Le culte du bien-être ne se limite plus à des tapis de yoga et des smoothies protéinés. À New York, il franchit un nouveau cap avec l’ouverture de Kith Ivy, un club de sport pensé comme un sanctuaire lifestyle où se mêlent luxe, performance et exclusivité. Derrière cette initiative, le concept store fondé en 2011, qui s’était déjà imposé dans la mode et les collaborations pointues, signe son incursion la plus ambitieuse dans l’univers de l’hospitalité.
Ce temple du sport et de la détente, niché dans un hall privé entre SoHo et le West Village, affiche une ambition claire : offrir à une poignée de privilégiés une expérience totale, où l’entraînement physique se vit dans un cadre aussi raffiné que les grands hôtels de luxe. Le projet s’appuie sur une série de partenariats triés sur le volet. Au programme, un spa inspiré par l’esthétique Armani, avec sauna, hammam, bains froids et cabines de soins haute technologie. Massages, soins du visage et protocoles de récupération y côtoient des injections de vitamines dignes des cliniques de longévité.
L’expérience ne s’arrête pas aux vestiaires. La restauration a été confiée à des acteurs emblématiques de la scène new-yorkaise et californienne : un restaurant à l’accent méditerranéen, héritier d’une institution locale, et un “tonic bar” signé Erewhon, la chaîne de Los Angeles devenue synonyme de nutrition premium et de tarifs démesurés. L’idée est simple : prolonger la séance d’entraînement par une immersion dans un art de vivre holistique où chaque détail est calibré.
Côté sport, l’accent est mis sur le padel, discipline en plein essor, développée en partenariat avec Wilson, mais aussi sur un centre de fitness de 140 mètres carrés, pensé comme un espace fonctionnel et esthétiquement impeccable. Les tarifs, eux, confirment l’orientation exclusive du projet : un droit d’entrée de plus de 30 000 euros, assorti d’une cotisation annuelle avoisinant les 6000 euros. Plus qu’un abonnement, c’est une carte d’accès à une communauté très restreinte, où la rareté et l’image comptent autant que les installations.
Avec Kith Ivy, le sport devient un rituel de prestige, une pratique sociale codifiée autant qu’un moment de soin personnel. Ce modèle illustre une tendance forte : transformer la salle de sport en un club privé où l’on s’entraîne autant qu’on affirme son appartenance à un certain style de vie. Dans un monde où le bien-être est devenu statut, Kith signe ici l’une des propositions les plus radicales et exclusives du moment.