « Lumumba », n’était pas présent lors du premier match de la RD Congo, mais il est bien arrivé à Guadalajara, au Mexique, pour assister au deuxième rendez-vous de son équipe, qui a joué ce soir face à la Colombie.
Devenu l’un des supporters les plus reconnaissables du football africain depuis la Coupe d’Afrique des nations 2025, il fascine par sa manière unique de soutenir les siens. Pendant 90 minutes, il reste figé, presque statufié, comme s’il voulait transmettre une force silencieuse aux joueurs. Une posture qu’il travaille avec sérieux, à raison de 30 à 40 minutes d’entraînement par jour.
Son geste n’est pas seulement spectaculaire. Mi-artistique, mi-mémoriel, il s’inspire de Patrice Lumumba, figure de l’indépendance congolaise et héros national assassiné en 1961. Dans les tribunes, Michel Kuka Mboladinga devient ainsi plus qu’un supporter : une présence symbolique, droite, solennelle, chargée d’histoire et de ferveur.
Son arrivée, après une période de quarantaine imposée aux supporters congolais en raison de l’épidémie d’Ebola, ajoute encore à la force du récit. Car dans une Coupe du monde, les grandes images ne viennent pas seulement du terrain. Parfois, elles surgissent en tribune, dans le silence d’un homme immobile qui porte tout un pays dans son regard.