À la tombée du rideau de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, un vent d’enthousiasme souffle sur le continent africain – et plus particulièrement sur le Maroc, pays hôte de cette nouvelle édition. Pourtant, au-delà des attentes sportives, une réflexion plus large s’impose : et si cet événement dépassait largement le cadre du football ? Et si l’enjeu majeur était, en réalité, de transformer cet élan collectif en une dynamique de confiance nationale durable ?
Trop souvent, les débats autour des grandes compétitions sportives se résument à des bilans secs, comptables : nombre de victoires, pourcentage de possession, efficacité offensive. Une lecture nécessaire, mais parfois réductrice. Car en se focalisant uniquement sur ce que l’on n’a pas gagné, on oublie de regarder ce que l’on a construit. Et le Maroc, ces dernières années, a beaucoup bâti. L’organisation de la CAN 2025, fruit d’un travail rigoureux et d’un sens de l’accueil reconnu à l’international, en est la preuve éclatante.
Mais cette réussite logistique ne doit pas être une fin en soi. Elle peut – et doit – servir de tremplin. Pour un pays, savoir organiser un événement d’envergure est une chose ; savoir en faire un moteur de transformation en est une autre. Le véritable défi est là : dans notre capacité à faire de cette réussite sportive un point d’appui pour améliorer d’autres secteurs cruciaux de la vie nationale.
Car les vraies compétitions se jouent peut-être ailleurs. Dans les écoles, où la qualité de l’enseignement façonne les générations futures. Dans les entreprises, où se forge la compétitivité économique. Dans le tourisme, qui ne peut s’épanouir que si l’expérience du visiteur est à la hauteur de la richesse culturelle proposée. Dans le lien social aussi, ce ciment discret mais fondamental sans lequel aucune ambition collective ne tient debout.
La CAN 2025 devient alors un symbole. Un miroir tendu à une nation en mouvement, qui peut choisir de transformer une dynamique sportive en une ambition plus large, plus profonde, plus inclusive. Il ne s’agit pas seulement de rêver à un trophée, mais de croire à une société plus forte, plus confiante et plus solidaire.
Et pour incarner cette ambition, il faut saluer ceux qui ont déjà donné corps à cet espoir : les joueurs, bien sûr, mais aussi les techniciens, les bénévoles, les supporters. Mention spéciale à Brahim Díaz, confronté à une épreuve personnelle que le pays tout entier suit avec empathie. Car une nation grandit aussi dans sa capacité à exprimer reconnaissance et solidarité.
En somme, la plus belle victoire que la CAN 2025 pourrait offrir au Maroc ne tient pas dans les statistiques. Elle réside dans cette confiance retrouvée, dans cette envie d’avancer ensemble. Et comme souvent dans le sport, tout commence par un élan. À nous de lui donner un avenir.




















