Superman s’envole à 15 millions : la BD la plus chère de l’histoire

by La Rédaction

Le marché des comics vintage vient de franchir une nouvelle frontière, et c’est Superman qui en signe le coup de tonnerre. Le 9 janvier 2026, un exemplaire d’Action Comics n°1, publié en juin 1938 et marquant la toute première apparition du super-héros venu de Krypton, a été vendu pour la somme vertigineuse de 15 millions de dollars. Un record absolu pour une bande dessinée, surpassant toutes les précédentes ventes connues dans le domaine, et même les objets de collection les plus chers de la culture populaire américaine.

Le fascicule mythique avait déjà fait l’objet de multiples convoitises au fil des décennies. Il n’existerait aujourd’hui qu’environ une centaine de copies connues, dans des états très variables. Mais celle-ci est tout bonnement exceptionnelle : notée 9/10 par la CGC (Certified Guaranty Company), l’autorité en matière d’évaluation des comics, elle est l’une des deux seules dans un état aussi parfait. Ce bijou de l’histoire de la pop culture a également une histoire aussi rocambolesque que fascinante, puisqu’il fut autrefois la propriété de l’acteur Nicolas Cage, lui-même grand collectionneur.

   

La BD avait été volée en 2000 lors d’une soirée organisée par la star à Los Angeles, avant d’être miraculeusement retrouvée dans un box de stockage californien onze ans plus tard. En 2011, Cage la remet en vente et réalise déjà un joli coup en la cédant pour 2,1 millions de dollars. Quinze ans plus tard, le même exemplaire flambe à 15 millions, revendu directement par un passionné resté anonyme via Metropolis Collectibles. L’affaire a été conclue en une semaine, sans négociation : une vente historique, à plus d’un titre.

Au-delà de la somme astronomique, cette transaction illustre une tendance lourde : celle de la valorisation spéculative des comics vintage, notamment ceux marquant les débuts de figures emblématiques. L’âge d’or des super-héros, ouvert avec Superman en 1938, a depuis enfanté Batman, Captain America ou Wonder Woman, et s’est vu redynamisé au début des années 2000 par les blockbusters Marvel et DC. Ces succès au cinéma ont fait exploser la demande pour les premiers fascicules, devenus des investissements alternatifs aussi prisés que les cartes de baseball ou les œuvres d’art.

Et dans cette frénésie, les chiffres donnent le vertige : 6 millions pour un Action Comics en 2024, 9,12 millions pour un Superman n°1 en 2025, et maintenant 15 millions pour ce retour triomphal de Superman. Même la mythique carte de baseball Mickey Mantle de 1952, vendue 12,6 millions de dollars, a été dépassée. Un symbole fort de la légitimité désormais acquise à la bande dessinée comme objet d’art et de patrimoine culturel.

Mais ce record ne repose pas uniquement sur la rareté ou l’état de conservation. Ce qui propulse cet exemplaire dans les sommets, c’est aussi sa valeur narrative. L’histoire autour de Nicolas Cage, du vol, de la disparition et de la restitution – tout cela forme une mythologie dans la mythologie, une mise en abîme digne du storytelling qui caractérise le genre super-héroïque. Et dans un monde où l’émotion et la légende comptent autant que l’objet lui-même, cette BD était programmée pour tutoyer les sommets.

Reste à savoir si cette escalade ne finira pas par créer une bulle spéculative. Mais pour l’heure, le marché ne donne aucun signe de fatigue. Selon Vincent Zurzolo, président de Metropolis Collectibles, « cette vente inaugure une nouvelle ère » et pourrait inciter d’autres collectionneurs à sortir leurs trésors des coffres. Car dans cette guerre feutrée des fascicules mythiques, chaque nouveau record devient un appel d’air pour les enchères futures.

Et Superman, comme toujours, montre la voie en prenant son envol vers des hauteurs encore jamais atteintes.

   

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