Le futur du travail ou la fin du sens ? Quand l’IA rend le salariat facultatif

by La Rédaction

Et si, dans dix ou vingt ans, aller travailler devenait un choix, et non plus une nécessité ? Cette prédiction futuriste n’est pas tirée d’un roman de science-fiction, mais bien d’une série d’interventions d’Elon Musk, qui martèle l’idée depuis quelque temps : l’intelligence artificielle et la robotique seront si avancées qu’elles rendront le travail humain obsolète. Non seulement les robots feront le job, mais ils le feront mieux que nous. Plus efficaces, plus précis, plus rapides. De la chirurgie à l’agriculture, en passant par l’industrie et la logistique, les robots deviendraient les meilleurs dans chaque domaine.

Dans cette vision du monde, Musk ne serait pas seul. D’autres figures de la tech comme Mark Zuckerberg ou Sam Altman partagent un même horizon : celui du revenu universel, un salaire garanti par l’État, versé à tous les citoyens, indépendamment de leur emploi ou non. Le but ? Supprimer l’angoisse liée à la subsistance, permettre à chacun de vivre décemment sans dépendre d’un travail rémunéré. Le travail devient alors une activité optionnelle, presque ludique, comme jouer à un jeu vidéo ou faire du sport.

   

Mais à côté de cette utopie, une autre voix plus nuancée s’élève : celle de Bill Gates. Le cofondateur de Microsoft propose une lecture plus ancrée dans l’histoire. Il rappelle qu’avant la révolution industrielle, les gens travaillaient 12 à 16 heures par jour, sept jours sur sept. Avec l’arrivée des machines, le temps de travail a baissé, les conditions de vie se sont améliorées, les enfants ont quitté les usines et le concept même de “temps libre” est né. Selon lui, l’intelligence artificielle marquera une nouvelle étape dans cette évolution : demain, on ne travaillera plus que deux jours par semaine. Pas parce qu’il n’y a plus besoin d’humains, mais parce que l’humain pourra déléguer l’exécution des tâches à des machines, et se concentrer sur la supervision, la stratégie, la décision.

Ce qui frappe, malgré leurs divergences, c’est ce point d’accord fondamental entre Musk et Gates : dans le monde de demain, la rareté ne sera plus l’emploi, mais le sens. Trouver un travail ne sera plus la problématique majeure. Le véritable défi consistera à trouver une raison de se lever le matin, à redéfinir sa place dans une société où l’utilité n’est plus liée à la productivité. Quand tout est fait pour nous, qu’est-ce qu’il nous reste à faire ? Quand l’argent ne conditionne plus la survie, qu’est-ce qui motive nos choix, nos efforts, nos ambitions ?

Cette question, à la croisée de la technologie, de la philosophie et de la société, sera sans doute l’un des grands débats du XXIe siècle. Le travail, longtemps pilier identitaire et social, pourrait devenir une relique du passé. Reste à savoir si nous sommes prêts à vivre dans un monde où l’on a tout, sauf peut-être une raison d’y être.

   

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