Sur les Champs-Élysées, Mous Lamrabat fait parler les cœurs

by La Rédaction

Sur les Champs-Élysées, l’époque n’est plus aux vitrines figées : on y vient aussi pour voir, écouter, traverser une exposition comme on traverse un quartier. Au 53 de l’avenue, Le Défilé Renault / The Carwalk s’inscrit dans ce mouvement, avec une programmation culturelle pensée pour dialoguer avec la foule, les passants… et l’air du temps. Et pour ouvrir l’année, le lieu met à l’honneur une série de portraits signés Mous Lamrabat, présentée dans le cadre d’une collaboration avec Fisheye, à découvrir jusqu’au 1er février 2026.

Le choix de Lamrabat n’a rien d’un hasard, tant son travail parle immédiatement à l’œil. Photographe belgo-marocain, il façonne des images qui empruntent à la mode ses codes (la frontalité, la stylisation, la puissance des couleurs), tout en les déplaçant vers un terrain plus intime : celui de l’identité et de l’entre-deux. Chez lui, le Maroc n’est pas un décor, c’est une mémoire visuelle ; la pop culture n’est pas un simple clin d’œil, c’est une grammaire contemporaine. Le résultat : des portraits qui accrochent, amusent parfois, puis restent en tête parce qu’ils racontent autre chose qu’une jolie silhouette.

   

Cette présentation, annoncée comme un “hors les murs” relayé notamment par Loft Art Gallery, s’insère dans un programme d’exposition placé sous le signe de LOVE. L’amour y apparaît moins comme une évidence “romantique” que comme un motif universel : un espace de rencontre, de douceur, de soin et de lien. Et dans l’univers de Lamrabat, ces thèmes passent par des symboles simples et puissants — le cœur, la rose — traités avec une esthétique graphique qui assume le contraste, le décalage, et une forme de tendresse très contemporaine.

Ce qui rend l’escale intéressante, c’est justement ce frottement : une adresse ultra-visible, un dispositif pensé comme un “carwalk”, et une photographie qui ne se contente pas d’être décorative. Sur une avenue saturée d’images, Lamrabat propose des images qui regardent en retour. Et c’est peut-être là le vrai luxe : offrir, au milieu du flux, un moment de pause où l’on se surprend à observer, à sourire, puis à réfléchir.

   

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